La fête de l’Inti Raymi, est sans doute l’évènement culturel péruvien le plus important de l’année tant au niveau national qu’au niveau international, cette célébration qui rend hommage à l’astre solaire était la plus importante du calendrier inca, elle se tient à l’occasion du solstice d’hiver dans les Andes lorsque le soleil (Le dieu Inti selon les croyances précolombiennes) se tient le plus éloigné de la terre.

La ville de Cusco située à 3 400 m d’altitude commémore avec faste cette célébration préhispanique, symbole de la splendeur d’une civilisation passée, sur l’esplanade du sanctuaire de Sacsayhuamán, mais aussi au temple de Qoricancha et sur la Place d’Armes (Plaza de Armas) de la ville « nombril du monde ». Cette fête se tiendra le 24 juin selon la tradition et devrait attirer plus de 50 000 touristes. Cette année dans le cadre du « Centenaire du Machu Picchu pour le monde », un second Inti Raymi pourrait être célébré exceptionnellement dans la capitale Lima, au mois de décembre.

La troupe Filigranas Peruanas (troupe de danseurs, chanteurs, et acteurs de Cusco), avec ses 400 acteurs sera chargé de mettre en scène cette cérémonie historique, le rôle de l’Inca a été confié cette année à Nivardo Carrillo et celui de sa Coya (sa sœur-épouse) à Yaridna Moscoso. Des répétitions ont été effectuées début juin afin de régler une mise en scène grandiose, riche en couleurs, confiée au directeur artistique Leonardo Arana chargé de l’organisation de « la Fiesta del Sol » qui se déroulera devant les autorités péruviennes mais devant des invités étrangers.

Une manifestation aux fortes retombées pour la région de Cusco qui attire de nombreuses convoitises, en effet la région de Paco souhaiterait désormais organiser cet évènement au large rayonnement culturel et économique, une proposition a été récemment adressée au Gouvernement péruvien par Rodolfo Rojas Villanueva, activiste écologique de Patria Verde, pour que la fête de l’Inti Raymi soit réalisée au sein du complexe archéologique de Huarautambo, situé à 7 Km de Yanahuanca, Capitale de la province Daniel Alcides Carrión, dans la région de Pasco. Rojas Villanueva a souligné que l’objectif serait de renforcer le tourisme dans cette région et débuter des recherches archéologiques en ces lieux qui sont restés jusqu’à présent peu étudiés. Il a ajouté que cette fête de l’Inti Raymi deviendrait la plus spectaculaire du Pérou et cela permettrait de développer le tourisme national et international. La Fiesta de l’Inti Raymi est célébrée chaque année le 24 juin à Cusco et le 27 juillet à Huánuco.

Le solstice d’hiver de l’hémisphère sud marque une nouvelle année et un nouveau cycle agricole, le temps des récoltes marque cette célébration qui rappelle la plus grande et la plus majestueuse cérémonie précolombienne en hommage au Soleil (le Dieu Inti).

De nos jours l’Inti Raymi évoque le splendide rituel inca à travers un scénario élaboré par des professeurs, des archéologues et historiens du Cuzco, une reconstitution fondée sur les écrits de Garcilaso de la Vega . La représentation centrale a lieu sur l’esplanade de l’impressionnante forteresse de Sacsayhuamán, à 2 km de la ville du Cusco, où il est facile de se rendre en voiture ou à pied. Là, on rend hommage à travers une longue fête rétrospective au dieu Soleil comme le faisaient jadis les Incas lors de cette cérémonie rituelle. L’Inca est conduit sur sa litière (anda) depuis le Koricancha ou Temple du Soleil jusqu’au Huacaypata (place principale de la ville), où il exhorte les autorités à gouverner avec solennité et bonté. Les participants se rendent ultérieurement à Sacsayhuamán où aura lieu le sacrifice d’un lama blanc et d’un lama noir. Les viscères et la graisse des lamas sont remis à deux prêtres : les intestins sont d’abord offerts au Callpa Ricuy pour qu’il fasse les prédictions de l’année (un acte divinatoire), tandis que le Wupariruj prend la graisse d’où il tirera ses présages en observant la fumée. Les prédictions données sont interprétées par le Willac Umo, prêtre suprême, qui en fait part à l’Inca. Finalement, au coucher du soleil l’Inca donne l’ordre de se retirer ; éclate alors un tumulte effréné qui durera plusieurs jours.

