Depuis plus d’une semaine, le volcan Puyehue, situé dans les Andes chiliennes, provoque de nombreuses perturbations dans de nombreux pays de l’hémisphère sud. Rentré en éruption le samedi 4 juin 2011 après un demi-siècle de sommeil, le volcan a émis un nuage de cendres dans l’atmosphère, bien plus dense que celui d’Eyjafjoll en Islande, qui avait pourtant fortement perturbé l’année dernière le ciel européen.

Les pluies de cendres provoquent sur l’ensemble de la Patagonie argentine des dégâts très importants à l’ensemble des cultures. Des milliers de têtes de bétail (ovins, bovins) ont été décimées dans la pampa. Il est tombé à certains endroits de la région jusqu’à 20 cm de cendres rendant la circulation impossible. La présidente d’Argentine Cristina Fernández, a appelé la population touchée par les retombées à garder son sang-froid devant l’éruption du volcan chilien, qui a provoqué la déclaration de l’état d’urgence dans le sud argentin. « Nous travaillons constamment afin de mesurer les dégâts et adopter ainsi les mesures nécessaires » a-t-elle déclaré en se montrant rassurante.

L’éruption du volcan a fortement perturbé les activités économiques au sud du parallèle 38º, au point que le Gouvernement national a décrété l’émergence agro-pécuaire hier, 15 juin, dans les provinces de Neuquén, Río Negro et Chubut. Les populations les plus affectées par le nuage de cendres sont les éleveurs de bétails évoluant en Patagonie. En effet, dans toute la Patagonie, on compte environ 12,5 millions brebis et le représentant des Confédérations rurales argentines (CRA), José Basaldúa, a souligné que près de 1 600 000 bêtes ont été affectées par les résidus volcaniques. Le gouvernement a prévu une aide de 15 millions de pesos (3,7 millions de dollars) aux éleveurs et a envoyé une équipe d’experts sur place afin d’évaluer la situation.

Le déplacement des cendres crachées par le volcan au Chilien a forcé l’annulation de nombreux vols depuis le début de semaine en Argentine, en Uruguay et dans d’autres pays d’Amérique latine, mais aussi jusqu’en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Tous les vols ont été suspendus à l’aéroport international de Montevideo en Uruguay, et certains appareils ont été cloués au sol au Chili, au Paraguay et au Brésil. Le secrétaire général de l’ONU Ban Kimoon, en tournée en Amérique du Sud, a d’ailleurs dû emprunter le bateau pour rejoindre la capitale uruguayenne après s’être rendu à Buenos Aires en voiture.

Cependant, en Argentine, les deux principaux aéroports de Buenos Aires ont pu rouvrir lundi après avoir suspendu les vols pendant un jour. Le nuage a également survolé l’Océan Pacifique, et la plupart des vols entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont été annulés.

En Australie, le réveil du Cordon Caulle a bloqué des milliers de passagers pendant deux jours. Cependant, des compagnies aériennes en Australie ont effectué quelques vols, en partance et à destination de Melbourne lundi, pour déplacer des milliers de passagers retardés. Les avions ont pu profiter d’une certaine accalmie dans le ciel, alors que des centaines de vols avaient été annulés.

Aéroport Australien

Selon les dernières informations, aujourd’hui, jeudi 16 juin 2011, le trafic aérien en Australie en Nouvelle-Zélande devrait reprendre progressivement, en raison d’une dispersion du nuage de cendres du volcan chilien Puyehue. Le service météorologique de l’Australie reste prudent et a prévenu que la menace restait omniprésente en raison de l’importance du nuage de cendres. Le trafic aérien pourrait être de nouveau interrompu.

Le volcan Puyehue situé à près de 1 000 kilomètres au sud de Santiago, dans la région des lacs chiliens, est entré en éruption samedi 4 juin 2011 pour la première fois depuis plus de 50 ans. La dernière forte éruption du volcan remonte à 1960, peu après qu’un tremblement de terre de magnitude 9,5, le plus puissant jamais enregistré, ait frappé le Chili. L’éruption du volcan Puyehue a poussé les autorités à évacuer, près 5 000 personnes de 22 communautés en raison d’un danger croissant de gaz toxiques et d’inondations-éclair.

L’éruption du massif volcanique du Puyehue-Cordon Caulle au Chili ne semble pas vouloir se calmer. Elle devrait continuer de perturber le trafic aérien pour une durée indéterminée, ont annoncé mardi des experts.

« Il n’y a aucun signe de changement ou de stabilisation de la situation à court terme », a déclaré Enrique Valdivieso, directeur de l’institut chilien de géologie et des mines (Sernageomin).

Selon lui, les fines particules de cendres pourraient rester plusieurs mois en suspension. Mais pour moment il est impossible de prédire leur impact sur le transport aérien.