La Bolivie, le Pérou et la Colombie affrontent de terribles inondations

Bolivie, Colombie, Pérou, Sciences — Par le 7 mars 2011 à 18 h 36 min

Depuis plusieurs semaines, une partie des pays sud-américains, en particulier la Bolivie, la Colombie et le Pérou endurent de sévères intempéries (des pluies attribuées par les scientifiques au phénomène climatique « Niña »), ce sont des milliers de sinistrés qui se retrouvent sans-abri dans des zones parfois très pauvres, des personnes décédées à la suite de ce déluge d’eau (inondations, crues, glissements de terrain…) des milliers d’hectares de culture ravagés et des infrastructures réduites parfois au néant (routes, ponts, écoles…).

L’état d’urgence a été déclaré dans de nombreuses régions de ces pays sinistrés, l’aide s’organise progressivement tant au niveau national qu’au niveau régional, mais elle est rendue difficile par un manque d’accessibilité dans certaines zones isolées, comme l’Amazonie. Devant l’indifférence de nombreux médias face à cette catastrophe de grande ampleur, Actu Latino vous propose un bilan de ces terribles inondations en Colombie, au Pérou et enfin en Bolivie à la lumière des derniers évènements.

En Colombie, la ville de Soacha, située dans le département de Cundinamarca, dans le centre du pays, a été placée en alerte rouge en raison des pluies torrentielles (le 6 mars), tandis que la ville de Buenaventura, dans la Vallée de Cauca (à l’ouest), se trouve en alerte maximum après la forte crue du fleuve « río Pepitas » qui a inondé la zone.

Le maire de Soachas, Iván Mauricio Moreno, a déclaré lors d’une émission diffusée sur la radio RNC que les quartiers les plus sévèrement touchés par ces inondations sont La Capilla, Caza Loma, El Arrollo et Villa Esperanza, où des milliers de personnes ont dû être évacués depuis la fin de l’année 2010, début de la saison hivernale qui a été marquée par de fortes précipitations imputées au phénomène météorologique « La Niña ».

« Dans ces zones nous travaillons à l’évacuation des populations affectées par ces intempéries. Entre 2010 et 2011 nous avons évacué 200 familles, et ce sont à l’heure actuelle, 300 autres foyers qui sont menacés » a déclaré l’élu.

A Buenaventura, les municipalités de Cisneros, Triana et Córdoba sont en alerte maximale après que le débordement du fleuve Pepitas ait causé de sévères dégats, des effectifs de la protection civile se sont déplacés pour évaluer l’étendue des dommages, a précisé Caracol Radio.

Durant la première semaine de mars, les pluies en Colombie ont suscité la mise en place de l’état d’urgence dans neuf départements du pays, les pluies torrentielles ont causé la mort de trois personnes, ont fait trois disparus et deux blessés graves ainsi que 296 familles sinistrées, selon des informations émises par les autorités locales.

Les inondations ont également provoqué de nombreuses destructions, plusieurs infrastructures (routes, ponts…) ont été endommagées plus ou moins sévèrement.

De nombreux glissements de terrains et éboulements ont été enregistrés depuis le nord du pays (la côte atlantique) jusqu’au sud (la côte pacifique) dans les départements de Santander, Risaralda, Norte de Santander, Huila, Caldas, Bolívar, Tolima, Atlántico et Valle del Cauca ; où l’état d’alerte maximum est maintenu au moins jusqu’à jeudi.

Le fait le plus grave a été enregistré à Angostura, dans la municipalité de California (Santander, dans le centre-est), où trois hommes ont perdu la vie après avoir été emportés par une coulée de boue. Quatre agriculteurs sont encore portés disparus. Ce glissement de terrain a engendré l’évacuation de cinq quartiers de la ville de Bucaramanga, capitale du département de Santander. A El Tablazo, municipalité de San Vicente de Chucurí, (également situé dans le département de Santander), les organismes de secours recherche un petit garçon de 7 ans et une femme de 21 ans qui ont été emportés après qu’un fort courant ait détruit un pont, le département a dès lors été placé en alerte rouge.

La Colombie a enduré l’une des saisons hivernales les plus catastrophiques, 2 400 000 personnes ont été sinistrés, au moins 319 personnes ont perdu la vie, une situation qui a obligé le gouvernement à déclarer en février 2011 l’état d’urgence national.

Au Pérou, les intempéries se poursuivent également, le gouvernement national a placé le département de Puno (sud-est) en état d’urgence (depuis le 2 mars) en raison des fortes pluies qui ont causé les débordements des fleuves et qui ont touché des milliers d’hectares de cultures. La mesure a été adoptée à la majorité, et permet de débloquer des fonds plus facilement afin de venir en aide aux sinistrés et palier plus rapidement aux dommages matériels. Le 25 février, le gouvernement national a décrété l’état d’urgence dans 13 départements, parmi lesquels Cusco, Huánuco, Junín, San Martín, Ucayali, Huancavelica, et Apurímac qui demeurent encore sous ledit statut.

