Le renforcement des liens avec la Colombie est l’un des grands objectifs diplomatiques fixés par l’Équateur pour l’année 2011. Une volonté qui a été clairement confirmée par l’ambassadeur équatorien à Bogotá, Raúl Vallejo, et par le ministre des Affaires Étrangères équatorien, Ricardo Patiño. Depuis l’ambassade d’Équateur en Colombie, Vallejo a assuré que l’un des principaux buts du gouvernement du président Rafael Correa, est de pacifier la zone frontière entre la Colombie et l’Équateur (au nord de l’Équateur) afin que cette région soit exempte d’activités illicites et de groupes armés illégaux.

La politique équatorienne sur les groupes irréguliers tend à atteindre « les paramilitaires mais aussi les narcotrafiquants », a averti Vallejo, qui a rappelé que le pays avait saisi 18 tonnes de drogue ces derniers mois. Les politiques équatoriens ont révélé qu’en 2010, le narcotrafic a accusé une perte de 620 millions de dollars. Le fonctionnaire a également informé qu’en 2010, les autorités avaient démantelé 125 campements ou « petites installations » des Forces Armées Révolutionnaires (FARC) sur le territoire équatorien avant d’ajouter que le pays avait également accueilli des réfugiés du conflit armé colombien. A ce titre, l’ambassadeur a affirmé que l’Équateur hébergeait 53 000 réfugiés de façon officielle et que 80 000 autres demandes étaient en cours de validation.

En fait, l’Équateur a démantelé un total de 416 campements des FARC ces dernières années, a ajouté l’ambassadeur Vallejo, sur les 586 km de frontière commune que partagent les deux pays. Les autorités ont démantelé 170 campements en 2008, 121 en 2009 et 125 en 2010 composés de groupes irréguliers et de trafiquants de drogue. Il a ajouté que le gouvernement de Rafael Correa ne tolérera aucune implantation de campements de groupes armés qui défient la loi, qu’ils soient « des paramilitaires, des narcotrafiquants, des guérilleros marxistes ou tout autre groupe clandestin ».

La présence du nouvel ambassadeur en Colombie témoigne de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, un dialogue qui avait été interrompu en mars 2008 après que l’armée colombienne ait bombardé un campement des FARC sur le sol équatorien, une intervention militaire qui avait causé la mort de 25 personnes dont le numéro 2 de la guérilla des FARC, Raul Reyes.

Ce point a par ailleurs été soulevé par Patiño, qui a souligné que le but de l’Équateur « est de consolider la relation diplomatique, culturelle en terme de coopération, de projets conjoints avec la Colombie mais également dans le domaine des échanges commerciaux ». A l’heure actuelle « 10 % des importations équatoriennes ont lieu depuis la Colombie » a rappelé Patiño.

En faisant référence au Bureau de Commerce extérieur qui doit être installé à Bogotá, Patiño a assuré que l’Équateur devait diversifier les pays vers lesquels il effectue ses exportations et a donc souligné l’importance d’effectuer cette diversification vers de nouveaux pays d’Amérique Latine et des Caraïbes.

Raul Vallejo

Le ministre a ajouté qu’il allait inviter des chefs d’entreprise colombiens à investir en Équateur, particulièrement dans le domaine du tourisme et a annoncé que les autorités allaient restituer des pièces du patrimoine colombien qui risquaient d’être commercialisées aux îles Galápagos (territoire équatorien). Il a précisé que cette décision avait été prise conjointement avec le Ministère équatorien de Coordination du Patrimoine qui s’est mis en relation avec les autorités colombiennes afin de remettre « ces pièces archéologiques ». Il s’agit « d’un autre geste qui témoigne de notre volonté de renforcer nos relations d’amitié », a assuré le fonctionnaire. Patiño a également mentionné que l’Équateur souhaitait donner un nouvel élan à son agenda commercial en favorisant l’ouverture de nouveaux marchés, en signant de nouveaux accords et en ouvrant de nouveaux bureaux.

Avec l’arrivée de Raúl Vallejo à Bogotá, ce sont les relations diplomatiques entre la Colombie et l’Équateur qui sont à nouveau pleinement restaurées « aujourd’hui ce que nous voulons c’est renforcer les liens historiques qui nous ont uni… et surtout, regarder droit devant nous pour que cette relation soit bénéfique à nos deux pays ».
Le président de Colombie, Juan Manuel Santos, a récemment nommé le nouvel ambassadeur de Colombie en Équateur, l’ancien magistrat Fernando Arboleda Ripoll, qui prochainement prendra ses fonctions à Quito.

Ce processus de normalisation des relations diplomatiques entre la Colombie et l’Équateur a débuté le 26 novembre dernier à l’occasion d’une rencontre entre les présidents Juan Manuel Santos et Rafael Correa. Les chefs de l’État présents au Sommet de l’Union des Nations Unis (Unasur) avaient annoncé la reprise des échanges bilatéraux, suspendus jusqu’alors depuis deux ans.

Vidéo du 7 janvier 2011 (source : CABLE NOTICIAS2)