Après des semaines d’intempéries en Bolivie, en Colombie et au Pérou, Actu Latino vous propose de faire un point sur la situation dans ces trois pays particulièrement affectés par des pluies torrentielles avec les conséquences dramatiques que l’on connaît : des pertes humaines, des millions de sinistrés, des dégâts matériels considérables… En Colombie, les inondations risquent de s’accentuer dans les semaines à venir alors que le pays compte déjà plus de 2 millions de sinistrés, en Bolivie l’aide s’organise grâce, notamment, aux pays voisins, tandis qu’au Pérou, même si les pluies ont été moins violentes, elles ont touché des régions particulièrement pauvres et la population peu aidée reste bien démunie…

L’Organisation des Etats Américains a débloqué (OEA), il y a une semaine, un fonds de 20 000 $ pour venir en aide aux victimes des inondations qui, depuis le mois de janvier, ont causé la mort de 52 personnes et fait des milliers de sinistrés en Bolivie. « Nous remettons modestement cette somme symbolique qui nous l’espérons sera utile », a déclaré le secrétaire général à l’OEA, José Miguel Insulza.

« Nous avons l’obligation morale de venir en aide aux pays membres lorsqu’il se produit une tragédie, comme il en arrive malheureusement trop souvent en certains lieux » a-t-il ajouté. Pour sa part, la représentante intérimaire de la Bolivie au sein de l’organisation, Aylin Oropeza, a présenté ses remerciements au nom du gouvernement bolivien et au nom des sinistrés.
Elle a indiqué que cette somme s’ajoutait à toutes les contributions « que nous avons reçues de la part des gouvernements amis, des organisations internationales et des citoyens boliviens ».
Cette aide financière a été accordée dans le cadre du Fonds d’Urgence de l’Organisation des Etats Américains (Fondem) et saura remise aux sinistrés de La Paz, Cochabamba, et du Beni.
De la même façon, en début de mois, les pays de l’Alba ont pris la décision ( le 4 mars depuis la capitale vénézuélienne, Caracas) de s’engager pour venir en aide à la population bolivienne qui a subi de plein fouet les conséquences des pluies torrentielles qui se sont abattues sur une grande partie du pays depuis maintenant plusieurs semaines.
Cet engagement a été assumé par les ministres des Affaires Etrangères des différents pays membres, et le président vénézuélien en personne, Hugo Chavez, a proposé d’envoyer en Bolivie une commission technique qui permettra d’évaluer les dommages subis dans ce pays andin.

Les pays de l’Alba ont indiqué « qu’ils se mobiliseraient afin d’apporter toute leur aide aux victimes et aux sinistrés de ce pays frère dans les jours à venir » comme l’a souligné le ministre des Affaires Etrangères vénézuélien, Nicolás Maduro. Les ministres des Affaires Etrangères ont manifesté leur profonde solidarité avec le peuple bolivien confronté à des événements douloureux tant d’un point de vue humain qu’économique. Les ministres des affaires Etrangères ont particulièrement fait mention des victimes des glissements de terrain survenus à la capitale, la Paz, qui ont laissé des milliers de sinistrés sans toits et sans le moindre bien.

Ils ont également manifesté leur inquiétude face au changement climatique qu’ils ont imputé à « l’avarice et à l’ambition imposées par le système capitaliste mondial ». Le ministre des Affaires Etrangères boliviens, David Choquehuanca a remercié les membres pour leur témoignage de solidarité, soit le Venezuela, Cuba, le Nicaragua, Saint-Vincent et les Grenadines ainsi que la Dominique. Les pluies torrentielles qui ont touché la Bolivie ont laissé près de 15 000 familles (avec une moyenne de 5 individus pour une famille bolivienne moyenne) sinistrées sur le territoire.

