Barack Obama achève sa visite latino-américaine : les principaux thèmes abordés

Continent, Politique — Par le 23 mars 2011 à 14 h 37 min

Le président des États-Unis, Barack Obama, a assuré lundi que l’Amérique latine « était prête à assumer un rôle d’envergure sur la scène mondiale » et a reconnu que la région revêtait « une importance fondamentale pour la prospérité et la sécurité des États-Unis ».

Le président a effectué ces déclarations, lundi, durant le tant attendu « Discours pour les Amériques » prononcé au Chili dans le cadre d’une visite officielle de 21 heures dans ce pays faisant parti de la tournée latino-américaine du président Obama, qui l’a conduit au Brésil, au Chili, et au Salvador (hier mardi). Le président souhaite renforcer ses liens avec l’Amérique latine et changer l’image qu’ont les latino-américains envers le grand voisin du Nord.
« Nous sommes tous américains » a-t-il déclaré. « La vision actuelle de l’Amérique latine est celle d’une région qui avance et se sent fière des progrès accomplis, une région qui est prête à assumer un rôle d’importance sur la scène internationale » a affirmé le président des États-Unis lors d’une conférence de presse donnée conjointement avec son homologue chilien, Sebastián Piñera.

Barack Obama et Sebastián Piñera

Le chef de l’État a souligné que « l’importance des nations latino-américaines » sera de plus en plus importante pour les États-Unis « tout particulièrement dans le domaine économique ». Il a également ajouté « quand l’Amérique latine est plus prospère, les États-Unis le sont aussi ».
« L’Amérique latine n’a jamais été aussi importante pour les États-Unis qu’aujourd’hui et cette importance va encore s’accroître au fil du temps car l’Amérique latine participe de plus en plus à la prospérité globale » a-t-il souligné.

Cependant, le président Obama a regretté que « le progrès » dans la région ne se soit pas concrétisé assez rapidement, toutefois il a confié que son objectif était de parvenir à une alliance « d’égal à égal » avec les pays latino-américains et ainsi permettre un meilleur développement.
« Je ne suis pas le premier président des États-Unis à assumer cet engagement d’une association avec nos voisins d’Amérique latine » a reconnu le président Obama tout en demandant une meilleure coopération afin d’accomplir les projets communs.

« Des associations partagées exigent des responsabilités partagées » a-t-il précisé.

« Ce défi s’inscrit dans la durée. C’est pourquoi nous devons nous s’associer à des pays disposés à se développer selon leurs propres capacités. Pour cela, nous devons renforcer la démocratie et les droits de l’homme » a-t-il déclaré avec insistance.

Il n’a toutefois pas annoncé concrètement par quels moyens il comptait renforcer ce partenariat qu’il a appelé de ses vœux.

Dans son discours, le président Obama, a salué les progrès effectués par le Chili non seulement sur un plan économique mais aussi « pour son rôle de plus en plus marqué sur le continent » en ce qui concerne les avancées démocratiques.

Le président est revenu sur l’exemple chilien après la chute du régime d’Auguste Pinochet (1973) car cela démontre la possibilité de passer de la dictature à la démocratie au moyen d’une transition pacifique.
 » La démocratie et les droits de l’homme » ont été au cœur de la Carta Interamericana, cela fait maintenant plus de 50 ans, a rappelé le chef de l’État incitant les pays qui l’ont validée à « réaffirmer les principes fondamentaux de ce document historique ».

Les peuples des Amériques ont « le droit à la démocratie et peuvent la défendre », toute violation des droits de l’homme doit être condamnée à haute voix, a-t-il déclaré.
Le président Obama a également abordé le thème polémique de l’immigration vers les États-Unis où vivent des millions de citoyens latino-américains, une bonne partie d’entre eux de façon irrégulière puisqu’ils ne bénéficient pas du permis de résidence, nécessaire en cas de contrôle d’identité. L’arrivée d’immigrants, selon B.Obama, renforce les États-Unis « un pays d’immigrants » mais aussi « un pays de lois qui doivent être respectées ». De fait, président s’est engagé à ne pas faillir à son engagement de réformer le système, de renforcer les frontières et de faire respecter les lois, a-t-il annoncé.

Le président américain a quitté mardi le Chili pour rejoindre le Salvador, où il a abordé avec le président Mauricio Funes, les thèmes de la sécurité, de l’immigration et du développement, questions-clés dans ce petit pays d’Amérique centrale, dernière escale de sa première tournée latino-américaine.
Le choix d’Obama de se rendre au Salvador n’est aucunement anodin, non seulement ce pays utilise le dollar, mais de plus il est engagé militairement en Irak.
Le gouvernement a également intérêt à soutenir le Salvador dans son processus « de développement économique » et de « sécurité intérieure » afin d’éviter une immigration illégale vers les Etats-Unis, 3 millions d’immigrants originaires du Salvador évoluent aux États-Uni sachant que le pays compte une population de 6 millions d’habitants.

Barack Obama et le président du Salvador

Concernant le bilan de la visite officielle du président américain au Chili, le président chilien a souligné la collaboration entre les deux pays en matière d’énergie, de technologie et d’éducation tout en faisant allusion au discours de B.Obama concernant la situation démocratique à Cuba. Le président Obama a exhorté le gouvernement de Raul Castro à prendre « des mesures significatives » en faveur des droits de l’homme sur l’île et a invité les pays de la région à continuer de chercher l’indépendance du peuple cubain.

« Aucun pays ne doit imposer sa volonté à l’autre, mais nous devons être d’accord sur le principe que la démocratie est inhérente à chaque individu et, que de fait, les leaders politiques doivent se maintenir au pouvoir avec l’appui populaire et non avec des mesures coercitives ». En ce sens, le président Obama a salué l’engagement des « Dames en blanc » qui « marchent silencieusement et avec dignité » pour la liberté des prisonniers politiques et a souligné que ce genre d’actions sont « un droit du peuple cubain ».

Concernant la relation entre le Chili et les États-Unis, le chef de l’État chilien, S.Piñera, a déclaré  » le Chili n’attend pas les bras croisés face a cette nouvelle impulsion dans ses relations avec les États-Unis ». En ce sens, il a déclaré « nous avons fait un bond en avant concernant le commerce entre le Chili et les États-Unis en particulier en l’intégrant les petites et moyennes entreprises ».

Le président chilien a cependant mis le doigt sur le fait que le Panama et la Colombie attendaient toujours la conclusion d’accords de libre-échange promis de longue date par Washington.

Durant cette conférence de presse, le président des États-Unis en présence de son homologue chilien, s’est également engagé à appuyer le continent dans la lutte contre le narcotrafic et est en matière des droits de l’homme. Cependant, ce dernier a éludé un éventuel mea culpa sur l’implication de son pays concernant le coup d’état militaire qui, en, 1973 a porté le dictateur Auguste Pinochet au pouvoir (1973-1990) et s’est limité à déclarer » ne nous laissons pas attraper par l’histoire ».

Concernant le fléau du narcotrafic, le président américain a assumé la part de responsabilité des Etats-Unis dans le trafic de drogue et les violences (bandes criminelles organisées) que cela engendre . Le président a affirmé que la demande en substances illicites « alimentait la crise ».

Le président américain sera de retour aux États-Unis aujourd’hui mercredi, à Washington, après avoir visité le Brésil, le Chili et le Salvador ces cinq derniers jours.


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