En cette année 2011, le centenaire de la découverte de l’emblématique site archéologique du Machu Picchu devrait attirer des visiteurs du monde entier grâce aux célébrations prévues (même si la programmation est pour le moment incertaine, ce qui inquiète les principaux acteurs du secteur touristique…) en l’honneur de la grandeur de l’Empire inca découvert, il y a maintenant 100 ans, par l’universitaire et explorateur américain, Hiram Bingham.

Juan Ossio

Cet évènement, d’envergure internationale, donne une nouvelle opportunité au Pérou de continuer à développer l’activité touristique en destination de ce pays d’Amérique du Sud aux multiples facettes. Actuellement, le ministère du Commerce Extérieur et du Tourisme péruvien élabore un programme d’activités intégrales, qui doit comprendre, non seulement des célébrations et des actes de promotion au niveau local et international, mais qui doit également faire ressortir l’importance du Machu Picchu comme site culturel, éducatif et environnemental. Pour le moment le planning des festivités confié à la ‘Comisión de Alto nivel’ présidée par Ricardo Vega Llona, est flou, et les quelques pistes récemment évoquées comme la venue de stars internationales comme Sting, Bono ou encore Paul McCartney, semblent compromises. Il va donc encore falloir attendre pour avoir une idée précise de tournure des évènements, à maintenant moins de 3 mois du lancement du Centenaire 2011.

La célébration du « centenaire du Machu Picchu pour le monde », comme le qualifie la vice-ministre tourisme du Pérou « est une grande opportunité pour renforcer l’identité nationale, c’est pourquoi cet événement doit être célébré durant toute l’année 2011. L’important est de prendre en compte que la célébration ne doit pas se limiter à un concert, un spectacle ou à une journée particulière mais bien qu’elle doive servir de cadre pour mettre en valeur l’héritage historique et culturel, encore vivace, de la civilisation inca, que les Péruviens chérissent et que nous nous attachons à conserver ».

Le site du Machu Picchu, ce qui signifie en langue quechua « vieux pic », espère un afflux touristique majeur pour la journée du 7 juillet 2011, date à laquelle ce site archéologique prestigieux niché dans la Cordillère, a été désigné comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde moderne, lors d’un concours international auquel ont participé 100 millions de personnes à travers le globe durant l’année 2007. Le centenaire du Machu Picchu représente une grande fierté pour tous les Péruviens mais aussi pour le monde entier, puisque la cité a été déclarée par l’organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture, c’est-à-dire l’Unesco, depuis 1983, comme « Patrimoine culturel et naturel de l’humanité ». Avec l’organisation de cette célébration, les autorités du pays souhaitent rendre hommage à un pays chargé d’histoire et de culture, qui fait son maximum pour préserver son patrimoine, et garantir, en plus d’une forme certaine d’exotisme, le caractère authentique d’un peuple.

Rien que pour l’année passée, ce sont quasiment 2 500 000 touristes qui ont visité l’ancienne cité inca. Une fréquentation qui a, malheureusement, ses inconvénients… Ce patrimoine de l’humanité est victime de son propre succès, certains touristes oublient en le visitant qu’ils foulent un lieu historique, fragile, rare, et ont davantage l’impression de se trouver dans un parc d’attractions.

De fait, Irina Bokova, directrice générale à l’agence de l’ONU pour l’éducation, les sciences et la culture, a annoncé que des mesures devaient être prises rapidement pour préserver ce site au mieux. Ces déclarations ont été faites au mois de février lorsqu’elle la directrice s’est rendue sur place et a émis le souhait de s’entretenir avec le président du pays, Alan Garcia.
« Machu Picchu, comme d’autres lieux similaires au monde, est confrontée à un problème : comment équilibrer la pression du tourisme, le succès et la reconnaissance avec un projet de conservation et de protection de l’authenticité du site », a-t-elle déclaré.

Cuzco

C’est justement l’un des aspects que le Pérou doit gérer au mieux sachant que l’industrie touristique qui entoure le Machu Picchu est énorme. Un exemple qui atteste de sa valeur économique est les pertes engendrées durant les deux mois où le site a dû être fermé en 2010 pour cause d’intempéries, ce sont 185 millions de dollars qui se sont envolés. Bien que l’Unesco ait souvent recommandé que le nombre de touristes soit restreint dans la zone, le gouvernement péruvien a refusé cette idée et a même manifesté ses intentions de doubler le nombre de visiteurs quotidien dans la cité perdue des Andes. Pour parvenir à son dessein, les autorités pensent mettre en place un nouveau système de billets électroniques qui faciliteraient l’entrée sur le site. Parmi les autres inconvénients soulignés par Irina Bokova, on retrouve le problème de l’urbanisation incontrôlée dont souffre la zone proche du Machu Picchu, qui s’explique justement par cette forte demande du secteur touristique.

