Le taux de mortalité infantile (TMI) en Uruguay a connu son taux historique le plus bas en cette année 2010 avec 7,74 décès pour 1000 naissances, a informé Daniel Olesker, ministre de la Santé Publique (MSP).

Pour rappel, l’Uruguay est le plus petit des Etats sud-américain, avec une superficie de 176 220 km². Il est frontalier du Brésil (985 km), de l’Argentine (579 km) et possède 660 km de côtes. Il se situe dans la continuité géographique de la Pampa argentine, donc principalement constitué de grandes plaines, mais on y trouve également des montagnes de faible altitude et escarpées, comme la Cuchilla de Haedo et la Cuchilla Grande. Enfin, il est le seul pays sud-américain à se trouver dans sa totalité en zone tempérée. En 2008, la population de l’Uruguay était estimée à 3 477 778 habitants, essentiellement concentrée sur le littoral.

Daniel Olesker

Le ministre Daniel Olesker a souligné que ce progrès s’explique par les efforts menés par les principales autorités concernées, ainsi que par la mise en place d’une réforme sanitaire qui se poursuit, et enfin par les politiques sociales appliquées par le gouvernement. Daniel Olesker précise qu’entre 2009 et 2010 l’indicateur est passé de 9,6 décès pour 1000 naissances à 7,7, soit 96 enfants de moins qui sont décédés par rapport à l’année passée.

« Ce chiffre nous place après Cuba et pratiquement au niveau du Chili, soit dans les pays de tête d’Amérique Latine » a-t-il souligné avec fierté. La baisse de cet indicateur démographique place, selon le ministre, le pays très près des objectifs fixés par les Nations unies dans le cadre de l’Objectif du Millénaire pour 2015 qui vise à atteindre un taux de mortalité à un niveau de 6,9. Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont huit objectifs adoptés en 2000, par 189 États, que les États membres de l’ONU ont convenu d’atteindre d’ici à 2015. La déclaration fut signée en septembre 2000.

Pour parvenir à ce résultat, les enfants et les adolescents ont fait l’objet d’une attention toute particulière dans le cadre du Système National Intégral de Santé (pour plus de renseignements http://www.smu.org.uy/sindicales/documentos/snis/snis.pdf), les contrôles pendant les grossesses ont été multipliés, les accouchements encadrés par des professionnels de santé, et l’attention portée aux enfants de moins de deux ans accrue. Le ministre a souligné que la réduction du taux de mortalité est visible à trois niveaux : la mortalité précoce dans les sept premiers jours de la vie, la mortalité néonatale (jusqu’au 28e jour) et post-néotatale dans la première année de la vie, un progrès qui démontre l’importance du contrôle durant la grossesse et après l’accouchement.

Les Objectifs du millénaire pour le développement

Le ministre a ajouté que pour parvenir à ces chiffres encourageants, le pays a énormément investi, par exemple le prêt accordé à l’Administration des Services de Santé de l’État est passé de 170 millions de dollars à 650 millions. Un autre fait significatif concerne la vaccination, qui au lieu de protéger contre cinq maladies, offre désormais une immunisation contre 13 pathologies, ce qui implique un nombre de vaccins nécessaires deux fois supérieurs, a-t-il précisé. Il a également mis l’accent sur l’incidence des politiques sociales dans l’amélioration des services sanitaires de la population uruguayenne, de façon générale, et de la chute de la mortalité infantile en particulier. Il a mentionné, à ce titre, un meilleur accès à la sécurité sociale, une augmentation des prestations familiales, une meilleure couverture du réseau de santé et la remise d’un panier alimentaire aux femmes enceintes, parmi d’autres mesures. Il a également conclu sur le fait que l’actuelle administration poursuivait les efforts menés dans ce sens depuis 2005 et que ce projet s’inscrivait dans un programme prévu jusqu’en 2020.
La baisse du taux de mortalité place le pays à 0,80 pour 1000 naissances de l’objectif fixé par l’organisation des Nations unies pour l’année 2015. Entre l’année 2009 et 2010 le taux de mortalité infantile est passé de 9,56 pour 1000 naissances à 7,7 pour 1000 naissances en 2010. L’Unicef s’est félicité de ce résultat visible et encourageant.

Cuba est le pays d’Amérique latine qui a le taux de mortalité infantile le plus faible. L’Uruguay et le second pays sud-américain avec le taux de mortalité infantile le plus bas de toute l’Amérique Latine. Après l’île des Caraïbes, on retrouve le Canada et les États-Unis. Cuba enregistre un taux de mortalité infantile de 4,8 pour 1000 naissances. L’île est entrée dans le cercle fermé des pays dont le taux de mortalité infantile est inférieur à cinq pour 1000 naissances, en concluant l’année 2010 avec un taux record de 4,7, c’est-à-dire le taux le plus faible d’Amérique latine et qui rivalise avec le taux des pays les plus développés.

Le taux de 2009 atteste « de la réussite du système de santé cubain, un système universel et gratuit malgré l’épidémie de grippe H1N1 qui durant huit mois s’est révélée plutôt offensive envers les femmes enceintes et les jeunes enfants » comme l’a souligné le journal Granma. Il faut rappeler que la directrice générale de l’organisation mondiale de la santé, Margaret Chan, a rendu visite à en octobre passé au leader cubain Fidel Castro, retiré du devant de la scène la politique pour raison de santé, ainsi qu’aux autorités du gouvernement du frère de ce dernier, Raúl Castro, devant qui elle a salué l’efficacité du système de santé établi sur l’île.  » Pour notre gouvernement révolutionnaire la santé arrive en tête des priorités des droits de l’homme » a souligné le journal.

Le taux de mortalité infantil enregistrée aujourd’hui en Uruguay indique que, si les efforts sont poursuivis dans les premiers mois de la vie, période de clé dans le développement de l’enfant, le pays pourra atteindre l’objectif fixé dans quatre ans. Pour information, le taux de fécondité -nombre moyen d’enfants mis au monde par femme en âge de procréer- est de 2,04 en Uruguay. Généralement, pour assurer le simple remplacement des générations le taux de fécondité doit être de l’ordre de 2,05 enfants.

Pour l’ensemble de la période 1960-2006, on enregistre une espérance de vie annuelle moyenne de 72,4. Enfin le pays compte l’un des taux d’alphabétisation les plus élevés d’Amérique du Sud avec 98,2 %.