(Lima- Pérou) De retour à la capitale après un séjour d’un mois dans la selva centrale, l’occasion se prête pour rencontrer enfin celle avec qui j’avais rendez-vous lors de mon arrivée en juin. Avant de quitter le Québec, nous avions déjà discuté via la communauté en ligne de voyageurs Couch surfing. Au fil des échanges de courriels, la personnalité de Jackelyn Perea s’est dessinée trait par trait. Celle d’une jeune femme romantique dont le petit coucou chante pour Hannes, son bel Autrichien qu’elle a rencontré trois ans plus tôt. Nous profitons d’une ballade dans l’élégant quartier bohémien de Barranco pour discuter des jeux de l’amour. Avec ses enjambées graciles, sa voix de papillon et son regard pétillant, Jackelyn aurait-elle l’âme d’une dame de cœur? « J’aime les contes de fées et la fantaisie. Une partie de moi est habitée par l’idée de vivre une belle histoire. »

Le conte d’Hannes et de Jackelyn a débuté sans tambour, ni trompette, tout doucement, à distance pendant un temps. Puis, son soupirant a traversé l’Atlantique. Le premier rendez-vous galant a eu lieu un 16 janvier dans le parc de l’Amour à Lima. « Lorsque je l’ai vu très grand, pâle avec un nez fin, il m’a donné l’impression d’être un prince. » Le second coup d’œil n’a pas été moins allègre que le premier. Pendant deux ans, les deux amis de cœur se suivent partout, surtout au Pérou, puis en Autriche. Aujourd’hui, Hannes travaille comme ingénieur dans son pays tandis que Jackelyn termine ses études en psychologie. « Nous connaissons notre année la plus difficile. C’est la première fois que nous sommes si loin l’un de l’autre pendant si longtemps. En attendant, Hannes m’appelle ou m’écrit. Quant à moi, je me réfugie dans les études pour que le temps passe plus vite. »

Une certaine inquiétude l’accompagnait durant son premier séjour en Europe. « Je craignais que ses parents ne m’apprécient pas parce qu’ils étaient mécontents que leur fils réside pendant un an au Pérou. Mais finalement, sa mère et moi sommes devenus amies et son père m’a offert pour Noël de payer mon voyage. Nous cuisinons ensemble, nous sortons pour aller danser. Je me sens bien auprès d’eux.»

Avant de pouvoir voyager en Autriche, l’espoir d’une vie à deux entretient la flamme de Jackelyn. « Dans 5 ans, je m’imagine vivre là-bas, fiancée, mais pas encore mariée. Il nous reste encore plusieurs choses à accomplir avant de célébrer cet instant. » La belle rêveuse songe-t-elle pouvoir respirer sans amour? « On peut vivre sans ce sentiment, mais je ne crois pas qu’on pourrait être complètement heureux. Le bonheur vient d’un mélange de tous les bons sentiments, incluant l’amour, mais il me fait sentir plus complète. »

Si elle pouvait dresser une liste de ce qu’elle apprécie de lui, Jackelyn nommerait en premier lieu son sens des détails. « Hannes m’a charmé par sa courtoisie, sa simplicité et par sa grande maîtrise de lui-même. » Comme cette fois dans le nord du Pérou, où après s’est fait voler, le couple a dû quémander aux passants pour retourner jusqu’à leur hôtel. « Il ne se fâche pas. Il reste calme, explique les choses avec tranquillité. La seule chose qui m’embête chez lui, c’est qu’il n’aime pas danser », lance-t-elle en riant. « Avec lui, j’ai trouvé une certaine paix intérieure que je n’avais pas ressentie lors de mes autres relations, ce qui me permet d’accomplir n’importe quelle folie pour lui. »

David Riendeau