Des chercheurs argentins ont annoncé la naissance de la première vache clonée au monde comportant deux gènes humains afin de produire un équivalent du lait maternel.

La naissance de la vache clonée a été annoncée jeudi dernier (9 juin) par l’Institut argentin de technologie agricole (INTA). Le veau est né le 6 avril « par césarienne », en raison de son poids excessif, 45 kilos. Normalement, les vaches de race Jersey dépassent rarement les 22 kilos à la naissance. Depuis, l’animal fait l’objet d’une surveillance permanente.

Pour parvenir à ce clonage, l’INTA a collaboré avec l’Université nationale de San Martin. « La vache clonée, baptisée Rosita ISA, est le premier bovin né au monde avec deux gènes humains contenant les protéines présentes dans le lait maternel », selon l’Institut national de technologie agricole (INTA). Selon lui, il n’existe pas à ce jour de mammifères portant deux gènes modifiés.

Selon un communiqué de l’Institut, à l’âge adulte, la vache « produira du lait similaire à celui des êtres humains », contenant la protéine lactoferrine, qui apporte une protection antibactérienne et antivirale, et le lysozyme, qui est aussi un agent antibactérien.

La lactoferrine est présente chez tous les mammifères et permet de fixer le fer pour fabriquer des globules rouges. Le lysozyme est une enzyme très peu présente dans le lait des bovins, mais en revanche on la retrouve dans le lait maternel de façon très concentrée au cours de la première semaine de lactation.

Pour obtenir ce résultat, les chercheurs argentins ont introduit les deux gènes dans une même cellule en une seule injection et non en deux comme cela se faisait auparavant. « C’est très important, car cela améliore l’efficacité du procédé », a assuré l’institut.

L’objectif de ce clonage est d’améliorer la valeur nutritionnelle du lait de vache en ajoutant ces deux gènes humains. Selon diverses études scientifiques relayées par l’Organisation Mondiale de la Santé, le lait maternel est meilleur pour la santé des nouveau-nés que des substituts en poudre.

Cependant, il faudra attendre dix mois afin vérifier que ces deux protéines sont bien présentes dans le lait de la vache lors d’une simulation de grossesse. A l’âge adulte, la vache pourra « avoir des petits qui auront des gènes modifiés dans 25 à 30 % des cas », a précisé INTA, avant d’ajouter « ce qui ouvre des perspectives pour les générations futures ».

L’Argentine n’en est pas à son premier coup d’essai en la matière… En 2004 des chercheurs argentins avaient donné naissance au premier veau génétiquement modifié capable de fournir un lait enrichi d’une hormone de croissance humaine. Puis en 2007, le même laboratoire privé s’était illustré avec quatre vaches produisant de l’insuline « humaine », utilisée dans le traitement du diabète, une autre première mondiale pour le pays sud-américain.