Par l’une des célébrations les plus grandioses et les plus impressionnantes, on rend un culte au soleil, divinité centrale du panthéon inca, avec le culte de Viracocha (le dieu créateur). La partie centrale de la journée se déroule dans les ruines de Sacsayhuamán , au cœur d’une nature majestueuse. En fait, la cérémonie proprement dite débute plus tôt le même jour, au Koricancha (le temple du soleil, dans la ville de Cusco) et à la Plaza de Armas (appelée Haucaypata, à l’époque des Incas). Vers midi, les participants se rendent à Sacsayhuamán, accompagnés des milliers de touristes péruviens et étrangers qui sont venus assister à la fameuse cérémonie durant laquelle on sacrifie deux lamas.

Les Incas organisaient cette fête l’un des jours les plus courts de l’année dans l’hémisphère Sud (certainement le 21 juin, à l’origine), par crainte que le soleil (leur père), source de vie et d’énergie, abandonne ses fils, « les créatures du soleil ».

L’Inti Raymi symbolise la consécration éternelle du mariage entre le soleil et ses fils, les êtres humains. C’était le festival le plus important de l’empire du Tahuantinsuyo (Empire Inca) qui a fondé sa religion sur le culte de l’astre solaire. Le 24 juin les Incas célèbrent le solstice d’hiver, en d’autres termes le commencement de la nouvelle année.

Scientifiquement le solstice commence le 21 juin, mais selon le Pacha Unachaq, un cadran solaire utilisé par les Incas, le soleil reste quelques jours au même endroit avant de se lever le 24 juin. Ce jour a donc été proclamé par le haut prêtre comme nouvelle année : Inti Raymi.

Tous les habitants de Cusco s’impliquent traditionnellement à montrer à tous les visiteurs, y compris les touristes, comment apprécier et s’émerveiller en ce jour si spécial. Des événements innombrables s’ajoutent et méritent le coup d’œil avant, pendant et après le 24 juin. Il y a des expositions de rue et diverses activités pendant la journée, et en soirée des concerts sont donnés par les meilleurs talents musicaux du Pérou, qui se succèdent sur la Plaza de Armas. C’est le deuxième plus grand festival d’Amérique latine, après le carnaval de Rio.

La plupart des concerts et des expositions sont libres d’entrée et sont parrainés par la ville de Cusco et des compagnies péruviennes. Depuis plus de 50 ans le festival a lieu sur le complexe archéologique de Sacsayhuamán, également appelé la Chambre sacrée du soleil. Plusieurs milliers de personnes viennent ensemble pour être témoin du spectacle qu’offre le plus beau de l’année où près de 400 acteurs font renaître fièrement un passé glorieux.

Le point culminant de l’Inti Raymi consiste en un discours solennel effectué par le Sapa Inca et le haut prêtre dans la langue originale des Incas, le quechua. Cette langue est encore usitée de nos jours par les communautés indigènes dans des secteurs larges dans et autour de Cusco, principalement dans les montagnes péruviennes mais aussi en Bolivie et en Equateur. Une langue qui compte encore environ dix millions de locuteurs, dont deux millions en Équateur, quatre millions et demi au Pérou et un million et demi en Bolivie.

L’Inca de Sapa honore l’astre lumineux, d’une voix intelligible et solennelle, et rend les bénédictions au soleil en ce jour le plus sacré de l’année. Après ce préliminaire, le cortège se déplace avec une dignité impériale vers la forteresse de Sacsayhuamán . L’Inca est porté sur un trône d’or et surplombe ainsi son auditoire. L’argent et l’or sont abondamment portés par les hommes et les femmes, ce qui rappelle le faste d’une civilisation tombée sous le joug espagnol durant la Conquête puis sous la colonisation. Une journée qui symbolise la survivance de l’identité culturelle et religieuse péruvienne après des siècles de colonialisme et d’imposition du christianisme.

En 2001 cette célébration a été inscrite par la congrès péruvien au Patrimoine culturel de la Nation (Loi 27431).

Vidéo du 24 juin 2010 (Canal N)