L’ambassadeur équatorien aux États-Unis, Luis Gallegos, a quitté vendredi (15 avril) Washington, après avoir été expulsé par la Maison-Blanche, en réponse à la décision du gouvernement de Rafael Correa de déclarer persona non grata la représentante diplomatique nord-américaine, à Quito (capital l’Équateur), Heather Hodges.

Heather Hodges

Heather Hodges a, d’ailleurs quitté l’Équateur mardi 12 avril, cette diplomate chevronnée, née à Cleveland, exerçait ses fonctions dans le pays depuis le 15 juillet 2008.

« Comme nous l’avons signalé, nous trouvons la décision de déclarer l’ambassadrice Hodges comme persona non grata injustifiée et précipitée », a affirmé le porte-parole américain rattaché à l’Amérique Latine, Charles Luoma-Overstreet. Il a également ajouté « Le département d’Etat a suspendu ‘indéfiniment’ le dialogue bilatéral, un forum de discussions important pour les deux pays, établi en 2008 ».

Luis Gallegos, qui est arrivé à l’aéroport Mariscal Sucre de la capitale équatorienne, hier soir, a déclaré à l’agence d’informations Andes « Les adversaires que nous avons dû affronter et vaincre, afin de garantir les intérêts sacrés du peuple équatorien, ont été nombreux ».

« Chaque seconde passée à la tête de l’ambassade de l’Équateur à Washington ainsi que toutes les autres fonctions diplomatiques que j’ai accomplies, je les ai réalisés pour servir mon pays au maximum » a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont ordonné, le 7 avril dernier, l’expulsion de l’ambassadeur (en fonction depuis octobre 2005), quelques heures après que l’Équateur ait décidé d’en faire de même avec Heather Hodges pour ses commentaires publiés sur Wikileaks. Le diplomate, selon le site web, laissait entendre que le président de la République de ce pays d’Amérique du Sud, Rafael Correa, était au courant de certains faits de corruption au sein de la police nationale et qu’il avait même nommé un chef de la police sachant qu’il n’était pas intègre.

Washington a annoncé jeudi sa décision de suspendre « indéfiniment » le dialogue bilatéral entre l’Équateur et les États-Unis instauré depuis l’année 2008 comme réponse à l’expulsion d’Heather Hodges, qui, jusqu’à la semaine dernière, occupait les fonctions d’ambassadrice à Quito.

Luis Gallegos

Luis Gallegos en a appelé aujourd’hui à la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, afin qu’elle effectue les changements nécessaires au sein de la diplomatie, après la diffusion de ce câble via Wikileaks qui a, ce mois-ci, provoqué le départ des ambassadeurs de chaque nation.

Il a déclaré qu’il espérait que le différend entre les deux pays puisse être réglé rapidement surtout « pour les 1,5 millions de ressortissants équatoriens qui vivent aux États-Unis ».

À son arrivée à Quito, Luis Gallegos, s’est dit « heureux de se retrouver dans sa patrie et satisfait de la mission qu’il a accomplie à Washington ».

Il a ajouté que la divulgation des câbles sur Wikileaks « attestait d’une diplomatie défaillante qui nécessite de profonds changements et qu’il espérait qu’Hillary Clinton serait en mesure d’apporter des modifications au vu des problèmes que cela attire au gouvernement américain et à son peuple ».

Le ministre des Affaires Etrangères équatorien, Ricardo Patiño, a déclaré, quant à lui, le 14 avril, qu’il prenait note de la décision du gouvernement des États-Unis de rompre le dialogue diplomatique tout en ajoutant qu’il respectait ce choix.« Notre relation avec les États-Unis compte mais nous n’allons pas nous mettre à genoux. Si un pays décide de suspendre le dialogue bilatéral avec l’Équateur , nous avons toujours 190 autres pays prêts à discuter avec nous » a présicé Ricardo Patiño.

Cette crise diplomatique intervient quelques semaines à peine après la démission de l’ambassadeur des États-Unis au Mexique, Carlos Pascual, en raison, également de révélations diffusées via Wikileaks.

Le ministre de l’Intérieur équatorien, Alfredo Vera, s’est montré confiant et a assuré que les relations bilatérales « ne seraient pas perdues », quant au chef de l’État Correa, il a souligné que cette décision n’entamerait pas les relations économiques entre les deux pays, « les américains sont très pragmatiques et font assez bien la différence entre la diplomatie, et le commerce , les investissements ou encore le tourisme ».