Au moins 2 898 maisons ont été endommagées partiellement ou totalement, dont 622 ont été totalement rasées. 43 ponts ont été endommagés, 26 kilomètres de routes ont besoin d’être réparées, et ce sont 9 000 hectares de culture qui ont été affectés. Le porte-parole de la Défense Civile de Puno, Roberto Quispe, a de plus annoncé que les précipitations devraient se poursuivre dans les jours à venir « On travaille au jour le jour avec les autorités locales et l’on ajuste l’aide qui doit être apportée aux régions affectées » et a également précisé à TeleSur que le personnel du département de Puno » se rendait dans les zones critiques pour apporter une aide humanitaire efficace ».

Selon les prévisions météorologiques du Senamhi, ces pluies intenses devraient se poursuivre jusqu’à la fin mars. Les fortes pluies ont été particulièrement sévères la semaine dernière dans la région amazonienne de San Martín, elles ont causé sept morts, dont quatre enfants, a précisé le gouverneur, César Villanueva. L’état d’urgence a été déclaré pour une durée de 60 jours par le gouvernement régional.

Villanueva a ajouté lors d’une interview téléphonique que les mineurs étaient morts ensevelis sous un glissement de terrain qui a ravagé les maisons des petites victimes dans la municipalité de Jepelacio, province de Moyobaba. Il a déclaré que trois adultes avaient également péri et trois autres sont portés disparus dans les localités de Chumpe et Santa Rosa de Mishoyo, dans la zone de Tocache. Le gouverneur a demandé l’envoi d’un hélicoptère afin de venir en aide à 14 communautés qui sont coupées du reste du monde en raison des précipitations.

La saison hivernale a déjà fait près de 10 000 sinistrés au Pérou et a détruit de façon partielle ou totale près de 11 227 hectares de cultures sans compter les dégats matériels au niveau des diverses infrastructures (ponts, routes, établissements publics…).

La Bolivie a reçu le soutien du Venezuela afin de venir en aide aux sinistrés victimes des intempéries, ce sont 11 tonnes de nourriture et de matériel que les autorités vénézueliennes ont envoyé au pays sinistré. Ce sont 15 000 familles boliviennes qui ont été affectées par ces terribles inondations, samedi un avion en provenance du Venezuela a atterri à l’aéroport de Santa Cruz comme l’a souligné le ministre bolivien à la Défense, Rubén Saavedra.

Les vivres (des denrées non périssables comme du riz, des pâtes, de la farine…) et le matériel de première nécessité ont été distribuées dans différents campements de la capitale, la Paz, où l’on enregistre un nombre de sinistrés s’élevant à 6 000 individus.

Pour sa part, le directeur national à la Protection Civile vénézuélienne, Luis Díaz Curbelo, a déclaré « nous tendons la main à nos amis boliviens qui nous ont aidés lors des évènements du mois de novembre et de décembre en nous apportant une aide humanitaire, aujourd’hui c’est à notre tour de les soutenir ».

Le gouvernement bolivien a décrété le 22 février dernier l’état d’urgence national face à l’ampleur des dégats causés par les pluies intenses, glissements de terrain et débordements de fleuves et rivières dans cinq départements du pays, et a débloqué 20 millions de dollars pour porter assistance aux victimes et effectuer les travaux urgents.

La Niña a affecté la Bolivie de février à mars, frappant 102 municipalités (sur les 337 municipalités boliviennes), certaines régions ont souffert d’une grande sécheresse tandis que d’autres sont sous les eaux depuis plusieurs semaines.

Pour sa part, le directeur de Emergencias y Auxilio, du vice-ministre de la Défense Civile, Everth Baeza, a déclaré qu’à la date d’aujourd’hui, la Bolivie comptait 14 009 foyers, soit une moyenne de 70 000 personnes, si l’on estime qu’une famille moyenne se compose de cinq individus.

Selon un rapport des Nations-Unis, 30 000 mineurs souffrent des conséquences de ces intempéries « Au vu du grand nombre de personnes affectées, on peut facilement parler de 30 000 enfants et adolescents touchés par le sinistre dont 15.000 enfants scolarisés », a estimé un fonctionnaire de l’Unicef.

De fait, l’Unicef a appelé les services départementaux de la Gestion Sociale (Sedeges) et la Protection des Enfants et Adolescents à porter une attention toute particulière aux enfants et adolescents hébergés dans des camps de fortune dans les municipalités de Cochabamba, de La Paz, et du Beni, entre autres.

(Colombie)

(Pérou)

(Bolivie)


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