La cité de Machu Picchu a été construite en 1450 par les incas, toutefois la connaissance de son existence n’a été effective qu’en 1911 lorsque le chercheur Hiram Bingham a fait l’annonce de sa découverte scientifique et archéologique au monde. Toutefois, la fragilisation du monument est constante, en raison de cette masse touristique, et aujourd’hui le site apparaît dans la liste des cent destinations touristiques qui courent le plus grand danger, classement élaboré par le Fonds Mondial des Monuments.

 

Pièces du Machu Picchu

Une excellente nouvelle cependant pour les amoureux d’art puisque les célèbres pièces archéologiques du Machu Picchu, remis à l’université de Yale au moment de leur découverte par Hiram Bingham, doivent enfin être restituées au gouvernement péruvien après des années de discorde. Une partie de ces objets, à haute valeur archéologique, devraient être réexpédiés au Pérou entre le 27 et 29 mars, a souligné le ministre de la culture, Juan Ossio. Le fonctionnaire a précisé qu’il s’agirait dès lors du premier lot, sur un total de trois qui regrouperont près de 363 pièces et environ 1000 fragments de vestiges, qui sera remis aux autorités du Pérou.

« Nous connaissons déjà le groupe de personnes qui se rendra à l’université américaine de Yale afin de convoyer le patrimoine qui nous est restitué par ladite université » a précisé le ministre. Le deuxième lot sera envoyé en décembre 2011, enfin le dernier lot retrouvera le seul péruvien qu’en 2012.
Une fois arrivées au Pérou, ces pièces seront exposées durant une semaine au Palais du Gouvernement, avant de s’envoler pour Cuzco, où elle seront remises à la Casa Concha qui vient d’être réhabililitée à cette occasion. Leur destination finale sera le futur Grand musée de Tahuantinsuyo (toujours en projet), a précisé Ossio.

Le ministre de la culture a également annoncé qu’il allait définir, la semaine prochaine avec ses adjoints, un accord avec la municipalité de Rímac afin d’élaborer une série de projets d’investissement qui permettrait de mettre en valeur des espaces touristiques de ce district.

« Nous souhaitons valoriser les balcons, les places,el Paseo de las Aguas et, maintenant, el cerro San Cristóbal, qui peut être considéré comme un lieu touristique de grande importance parce qu’il permet d’apprécier depuis les hauteurs la ville de Lima » a-t-il affirmé.

L’année 2010 a permis à l’ancienne capitale inca, la ville de Cuzco, d’attirer près de 700 000 touristes a informé le président de la chambre nationale de tourisme du Pérou, Canatur), Carlos Canales. En 2008, Cusco avait accueilli environ 613 000 visiteurs. Il a ajouté que les manifestations du centenaire du Machu Picchu seraient un élément qui aiderait à augmenter de façon notable le tourisme dans cette région.

Les instances touristiques devraient cependant subir les conséquences économiques du terrible Tsunami qui a frappé le Japon, conséquence directe d’un séisme d’une magnitude 9 qui a frappé le nord de l’île vendredi 11 mars.

Selon des chiffres émis par la Chambre Nationale du tourisme, le secteur touristique péruvien pourrait perdre jusqu’à108 millions de dollars tout en précisant que les touristes japonais dépensent en moyenne 3 600 $ pour un séjour d’une durée moyenne de 10 jours au Pérou. Les touristes japonais apprécient particulièrement de visiter les célèbres lignes de Nazca, la ville de Cusco, la cité du Machu Picchu, la ville de Puno et son célèbre un lac Titicaca. Les autorités estiment que ce sont 30 000 visiteurs du pays asiatique que le Pérou n’accueillera pas cette année en raison du terrible tremblement de terre qui a secoué le pays du Soleil levant et des ses conséquences dramatiques d’un point de vue humain, économique et social. L’absence de touristes japonais devrait se faire particulièrement sentir dans les principaux pôles d’attraction touristique précédemment évoqués.