Les pluies continuent de toucher plusieurs départements de Bolivie, tandis que « l’alerte orange » est maintenue à Santa Cruz en raison de la subite montée des fleuves et rivières, selon des informations émises par le directeur du Servicio de Encauzamiento de Aguas y Regularización del Río Piraí (Searpi), Luis Aguilera.

Les précipitations tombées dans le département de Cochabamba, La Paz, Potosí et Chuquisaca ont causé hier la crue du río Grande  jusqu’à un niveau de 5 mètres. Hier, les eaux ont atteint à 14 h 00 une hauteur de 4,4 mètres au niveau du pont Pailas-Pailón, selon Aguilera. En ce qui concerne les sinistrés, le directeur du Searpi a signalé que seule une famille avait dû être évacuée de Port Ibáñez, en raison d’un petit souci au niveau du barrage.

Samedi 12 février, le président Evo Morales a survolé l’une des zones les plus affectées par les inondations, la zone du Chapare. Le nombre de familles sinistrées en raison des inondations s’élève à 6 500, a informé hier le vice-ministre à la Défense Civile, Hernán Tuco, en contact avec la Red Erbol.

Les autorités viennent en aide aux sinistrés en distribuant des produits de première nécessité et en proposant des hébergements temporaires en accord avec le « Plan de Contingence Nationale » qui a été signé entre les autorités départementales et les gouvernements municipaux. La région la plus sévèrement touchée par ces intempéries est Cochabamba, particulièrement Villa Tunari, où l’on a enregistré environ 2 500 personnes sinistrées.

« Une cinquantaine de familles sont hébergées provisoirement dans des abris. Dans le colisée de Villa Tunari, ce sont 20 familles qui sont logées, dans le collège « Fe y Alegría », ce sont également vingt personnes qui ont trouvé refuge. Ce que nous essayons de faire conjointement entre la mairie, les autorités locales et le gouvernement central, c’est d’aider en apportant de la nourriture. On fournit le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner dans chaque abri ».

D’autre part, Tuco a précisé que 45 tonnes d’aide étaient parvenues aux familles de sinistrés (aliments, médicaments, matelas, couvertures, moustiquaires, produits d’hygiène). Ces familles appartiennent à sept centrales du tropique, parmi lesquelles, Todos Santos, Villa 14 de Septiembre, San Miguel et Primero de Abril.

Le Bureau de Défense Civile compte sur un budget de 20 millions de dollars pour pallier aux cas d’urgence, a-t-il ajouté. Dans un premier temps ces désastres doivent être pris en main par les municipalités, si leurs moyens ne sont pas satisfaisants, le problème peut être géré par le département, si malgré les aides municipales et départementales, les difficultés subsistent, le Gouvernement National peut venir à la rescousse.

Vendredi, le commandant à la Défense Civile, Ramiro Mercado, a déclaré que la crue du fleuve Chapare et de son affluent le fleuve 24, sur sa rive gauche, ont emporté un hectare de terrain « Il n’y a que de l’eau et de la boue ».

Une autre région qui souffre de ces intempéries est Tablas Monte, appartenant à la municipalité de Colomi, sur la route qui mène à Chapare. Selon un rapport de Red Unitel, 16 hectares de cultures ont été emportés par une coulée de boue. Des plantations de pomme de terre, de locoto, de tomates, et autres légumes ont été détruites par ces pluies intenses. 15 familles ont été frappées et ont perdu l’intégralité de leurs récoltes.

Samedi, le président Evo Morales et d’autres autorités ont survolé les zones affectées du Chapare. Selon Tuco, qui lui aussi a inspecté la zone par voie aérienne, le chef de l’Etat a souligné qu’il fallait apporter toute l’aide possible aux victimes des intempéries.
Les pluies intenses qui ont frappé le pays depuis le mois de janvier se sont aggravées ces dernières semaines et se poursuivront jusqu’au mois de mars, moment où elles devraient perdre en intensité, a affirmé pour sa part Huber Gallardo, directeur du Service National de Météorologie et d’Hydrologie (el Servicio Nacional de Meteorología e Hidrología ou Senamhi).

Ces pluies torrentielles s’expliquent par le phénomène climatique La Niña, et il a coûté la vie à quatre personnes, une victime mortelle dans le département de Tarija (sud) et trois dans le département de Cochabamba, épicentre des plus fortes précipitations lors de ces derniers jours.

Les pluies diluviennes ont touché jusqu’alors six départements boliviens Cochabamba, Santa Cruz, Beni, La Paz, Oruro et Chuquisaca.