Cuba espère recevoir cette année 2,7 millions de visiteurs sur son territoire, de cette façon le secteur de l’industrie touristique connaîtrait une croissance de 8 %, actuellement le tourisme constitue un véritable moteur économique au niveau national. En effet, le secteur touristique cubain représente la seconde activité source de devises, après l’exportation de services. Depuis le mois d’avril 2011, selon des rapports non définitifs émis par le Bureau National de Statistiques cubain (ONE), l’île a connu des résultats plus que satisfaisants en accueillant près de 1 179 000 visiteurs, ce qui signifie une croissance de 11, 9 % par rapport à la même période 2010.

La ONE souligne que le nombre de visiteurs en provenance des principaux pays émetteurs est en augmentation que ce soit le Canada, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Argentine, la Russie ou encore le Chili. Grâce à ces visiteurs, selon le bureau de statistiques, cette année Cuba a accueilli plus de vacanciers que sur l’année 2010 (environ 2,5 millions) lorsque le secteur touristique avait déjà enregistré une augmentation de 4,2 % soit un record historique. L’île a profité du travail de 15 agences de voyages en particulier, implantées en Europe et en Amérique latine, parmi lesquelles « Cubatur », « Internacional de Turoperadores y Agencias de Viajes », « Cubanacán », « Taino Tours », « Ecotur » et « Gran Caribe ».

Manuel Marrero

L’agence « Havanatur » se distingue comme le principal tour-opérateur vers Cuba avec un flux de 600 000 touristes sur l’année 2010, quant au groupe hôtelier Gaviota, il est le leader dans les Antilles. Cuba occupe à ce jour la troisième position en tant que destination touristique de la zone caraïbe, a déclaré le ministre cubain rattaché au Tourisme, Manuel Marrero. Cuba possède de nombreux atouts tels que des plages somptueuses, un environnement naturel rare (faune et flore), des hôtels, des restaurants et des centres nautiques propices à un tourisme balnéaire de qualité, mais l’île jouit également de grandes villes historiques (un riche passé colonial) et d’un patrimoine culturel reconnu y compris par l’Unesco qui peuvent séduire des touristes avides de connaissances et d’Histoire.
En effet, le centre historique de La Havane, bâti entre les XVIe et XIXe siècles, a été déclaré par l’UNESCO en 1982, patrimoine culturel de l’humanité en raison de l’importance de ses valeurs architecturales, historiques et culturelles, unique en Amérique latine.

Fondée en 1519 par les conquistadors espagnols, La Havane est devenue au XVIIe siècle un important centre de construction navale pour les Caraïbes. Même si actuellement elle constitue une métropole tentaculaire de deux millions d’habitants, son centre ancien abrite un mélange intéressant de monuments baroques et néoclassiques, ainsi qu’un ensemble homogène de maisons avec des arcades, des balcons, des grilles en fer forgé et des cours intérieures. Grâce à d’importants travaux de restauration, la vieille Havane et son centre historique ont retrouvé leur éclat d’antan tout en protégeant l’habitat populaire et la vie culturelle. Il s’agit là d’un véritable moteur économique et social.

Cuba cherche également à développer l’activité touristique sur ses différents îlots parmi les plus connus Santa María, Largo del Sur, Coco, Guillermo, Saetía, Las Brujas, Villa Clara et Levisa. Selon les chiffres officiels, durant l’année 2010, 2792 chambres ont été créées pour accueillir les visiteurs principalement sur les îlots au nord de la province de Villa Clara, on peut également mettre l’accent sur la très réputée station balnéaire de Varadero située à environ 120 kilomètres de La Havane.

Cathédrale de la Havane

Rien qu’au mois d’avril 2011, Cuba a accueilli 275 401 touristes, une hausse de 13,4 % en comparaison avec le mois d’avril 2010, et 16,5 % de visiteurs en plus par rapport à cette même période en 2009. De tels indicateurs représentent une augmentation de 18, 4 % par rapport à l’année 2008 et une hausse de 33,4 % par rapport à l’année 2007. Le ministre du Tourisme est revenu lors de la XXXI Feria Internacional de Turismo FITCuba 2011, qui s’est tenu du 2 au 7 mai, sur les éléments mis en place pour attirer un peu plus les visiteurs étrangers : tout d’abord en assurant une bonne compétitivité tarifaire puis en proposant des prestations à la qualité croissante, mais aussi en valorisant les attraits naturels et culturels dont bénéficient l’île.

Le pays compte plus de 50 000 chambres réparties sur les 300 hôtels de l’archipel avec une prévalence dans huit régions. Le ministre Manuel Marrero a réitéré qu’en moins de 10 ans, Cuba était parvenue à s’imposer comme la troisième destination touristique de la zone caraïbe insulaire. Depuis 1990, Cuba a reçu près de 30 millions de voyageurs malgré l’embargo que les États-Unis maintiennent en vigueur contre le gouvernement de la Havane.

La Havane est la principale porte d’accès à l’île et enregistre 1 115 458 arrivées de touristes, soit 3,5 % de visiteurs en plus par rapport à l’année 2010. Parmi les objectifs fixés par le ministre du Tourisme on retrouve le développement touristique sur l’îlot de Santa María, l’Argentine comme un marché émetteur de touristes en constante hausse, ainsi que la valorisation du tourisme familial. Il a également rappelé qu’en 2001 l’îlot ne disposait que d’un hôtel avec 301 chambres et qu’actuellement c’était 4973 chambres qui étaient disponibles donc 93,4 % se trouvant dans des hôtels cinq étoiles.

Alors que le tourisme intérieur gagne chaque année un peu plus en importance à Cuba, le gouvernement de Raúl Castro prévoit enfin d’autoriser les cubains à sortir du territoire librement pour effectuer du tourisme à l’étranger. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des 313 réformes économiques et sociales adoptées le mois dernier par le congrès du Parti communiste cubain. Depuis cinquante ans, les cubains devaient être en possession d’une invitation de l’extérieur, posséder un permis de sortie et endurer un long et coûteux processus bureaucratique (environ 400 dollars) pour pouvoir prétendre quitter l’île temporairement. Le permis d’autorisation de sortie pouvait être refusé, et s’il était accordé, la personne ne pouvait pas quitter le territoire plus de 30 jours, dans le cas contraire un renouvellement de permis était alors facturé 50 dollars pour un mois et pouvait être réitéré pendant 10 mois, au-delà de 11 mois passés hors de Cuba, le citoyen cubain était considéré comme un émigrant et ses biens lui étaient systématiquement confisqués.

Un ensemble de mesures et de projets qui marque sans aucun doute une nouvelle ère touristique pour Cuba tant au niveau extérieur qu’intérieur…