Bolivie : Les fortes pluies font 9 victimes et favorisent l’expansion de la dengue

Bolivie, Sciences — Par le 19 février 2012 à 15 h 50 min

Les pluies intenses qui frappent la Bolivie depuis le mois de décembre ont fait neuf morts, à l’heure actuelle on recense 7 050 familles sinistrées, des chiffres officiels communiqués vendredi par le vice-ministre de la Défense civile, qui a ajouté que le département de La Paz était le plus affecté (La Paz arrive en tête avec 1 533 familles ; suivie du département d’Oruro avec 1 578 familles ; Potosí avec 1 461 familles ; Chuquisaca avec 1 000 familles et Cochabamba avec 431 familles).

Le rapport fait état de cinq morts dans le département de La Paz à l’ouest, de trois victimes mortelles à Santa Cruz, à l’est, mais aussi d’une victime à Chuquisaca (au sud-est).

Dans la capitale, trois personnes sont décédées mercredi, une jeudi, et une autre il y a deux semaines suite à des glissements de terrain engendrés par les fortes précipitations. À Santa Cruz, les victimes ont été emportées par la montée des eaux ces trois dernières semaines. À Chuquisaca, la dernière victime a été enregistrée jeudi, il s’agissait d’un enfant emporté par un fleuve déchaîné.
La Paz, qui  a été construite il y a quatre siècles dans une sorte de cuvette instable, a enduré plusieurs glissements de terrain dans trois quartiers périphériques où résidaient justement les victimes. Dans le quartier de Villa Pabón, au nord, la colline Killi-Killi menace de s’effondrer depuis la chute jeudi d’un pan de terre sur une avenue, à seulement trois mètres de différentes habitations.

Maison détruite à Pacata Alta

Le vice-ministre de la Défense civile, Oscar Cabrera, a déclaré vendredi qu’il y avait « 7 050 familles affectées par les pluies, principalement dans les départements de La Paz, Oruro et Potosí », frappés par les inondations et crues. Il a précisé qu’environ  » de 2 100 hectares de cultures étaient touchés, principalement la quinoa, le maïs, et les fèves », ce dernier s’est gardé d’émettre pour le moment un bilan des dommages économiques engendrés par ces intempéries.

L’administration bolivienne des routes (ABC) a informé que les pluies avaient provoqué la fermeture de 12 axes routiers principalement dans les départements amazoniens de Santa Cruz et du Beni qui sont traversés par les principaux fleuves andins.

Ces pluies diluviennes, imputées au phénomène climatique La Niña, sont plus fortes que celles survenues l’année passée, comme l’a souligné Cabrera qui a précisé qu’il évaluait la possibilité de placer certaines zones affectées en alerte rouge. Selon le vice-ministre, l’État bénéficie d’un budget de 40 millions de bolivianos soit environ 57 millions de dollars, pour répondre aux urgences, sur ce fond 35 % a déjà été versé.

Les pronostics météorologiques ne sont guère rassurants puisqu’il devrait continuer de pleuvoir dans les prochains jours, comme a tenu à le préciser le fonctionnaire. La situation ne devrait pas s’améliorer avant le mois de mars.

Précipitations dans le département de Cochabamba

Le président de Bolivie, Evo Morales, a remis hier des produits alimentaires aux familles touchées par les précipitations dans les municipalités de Parotani, Itapaya et Tajra, dans le département de Cochabamba. Cette aide alimentaire était répartie de la façon suivante comme l’a précisé l’agence bolivienne d’information (ABI) : 124 quintaux de farine, 34 de sucre, et une quantité similaire de riz et de vermicelles, à cela s’ajoutaient du sel et des bouteilles d’huile.

Le chef de l’État a précisé que les autorités avaient d’ores et déjà distribué 132 tonnes d’aliments aux familles qui ont perdu leur maison et leurs cultures suite à ces précipitations dévastatrices. Evo Morales a recommandé aux familles qui se trouvent dans des zones à risques, tant en zone urbaine que rurale, d’abandonner les lieux pour protéger leur vie « il est plus prudent de se retirer momentanément, car l’on peut trouver une solution au problème de logement ou de parcelle cultivable, mais aucune en relation avec la vie, on ne pourra jamais remplacer une vie c’est pourquoi celle-ci est prioritaire ».

Le Service d’Hydrographie Navale a reporté que six fleuves de la région amazonienne (départements du Beni et de Pando), à la frontière avec le Brésil se trouvaient en alerte orange en raison de la menace de crues.

Victime d'un glissement de terrain

Par ailleurs, ces pluies, favorisent l’expansion de l’épidémie de dengue qui a déjà coûté la vie à 16 personnes, tandis que l’on dénombre 1 700 personnes atteintes par le virus. La majorité des malades se trouve dans les départements de Santa Cruz et de Cochabamba même si l’on note une augmentation des cas dans le département de Tarija, comme l’a précisé le responsable national d’épidémiologie, José Zambrana. D’ailleurs, l’alerte sanitaire a été déclarée dans le département. Les autorités sanitaires ont précisé que l’épidémie avait débuté en octobre 2011 et qu’elle avait fait 16 victimes mortelles « six dans le département de Santa Cruz, six autres à Cochabamba, quatre au Beni, tandis qu’un cas suspect est enregistré au Chapare ».

La dengue est une maladie qui affecte principalement les populations urbaines vivant dans les zones tropicales. Elle est engendrée par quatre types de virus, transmis par le moustique Aedes Aegypti, la maladie provoque de la fièvre ainsi que des douleurs intenses dans les muscles et articulations. Si la forme la plus bénigne ne présente aucun risque majeur pour la santé, une nouvelle forme de la maladie causée par l’un de ces quatre virus peut être à l’origine d’une hémorragie mortelle.

L’épidémie de dengue avait fait 47 morts en 2011 et 22 victimes en 2009, ce furent les deux assauts les plus virulents de ces dernières années.

Franck T.


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