Le Mexique laisse une porte ouverte à la célébration de « L’Année du Mexique en France », la France va-t-elle saisir cette opportunité ? Pour le moment, les relations bilatérales entre les deux pays restent tendues, le président français doit contacter par téléphone son homologue mexicain, Felipe Calderon, pour faire le point sur la situation.

En effet, le ton monte entre les deux pays, et les autorités mexicaines ne souhaitent plus que cette célébration de l’entente franco-mexicaine, qui prévoit des centaines de manifestations culturelles à travers le pays, ait lieu sur le territoire français au vu des dernières déclarations du président français, Nicolas Sarkozy.

Florence Cassez

Les tensions entre la France et le Mexique s’intensifient depuis deux jours en raison de l’affaire Florence Cassez, une française de 36 ans condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour enlèvement et séquestration, dont le pourvoi en cassation a été rejeté par la justice mexicaine, suscitant les foudres des proches, des groupes de soutien et de certains politiques français qui rejettent cette sentence considérée comme « infondée ».

Le président Nicolas Sarkozy a déclaré, hier soir, après avoir reçu les parents et l’avocat de Florence Cassez, que les festivités de « l’Année du Mexique » seraient maintenues en France malgré la polémique et l’appel au boycott, mais que chaque manifestation serait dédiée à la française emprisonnée, une déclaration qui a profondément agacé les autorités mexicaines qui ne comprennent pas la relation entre cet évènement culturel et cette désicion judiciaire.

L’ambassadeur du Mexique en France a déclaré que « les autorités mexicaines étaient disposées à maintenir l’Année du Mexique en France si les conditions initiales étaient respectées ». Il a ajouté que les conditions ne pouvaient pas être modifiées de « façon unilatérale, sans consultation préalable » et que cet évènement culturel ne pouvait être en aucun cas « dédié à une personne qui a été jugée et condamnée pour des délits particulièrement graves ».

Ce sont donc 350 évènements prévus sur le territoire français qui sont suspendus pour le moment. En effet, la Secrétaire aux Relations Extérieures (SRE) considère que les conditions actuelles ne permettent pas de mener cette manifestation culturelle comme il se doit sur le sol français.

La ministre des Finances française, Christine Lagarde, a souligné que son pays profiterait de la réunion des ministres des finances du G20 à Paris pour évoquer le cas de Florence Cassez.

Le lancement de « L’année du Mexique en France » a été inauguré officiellement le 3 février dernier, cette célébration propose des centaines de manifestations sur l’ensemble du territoire parmi lesquelles de grandes expositions prévues dans des musées parisiens comme le musée d’Orsay (L’Art au Mexique de l’indépendance aux révolutions, 1810-1920), le Petit Palais ou encore le musée de l’Orangerie…Une décision lourde de conséquence pour les deux pays et leur peuple respectif qui se voit privé d’une occasion unique de découvrir des artistes rares et un patrimoine riche !
« Comment peut-on exposer nos artistes, nos créateurs, nos intellectuels, nos chefs d’entreprise à des événements dans lesquels à la place de célébrer notre amitié, on va parler d’une prisonnière », a affirmé l’ambassadeur du Mexique en France, Carlos de Icaza.

Année du Mexique

Devant la suspension de ces évènements décidée par le gouvernement mexicain, le président français a tenté d’apaiser les tensions en déclarant « Je veux redire au peuple mexicain l’amitié du peuple français, l’admiration pour sa civilisation et notre volonté de partager des valeurs communes », avant d’ajouter « Pour le reste, il faut garder son sang froid et obtenir des résultats. C’est ce à quoi je vais m’employer maintenant ».

Le président Nicolas Sarkozy réclame le transfèrement de Florence Cassez dans une prison française, cependant la justice mexicaine s’y refuse en invoquant le fait que rien ne permet de garantir que cette dernière effectuera en France la totalité de sa peine.

Florence Cassez clame en vain son innocence depuis plus de cinq années, après l’annonce par le gouvernement mexicain de son retrait de l’organisation de « L’année du Mexique en France », l’avocat de la Française, Frank Berton a déclaré ce matin qu’il se sentait «désespéré». Selon lui, la réaction du Mexique est «incompréhensible». Les autorités du pays ont en effet réaffirmé qu’elles n’avaient aucune intention d’accorder le transfèrement de Florence Cassez en France.

Reste à savoir quelle sera la suite donnée aux évènements dans les heures et les jours à venir, « L’Année du Mexique en France » aura-t-elle finalement lieu comme prévu et quelle place sera accordée à Florence Cassez au beau milieu de cette querelle diplomatique ? De nombreuses questions sont en suspens, mais une chose est sûre l’affaire de la « française » suscite de réelles querelles qui ne sont pas prêtes de s’estomper au grand dam des amoureux de la culture, et du patrimoine mexicains… Il ne faudrait pas que cette bataille devienne celle de deux peuples amis !