Le gouvernement d’Argentine a émis ce lundi, en cette date anniversaire, un communiqué dans lequel le pays revendique à nouveau la souveraineté des îles Malouines, de la Géorgie du Sud et des Îles Sandwich du Sud ainsi que les espaces maritimes correspondants, et qui se trouvent actuellement sous l’administration britannique, et ce depuis le 3 janvier 1833.

Le gouvernement a également manifesté sa volonté de relancer le processus de négociation avec le Royaume-Uni dans le but « de mettre fin à une situation coloniale anachronique ».

Les îles Malouines (Falkland Islands en anglais, Islas Malvinas en espagnol) sont un archipel de l’Atlantique Sud situé à 480 km des côtes de l’Argentine et à 940 km du nord de l’Antarctique, elles forment un Territoire britannique d’outre-mer (Overseas Territory of the Falkland Islands).

Dans le texte, l’Argentine « réaffirme une nouvelle fois ses droits inaliénables à la souveraineté sur les dits territoires », considérant que ces terres ont été ‘occupées’ par le Royaume-Uni depuis janvier 1833 » « délogeant ainsi par la force ses habitants et les autorités argentines qui étaient jusqu’alors légitimement établis ».

Depuis lors, le Royaume-Uni persiste à ne pas « ré-ouvrir le chapitre concernant la souveraineté sur son territoire » bien que les deux nations « aient signé des accords bilatéraux sur les questions pratiques liées à l’Atlantique sud, ce dans le but de coopérer afin de susciter des conditions propices à la reprise des négociations sur le thème de la souveraineté de l’archipel ».

Sur ce point, Buenos Aires « dénonce la mise en place récurrente d’actions unilatérales britanniques sur ce territoire tellement controversé », ces activités concernent l’exploitation et l’exploration du milieu naturel ainsi que des exercices militaires qui comprennent « des tirs de missiles », un point qui constitue par ailleurs « un obstacle certain à la coopération bilatérale ».

Ainsi, l’Argentine rappelle que la résolution 31/49 de l’assemblée générale des Nations unies « insiste sur le fait que les deux parties doivent s’abstenir d’adopter des décisions qui introduisent des modifications unilatérales sur cette zone » tant qu’un accord sur la souveraineté, obtenue au moyen d’un dialogue, « ne sera pas trouvé dans le cadre de négociations souhaitées » par l’organisation internationale.

Dans ce contexte, Buenos Aires réitère « sa constante et sincère disposition à renouer un processus de négociations bilatérales afin de trouver une solution définitive sur la polémique souveraineté et mettre ainsi fin à une situation coloniale anachronique et incompatible avec l’évolution du monde moderne ».

Les îles Malouines sont sous l’occupation anglaise depuis 178 ans, le ministère des Affaires Étrangères argentin a donc revendiqué aujourd’hui le droit de son pays sur ces îles et a condamné le refus du gouvernement britannique à négocier sur le thème de la souveraineté de l’archipel.

Le gouvernement britannique considère les îles Malouines, qui sont occupées depuis le 3 janvier 1833 comme une partie de son territoire d’outre-mer, ce qui a provoqué de grandes tensions entre les deux pays. La semaine dernière, le ministre britannique, David Cameron, s’est adressé au peuple des îles à l’occasion de la fête de Noël pour signaler qu’il se refusait à négocier avec le gouvernement argentin puisque cette demande n’émanait pas des insulaires en question.

À ces déclarations, le ministre des Affaires Étrangères argentin, Héctor Timerman, a déclaré que l’usurpation du territoire était comparable à une agression militaire. Des entités internationales comme les Nations Unies mais aussi régionales comme l’union des nations sud-américaines (UNASUR) ou encore le Marché Commun du sud (Mercado Común del Sur) et le groupe de Rio (el Grupo de Río) défendent la position argentine et plaident pour qu’une solution définitive soit trouvée à cette légitime revendication territoriale.

La possession du territoire des Malouines a provoqué un sévère conflit armé en 1982 qui s’était achevé avec la consolidation de l’hégémonie britannique sur ces terres. Les affrontements ont occasionné la perte de 255 soldats britanniques et de 649 soldats argentins.

Concernant la date anniversaire de l’occupation des Malouines, le vétéran de la guerre de l’Atlantique sud (1982), Miguel Giorgio, fonctionnaire du PAMI de Lanús, de Buenos Aires, s’est exprimé au journal LA GACETA : « Les Malouines, sont devenues aujourd’hui une zone stratégique pour les porte-avions de l’OTAN, le caractère impérialiste de la Couronne d’Angleterre apparaît clairement, elle profite par la force des activités de pêches, du pétrole et d’une importante réserve d’eau potable (Antarctique) ».

« Il est inadmissible que l’Argentine doive vivre avec la menace constante d’une force militaire évoluant à 600 km de ses côtes ».