Bonne nouvelle pour le secteur touristique bolivien, il maintient une croissance moyenne de 5,3 % par an. L’année passée, des régions au fort potentiel attractif, principalement des zones présentant un riche patrimoine naturel, ont attiré 1,7 million de visiteurs dont des touristes nationaux mais aussi étrangers. L’année 2010 avait enregistré un nombre de touristes avoisinant 1,6 million, a souligné le vice-ministre du Tourisme, Hernán Quispe Chura, précisant que sur le total de visites survenues en 2010, 69,2 % étaient des touristes internes (soit 1,1 million de personnes) et 30,8 % des touristes étrangers.

La Paz

Concernant les visiteurs internes, la croissance annuelle est estimée à 6,2 % tandis que pour les visiteurs étrangers, l’augmentation est évaluée à 3,6 %. Selon, le vice-ministre du secteur, le pays devrait accueillir en 2011 environ 1,2 million de touristes nationaux et approximativement 550 000 touristes étrangers. Une étude effectuée en 2007 précisait que 45,7 % des touristes entraient sur le territoire de façon individuelle tandis que le 35,9 % le faisaient en groupe (cinq personnes en moyenne) et 18,4 % voyageaient en famille. Le tourisme indépendant représente 82,4 % tandis que les voyages organisés ou encadrés représentent environ 7,6 %. Parmi les visiteurs étrangers, on retrouve essentiellement des citoyens péruviens, nord-américains et français selon un rapport divulgué à la presse le 14 mai 2011 par le vice-ministre du Tourisme. Concernant l’Amérique du Sud, le pays qui fournit le plus de touristes est le voisin péruvien, avec un chiffre estimé à 38,8 %, suivi de l’Argentine avec 22 %, le Brésil avec 16,5 % et enfin le Chili avec une moyenne estimée à 10,6 %. Concernant l’Amérique du Nord, les touristes proviennent à 82,4 % des États-Unis. En Europe, les touristes français sont les plus nombreux à voyager vers la Bolivie avec un flux estimé à 18,7 % suivi de l’Allemagne avec 15,5 % et de l’Angleterre avec 15,4 %.

Ces trois pays représentent à eux seuls 49,6 % du total de touristes européens qui visitent les beautés naturelles et historiques de la Bolivie. Selon une étude effectuée en 2010, les touristes étrangers dépensent en moyenne durant leur séjour 60 $ par jour. Les vacances, les visites à des proches, ou encore des raisons professionnelles constituent les principales motivations des touristes qui se rendent en Bolivie. Les lieux les plus visités du pays par des touristes étrangers sont les régions de La Paz avec 24,2 %, Santa Cruz (17,5), Copacabana (8,5), Cochabamba (7,7), Potosí (5,8), Sucre (5,1) et le célèbre salar de Uyuni (3,9 %). Des destinations emblématiques qui reflètent de la diversité de la Bolivie, un pays qui bénéficie d’un patrimoine naturel exceptionnel !

Le département de La Paz qui, au nord, est constitué par l’Amazonie, possède la plus belle partie de la Cordillère Royale, les vallées des Yungas bénéficiant d’une végétation luxuriante, le lac Titicaca et l’Altiplano au sud. À lui seul, ce département est un concentré de la toute la Bolivie. La ville de La Paz, qui compte l’Aéroport international le plus élevé, est sans doute l’une des plus spectaculaires au monde. Située à 3600 mètres d’altitude, elle est entourée par les neiges bienveillantes de la Cordillère.

Au sud-ouest de la Bolivie, dans le département de Potosi, se trouve, en effet le désert de sel le plus grand au monde. Le Salar de Uyuni, s’étend sur une superficie de 10 582 km², à une altitude de 3653 m au-dessus du niveau de la mer. Cette région semi-désertique, constituée de terre volcanique, offre des paysages d’une extraordinaire beauté comme les lagunes colorées, « verte », « jaune », « céleste », dont les appellations évoquent la couleur de leurs eaux.
En ces lieux, on peut admirer de magnifiques geysers, des formations rocheuses et des débris volcaniques qui remontent à l’époque mésozoïque. Le visiteur qui s’aventure sur ce territoire peut également aller à la rencontre de différentes communautés aux us et coutumes uniques parmi lesquelles la population de Colchani.

