L’état d’urgence en Équateur a été déclaré concernant le système de santé publique pour une durée de 60 jours, selon un décret promulgué ce lundi 10 janvier, afin d’éviter la saturation de certains services de santé, principalement au sein de huit hôpitaux du pays. Le document, rendu public mardi, donne la priorité aux hôpitaux de Baca Ortiz et Eugenio Espejo (Quito), Francisco Ycaza, Hospital del Niño et Abel Gilbert (Guayaquil), Delfina Torres (Esmeraldas), Verdi Cevallos (Portoviejo), Alfonso Noboa (Guaranda) et Velasco Ibarra (Tena) avec un déblocage immédiat de 50 millions de fonds d’urgence.

“La déclaration de l’état d’urgence est une réponse immédiate à la saturation des services de santé que nous connaissons actuellement » a déclaré le ministre de la Santé, David Chiriboga.

Rafael Correa

C’est à l’occasion du programme de télévision hedomadaire “Enlace Ciudadano” que la chef de l’état a fait l’annonce de cette mesure d’urgence, tout en précisant que cette décision ne s’expliquait pas par « une négligence » des services de santé, mais bien en raison de l’augmentation du nombre de patients qui se rendent dans les hôpitaux publics.

Ces hôpitaux qui recevront une aide gouvernementale en priorité n’ont évidemment pas été choisis au hasard, selon la ministre Coordinatrice du Développement Social, Jeannette Sánchez. En effet, ces établissements de santé doivent être aidés au mieux et au plus vite en raison du niveau fréquentation élevé, du niveau de pauvreté de la population qui les fréquente, et afin de garantir une meilleure distribution régionale. La promulgation de l’état d’urgence répond de fait à la nécessité de subvenir aux besoins constants de la population et de couvrir ainsi des zones géographiques stratégiques, a déclaré le ministre de la santé David Chiriboga, qui a précisé que depuis 2006 le nombre de visites cliniques a augmenté de 140 %, ce qui représente environ 100 000 consultations par jour.

Selon les propres mots du président, cette augmentation n’est pas une conséquence « d’un système de santé défaillant » puisque ces dernières années, un investissement total de 3.400 millions de dollars (2.622 millions de euros) a été réalisé dans le secteur de la santé, mais s’explique par le fait que la population a « retrouvé la confiance dans le système de santé publique » et ressent donc moins de réticence à se rendre en consultation.
Ces huit centres médicaux, choisis en raison de leur forte sollicitation, recevront donc une aide immédiate de l’État dans la but d’améliorer leurs infrastructures, leurs équipements, l’administration et l’organisation interne au sein de chaque établissement, les aspects techniques et sanitaires mais aussi de faciliter l’acquisition et la distribution des médicaments. Au moyen de ce décret, le gouvernement souhaite apporter son attention sur un secteur en crise « en raison de la demande croissante de la population auprès des services de santé qui risque, selon le ministère de la santé, de favoriser un important ’embouteillage’ interne ».

Le décret prévoit la mobilisation du personnel de santé au niveau national, médecins, obstétriciens, psychologues, pharmaciens, infirmières, aide-soignantes ainsi que du personnel administratif. Le décret a imposé également au Ministère des Finances « d’évaluer les moyens nécessaires pour pallier l’urgence » une évaluation estimée à 406 millions de dollars, des fonds qui doivent être débloqués au fur et à mesure pour venir en aide au secteur de la santé.

David Chiriboga

Grâce à cette somme, le gouvernement souhaite investir dans le domaine de l’immobilier afin de créer des nouveaux centres d’assistance, ce dans le but de renforcer l’offre et d’augmenter les consultations internes, qui actuellement atteignent 35 millions à travers le pays, mais les fonds doivent être également utilisés pour permettre une meilleure distribution des médicaments. Le système de prise de rendez-vous doit être également amélioré au moyen d’un centre d’appels téléphoniques, de même qu’il est prévu d’augmenter de 30 % le nombre de chirurgies réalisées en « hôpital de jour » afin de désengorger les hôpitaux ’24H/24′. Ce plan prévoit également la rénovation des équipements les plus vétustes dans un délai de six mois ainsi que la mise en place d’un plan intégral de maintien des hôpitaux à travers le pays.

Ce décret survient alors que l’Équateur s’apprête à faire face à une augmentation des cas de grippe AH1N1 sur le territoire, un virus qui a fait trois morts en Équateur depuis le moins de décembre.
Pour rappel, le président Rafael Correa avait déclaré la gratuité et l’universalité des services de santé peu après son arrivée au pouvoir en janvier 2007.

(Vidéo du 10 janvier 2011) source : Telesurtv