Municipalité de Sucre

En Colombie, le président Juan Manuel Santos a prévenu, le 25 mars, les maires, les gouverneurs, et la population en général, qu’ils devaient se préparer mentalement et physiquement à subir, à nouveau, dans les prochains mois les conséquences directes du phénomène climatique La Niña, à savoir des pluies diluviennes.
Le chef de l’État a déclaré que le niveau des nappes phréatiques était extrêmement préoccupant, le sol ne parvenant plus à absorber l’excès d’humidité, de fait les menaces de crues et autres glissements de terrain sont plus que jamais d’actualité.
La vague hivernale de l’année passée, qui s’est prolongée, a laissé de nombreux sinistrés dans 22 départements du pays. Le gouvernement souhaite établir un relevé précis du nombre de sinistrés qui ont déjà été affectés par ces terribles inondations. Un point complet de la situation est actuellement réalisé par les autorités, les conclusions devraient être révélées au plus tard le 5 avril. Les récentes pluies ont fait en Colombie plus de 2 millions de sinistrés, un chiffre qui devrait augmenter dans les mois à venir. Le président Santos en a appelé à l’unité du peuple colombien pour faire face aux conséquences dramatiques de ces intempéries.

« L’important c’est que nous devons avoir conscience que les mois passés n’ont probablement pas été les plus difficiles, le pire devrait avoir lieu dans les semaines à venir » a déclaré le président de la République. Le président est également revenu sur la fragilité du sol colombien dans certaines régions, or les pluies ne font qu’aggraver les phénomènes de glissements de terrain.

 » Ici, il n’y a pas eu d’été, le pays doit faire face à des pluies depuis un long moment, des précipitations intenses sans précédent » a-t-il ajouté.
La Colombie a enregistré depuis le début d’année 12 décès suite aux inondations, ce sont de 9 207 familles qui ont été sinistrées, des chiffres qui s’ajoutent aux 331 victimes mortelles de 2010 et aux 2,48 millions de personnes qui ont subi matériellement ces intempéries l’année passée.

Bolívar est le département qui compte le plus de sinistrés, avec 409 955 individus touchés, soit 16 % de la population totale. S’ensuit le département de Magdalena, avec 282 965 sinistrés ; Guajira, avec 233 189 sinistrés ; Atlántico, avec 229 414 individus sinistrés ; Córdoba, avec 177 271 sinistrés, et Chocó, avec 154 679 personnes sinistrées, a informé Colprensa.
77 % des dégâts ont été enregistrés dans les régions de la zone caraïbe, et dans les départements de Chocó et de Valle del Cauca (à l’ouest de la Colombie), où plusieurs fleuves ont débordé. À Bogotá, durant le mois de février  » il a plu 300 % de plus qu’à la normale, et concernant le mois de mars plus de 40 % en plus de ce qu’il tombe normalement en précipitations » a expliqué le directeur de l’institut d’Hydrologie, de Météorologie et des Etudes Environnementales de Colombie (Ideam), Ricardo José Lozano, cité par Colprensa.

 

Puno

Au Pérou, La sierra et la selva ont également été touchées par de fortes pluies, glissements de terrain et inondations causant la destruction de maisons, de surfaces cultivables et d’infrastructures. Ces intempéries ont laissé des milliers de sinistrés dans 12 départements du pays. Au moins 141 559 individus ont été affectés par ces pluies diluviennes et leurs conséquences durant les dernières semaines, comme l’a souligné la Défense Civile péruvienne.

Un correspondant de teleSUR au Pérou, Verónica Insaustí, a informé que 21 tonnes d’aide avaient été distribuées à la mi-mars dans 13 régions particulièrement touchées.
 » Cette aide se compose de couvertures, de toiles de tente, et de vêtements » a expliqué la correspondante tout en soulignant  » qu’à la différence du voisin bolivien, le Pérou ne reçoit aucune aide des pays voisins, ni des institutions étrangères ou locales ».

La seule aide émane des gouvernements régionaux et locaux ainsi que de l’Institut de Défense Civile a-t-elle ajouté. Le service de Météorologie et d’Hydrologie du Pérou a déclaré que les pluies devraient être intenses jusqu’au mois d’avril. Les départements les plus sévèrement touchés sont Apurímac, Ayacucho, Ancash, Arequipa (Chuquibamba), Pucallpa, Loreto (Yurimaguas), Junín (Satipo), Madre de Dios (Puerto Maldonado), Cusco, Huancavelica, Huánuco et enfin Puno. Les autorités recommandent à la population de Cusco et de Puno de prendre les mesures nécessaires en prévention afin d’éviter d’éventuelles tragédies. À la capitale Lima, les pluies n’ont pas été importantes et n’ont causé aucun dégât.

Les autorités péruviennes ont insisté sur le fait que le pays ne comptait pas sur des fonds suffisants pour pallier à ce type d’urgence, a indiqué la correspondante de teleSUR.