Les parcs nationaux situés dans le département du Santa Cruz sont d’un grand intérêt environnemental. On peut, par exemple, citer le Parc national Noel Kempff Mercado inscrit au Patrimoine Mondial Naturel de l’Humanité de l’UNESCO depuis 1991. Variant en altitude de 200 m à près de 1 000 m, il offre une riche mosaïque d’habitat allant des forêts sempervirentes amazoniennes de haute altitude à la savane et à la forêt du Cerrado. Il regorge d’impressionnantes cataractes de plus de 80 mètres de hauteur, et abrite un nombre impressionnant d’espèces animales endémiques à la Bolivie (une flore estimée à 4 000 espèces et plus de 600 espèces d’oiseaux).
A souligner également le Pantanal bolivien, un grand réservoir d’eau et de vie sylvestre qui abrite de somptueux oiseaux. Le Parc national Kaa Iya, de 34 000 kilomètres carrés, protège une grande partie du Chaco bolivien. C’est le seul parc naturel d’Amérique administré par des communautés indigènes.

Enfin, tout à fait unique, les Bañados del Izozog (en français Marais de l’Izozog) sont un point de concentration majeur pour toute la faune du Chaco environnant. Tout comme le Pantanal bolivien, les Bañados del Izozog ont été déclarés sites Ramsar (la Convention de Ramsar est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources).

La région de Santa Cruz compte également sur le Parc national Amboró, il est celui qui abrite le plus d’espèces d’oiseaux du pays et il constitue à ce titre un véritable lieu d’observation propice à leur étude.

Le département de Cochabamba se situe en plein cœur de la Bolivie, il est entouré par la Cordillère de la Herradura dont le Tunari constitue le pic le plus haut. Il possède des terres fertiles et une végétation luxuriante, des caractéristiques qui lui valent le surnom de « cité jardin de Bolivie « 

Les autorités attribuent, de fait, cet intérêt croissant pour la Bolivie à ses richesses naturelles ainsi qu’au nombre de ses hôtels, résidences, et logements consacrés à l’accueil des touristes. Parmi les grands sites naturels sources d’attraction touristique, on retrouve également le sanctuaire de Copacabana sur le lac Titicaca, les ruines archéologiques de Tiwanaku ou encore le Salar de Uyuni mais aussi le nord amazonien.

En accord avec l’organisation internationale du tourisme (OIT) la Bolivie possède un grand potentiel pour développer son tourisme international d’une part en raison de sa grande diversité géographique mais aussi en raison de sa richesse culturelle. Les experts considèrent que le pays est unique puisqu’il présente les quatre saisons de l’année 365 jours par an.

Par ailleurs, le gouvernement bolivien et la Banque Interaméricaine de Développement (BID) ont souscrit un accord fin 2010 qui permet à l’Etat bolivien d’accéder à un crédit de 20 millions de dollars qui sera investi dans des projets de tourisme équitable. L’objectif est de favoriser le développement économique et social des familles paysannes et indigènes, comme le souligne un rapport du ministère de la Planification. Ce montant sera reversé dans le but d’améliorer les principaux pôles attractifs, de favoriser la formation de micro-entreprises dans les zones rurales, et de lutter pour une meilleure gestion socio- environnementale des différentes destinations appréciées par les touristes. Cette initiative devrait permettre l’augmentation de 50 % du nombre de tours opérateurs dédiés au tourisme communautaire au moyen de « packs de voyage » et devrait également générer de nouveaux emplois dans cinq zones touristiques.

Le projet vise, par exemple, à mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel avec la construction, la réhabilitation et l’installation de centres spécialisés qui puissent particulièrement mettre en valeur la biodiversité du parc national Madidi (La Paz) et las Pampas de Yacuma (Beni). La BID doit également appuyer la construction d’un centre intégral d’artisanat au Titicaca, ainsi qu’un autre centre dédié à la vie andine, à la mystique kallawaya (une population andine spécialisée dans la pratique de la médecine traditionnelle) et à la culture du Tiwanaku d’une façon générale.