Alors que bon nombre (pour ne pas dire la totalité) des manifestations sur le Mexique prévues dans le cadre de « L’année du Mexique en France » ont été annulées en raison des tensions diplomatiques entre la France et le Mexique au sujet de la condamnation de la ressortissante française, Florence Cassez, emprisonnée au Mexique et dont le transferment a été réjeté ; le public pourra, en partie, se consoler en découvrant l’exposition parisienne « De l’aube au crépuscule » qui mettra en avant les trésors archéologiques de la civilisation maya. Des objets confiés au musée du quai Branly par les autorités guatémaltèques, fières de présenter une collection unique pour la première fois hors des frontières nationales.

Frise du Mirador

En effet, cette exposition des plus grandes pièces archéologiques appartenant à la civilisation maya, qui s’est développée sur le territoire guatémaltèque (entre 2000 av. J-C/1524 apr. J-C.) aura lieu au musée du quai Branly, à Paris, du 21 juin au 2 octobre 2011. Cette exposition comprendra 150 artefacts (céramiques peintes, stèles, pierres fines taillées, éléments funéraires, vestiges architecturaux, ornements) issus pour la plupart du site archéologique de « El Mirador » (Petén), berceau de la civilisation maya. Les pièces seront exposées dans un espace de 600 m² au sein du célèbre musée parisien qui se consacre à l’étude des civilisations du monde. Cette exposition a été rendue possible par l’ambassadeur de France au Guatemala avec l’étroite collaboration des autorités guatémaltèques, elle fait suite à la visite au Guatemala du président du musée du quai Branly, Stéphane Martin, qui a eu l’opportunité de visiter le site du Mirador ainsi que d’autres lieux historiques dans le département de Petén. À cette occasion, il a manifesté son intérêt de présenter en France, et plus précisément à Paris, une exposition sur l’art maya guatémaltèque. Ce projet culturel, qui jouit du soutien du ministre des Affaires Etrangères Haroldo Rodas, et du ministre de la Culture et des Sports, Jerónimo Lancerio, a pour but de renforcer les relations entre les deux pays et promouvoir le projet « Cuatro Balam » que le gouvernement du Guatemala souhaite développer dans le nord du pays. Un projet de parc naturel mais aussi culturel qui doit s’étendre sur 18 000 m² comprenant ainsi de nombreuses richesses historiques et environnementales dans la zone de « El Mirador », dans le département de Petén. Le plan prévoit des axes de développement au niveau des infrastructures, une promotion touristique importante, et des activités de reforestation. L’ambassadrice de France au Guatemala, Michèle Ramis, a souligné que ce projet contribuera non seulement à ce qu’un large public découvre la valeur du patrimoine culturel du Guatemala, mais aussi à favoriser, à travers le tourisme, une source de revenus qui aidera au développement et à la conservation de la richesse archéologique du pays.

Lors d’une conférence de presse donnée aux médias guatémaltèques, le vice-ministre de la Culture, Hector Escobedo a souligné que l’exposition bénéficiait des garanties nécessaires pour que les pièces soient transférées en France avec toutes les précautions requises. Afin de valoriser le patrimoine national du Guatemala, l’exposition sera axée sur les principales découvertes archéologiques réalisées récemment dans le pays, en particulier le site de « El Mirador » qui a été sélectionné parmi cinq autres sites d’une valeur exceptionnelle pour être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les dernières recherches sur la civilisation maya permettent d’affiner nos connaissances sur cette civilisation, les objets retrouvés offrent un panorama riche et instructif sur cette culture, sur son développement, son essor et enfin son déclin. L’exposition sera également un moyen de s’informer sur la survivance culturelle de cette civilisation à l’heure actuelle, en proposant un focus sur les traditions, les rituels, et les particularités de la culture maya d’aujourd’hui. De nos jours, une large part de la population rurale du Guatemala, du Yucatan et du Belize descend des Mayas et parle l’une des 28 langues mayas.

Le site archéologique « El Mirador » de l’époque préclassique se situe dans le bassin du même nom, dans le département du Petén au Guatemala, à quelques kilomètres au sud de la frontière mexicaine, au cœur de la Réserve de biosphère maya.

Tikal

En 2009, les autorités guatémaltèques avaient révélé qu’une découverte archéologique majeure avait été réalisée sous le mandat de l’archéologue Richard Hansen. Une frise impressionnante avait alors été mise à jour et dévoilait un passage mythologique de la culture maya selon laquelle les frères (des jumeaux) Hunapú et Ixbalanqué avaient quitté l’inframonde emportant la tête de leur père, Hun Hunapú. Le bassin abrite environ 4000 pyramides parmi lesquelles des édifices de plus de 50 m de hauteur.

Cette exposition intervient alors qu’au début du mois de mai 2011, grâce à la toute dernière technologie satellitaire, un nouveau site a été découvert, par une expédition archéologique américaine, dans la jungle de Petén, la ville de « Cabeza de Piedra » (« La Tête de Pierre »), qui jusque-là n’avait pas été ‘remontée à la surface’. Située à environ 35 km au sud de Tikal, le GPS a révélé la présence d’une ville appartenant à la période préclassique et Classique récent (600 ans avant Jésus-Christ jusqu’à 900 ans après Jésus-Christ) qui comprend une centaine d’édifices parmi lesquels une pyramide de plusieurs mètres, un observatoire astronomique, un tribunal rituel de jeux de pelote et diverses résidences entières. Selon la publication du National Geographic, la découverte de la ville a été rendue possible grâce à un quadrillage tridimensionnel, qui a permis aux scientifiques « d’effacer » des siècles d’une végétation luxuriante. En accord avec les études réalisées, il semblerait que certaines de ces maisons de pierre aient été des lieux choisis pour enterrer les premiers rois de la ville, en effet, durant la période préclassique tardive, le roi n’était pas considéré comme le centre de l’univers, et à ce titre il n’était pas encore enterré dans des pyramides.

Dans la forêt de Petén, il existe de nombreuses villes mayas de grande importance, parmi lesquelles le parc archéologique de Tikal, le plus visité du Guatemala, mais aussi la vallée de « El Mirador », où l’on a découvert une frise qui recrée une scène du Popol Vuh . C’est ce dernier archéologique qui sera particulièrement mis à l’honneur lors de l’exposition « De l’aube au crépuscule », une découverte scientifique sur l’une des principales civilisations de Mésoamérique, à ne pas manquer dès le 21 juin au musée du Quai Branly !

Informations pratiques :
de l’aube au crépuscule, collections nationales du Guatemala

musée du quai Branly
37, quai Branly
75007 – Paris
Tél : 01 56 61 70 00

DU MARDI 21 JUIN AU DIMANCHE 2 OCTOBRE 2011
Mezzanine Est
billet collections 8, 5 € plein tarif et 6 € tarif réduit
COMMISSAIRES

Juan-Carlos Melendez, directeur du Musée National d’archéologie et d’ethnologie de la ville de Guatemala
Richard Hansen, archéologue

CATALOGUE
coédition musée du quai Branly et Somogy, 192 pages, 29 €