Les investissements effectués par le gouvernement mexicain dans les domaines de l’éducation et de la santé en faveur des enfants et adolescents n’ont pas été probants. Bien que le Mexique ait investi 6 % du Produit Interne Brut (PIB) pour répondre aux nécessités éducatives et sanitaires des enfants et adolescents, le pays est celui qui présente le pire résultat en matière de lecture et de connaissances mathématiques parmi les jeunes, il est aussi celui qui compte le taux de mortalité infantile le plus important parmi les membres de l’OCDE soit l’Organisation de Coopération et de Développement Économique.

L’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a, en 1961, succédé à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), fondée en 1948 pour gérer l’aide américaine d’après-guerre (plan Marshall).
L’OCDE regroupe une trentaine de pays : toute l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord, plus le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée et, depuis 1995 et 1996, certains pays d’Europe centrale (République tchèque, Hongrie, Pologne). L’OCDE est le principal rassembleur de statistiques sur les pays développés.

Dans un rapport sur l’investissement public dans le domaine de l’enfance et de l’adolescence établi au Mexique entre 2007 et 2010, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a révélé que huit pesos sur les dix dépensés pour ce secteur de la population étaient destinés à la santé et l’éducation. Malgré cet effort, le document révélé par l’OCDE atteste que les enfants mexicains connaissent les pires conditions éducatives et sanitaires par rapport aux enfants et adolescents des autres pays membres.

Ce rapport élaboré depuis l’année 2010 signale que le Mexique est le second pays de l’OCDE avec le taux de pauvreté infantile le plus élevé, le pays se situe après la Turquie. Quant aux réussites en matière d’éducation, les Mexicains de 15 ans sont ceux qui connaissent les pires résultats scolaires parmi les 30 pays membres. Le taux de mortalité infantile au Mexique est trois fois supérieur à la moyenne des autres pays de l’OCDE. Cela signifie que pour 18,8 enfants mexicains qui décèdent à la naissance, les autres pays connaissent en moyenne un taux de 5,3 décès. En Islande, en Suisse et au Luxembourg, ce taux est même inférieur à 3.

Le Mexique occupe la première place concernant les grossesses menées par des adolescentes, sur 1000 adolescentes mexicaines âgées entre 15 et 19 ans, presque 66 d’entre elles ont déjà des enfants. La moyenne des pays membres de l’OCDE pour cette tranche d’âge est de 15,5 naissances, le pays qui présente le taux de fécondité le plus bas parmi les adolescentes est le Japon, suivi par la Corée, avec un taux inférieur à quatre naissances.

La plus grande partie des dépenses publiques effectuées en faveur des enfants et adolescents sont destinée à l’éducation et à la santé. En ce qui concerne la protection contre les abus, la violence, exploitation, et la discrimination, les ressources disponibles sont quasi inexistantes, selon l’Unicef. Pour cela, l’organisme international recommande au gouvernement mexicain d’équilibrer les ressources afin d’aider tous les secteurs qui sont en relation avec l’enfance et qui ne bénéficient pas de moyens suffisants.
 » Il doit y avoir une distribution efficace et équitable des dépenses sociales qui puisse permettre de garantir le respect des droits des enfants et des adolescents au Mexique » a suggéré l’organisme international.

Au Mexique, en accord avec un rapport émis par le Conseil National rattaché à la lutte contre la discrimination (CONAPRED), 2 678 570 mineurs âgés entre cinq et 17 ans ne sont pas scolarisés pour des raisons d’insécurité, de discrimination, ou en raison d’une incapacité à se rendre à l’école due à la distance. De fait, 1 482 826 de jeunes filles et jeunes garçons n’étudient pas.

Autre constat désolant qui fait suite à cette analyse, c’est le fait que les enfants qui travaillent, soit presque la moitié d’entre eux (47,6 %) ne perçoivent aucun salaire ou bien un maigre dédommagement en espèces, la moitié de ceux qui perçoivent un salaire (49,3 %) touchent un salaire minimum.

Face à ce constat, des chercheurs qui ont publié une enquête nommée « L’exploration ergonomique des enfants qui travaillent dans la rue: Ciudad de México » (réalisée par l’Ecole Nationale du Travail Social de la Unam), ont révélé que les enfants mineurs, qui travaillent, mesurent jusqu’à 10 cm en moins que ce qui sont normalement scolarisés.

Selon des chiffres remis par la Commission des Droits de l’Homme, les enfants mineurs des communautés indigènes sont ceux dont les droits fondamentaux sont les plus bafoués au Mexique, le taux de mortalité infantile de la communauté indigène est 60 % plus important que celui de la population non indigène.

De façon plus générale, selon l’OCDE, un enfant mexicain sur quatre vit dans un foyer pauvre, un chiffre deux fois supérieur à la moyenne enregistrée parmi les autres pays membres de cet organisme.

Un quart des enfants mexicains vive dans la pauvreté c’est-à-dire 8,2 millions de mineurs si l’on ne prend en compte uniquement ceux qui sont âgés entre zéro et 14 ans, si l’on considère une tranche d’âge plus large (jusqu’à l’âge de 19 ans), ce chiffre monte à 10,9 millions.

Face à cette lamentable situation que subissent les enfants mexicains, il s’avère indispensable de redéfinir les politiques publiques qui se focalisent sur le soutien à apporter à ce secteur fragile de la population car les mesures adoptées jusqu’à présent n’ont pas été efficaces pour répondre aux besoins des jeunes au Mexique, et principalement parmi les communautés indigènes.

Il faut savoir que le travail des enfants mexicains ne se limite pas aux frontières nationales, chaque année, les organismes internationaux estiment que 400 000 enfants travaillent comme ouvriers agricoles aux Etats-Unis. Ce fléau a particulièrement touché l’actrice Eva Longoria, célèbre pour son rôle dans la série à succès « Desperate Housewives » qui a financé en qualité de productrice un documentaire intitulé « La cosecha » (la récolte), réalisé par Roberto Romani. Ce documentaire qui sensibilise sur le travail des enfants et adolescents mexicains avait été présenté en avant-première à la fin mars lors du Festival International du Cinéma de Guadalajara (FICG).

(Article rédigé par Aline Timbert)

Actu Latino vous propose de découvrir le trailer de  « THE HARVEST » (« La cosecha ») ce documentaire émouvant qui suit le parcours de trois adolescents mexicains Zulema, Víctor et Perla qui ont sacrifié par la force des choses, sans qu’aucune loi ne les protège, leurs études pour travailler aux Etats-Unis afin de venir en aide à leurs familles démunies :