Les autorités mexicaines ont élevé le niveau d’alerte du volcan Popocatépetl, situé au sud-est de la ville de Mexico, après que ce dernier a projeté des fragments rocheux incandescents, craché d’épaisses fumeroles à plus d’un kilomètre d’altitude et que son cratère a manifesté un regain d’activité, des phénomènes inquiétants qui se sont accentués ces derniers jours.

Le Centre national de prévention des désastres a informé, lundi 16 avril, que l’alerte volcanique se trouvait dans sa cinquième phase sur une échelle de sept. La récente activité du volcan, qui culmine à quelque 5450 m, peut induire d’importantes phases éruptives avec des pluies de cendres et des coulées de lave, cette alerte signifie que le Système National prépare des équipes d’évacuation et des hébergements provisoires pour les populations vivant à proximité du volcan. Bien que le gouvernement n’ait pas recommandé pour le moment aux populations d’abandonner ses maisons, il demande toutefois aux habitants de se tenir informés de l’évolution de la situation afin d’être prêts à évacuer si l’ordre est donné, toutes les activités touristiques et autres ont été suspendues sur un périmètre de 12 km autour du volcan, qui se situe à 65 km au sud-est de la ville de Mexico.

Ce niveau d’alerte est le plus élevé de la phase jaune, si le niveau d’alerte atteint le rouge, la population directement concernée, soit environ 27 000 personnes devra aussitôt évacuer la zone devant la dangerosité de l’éruption. Les autorités ont recommandé de nettoyer la cendre des toits et de se couvrir la bouche pour ne pas inhaler d’éventuelles substances toxiques. Baptisé sous le nom de « Popo » le volcan a connu son éruption la plus violente de ces 1200 dernières années, le 18 décembre 2000, lorsqu’une colonne de fumée et de roches ardentes ont obligé les autorités à évacuer près de 40 000 personnes menacées. Depuis 1994, le volcan a connu plusieurs épisodes éruptifs.

Le Cenapred ou Centro Nacional de Prevención de Desastres a recommandé d’établir un cordon de sécurité de 12 km aux alentours du volcan pour éviter tout danger, tout en assurant un contrôle des accès routiers dans la zone concernée. Les autorités de l’État de México et de Puebla, les deux états les plus proches du volcan, ont annoncé une augmentation de la vigilance dans les zones directement menacées par l’activité volcanique. Le gouverneur de l’État du Mexique, Eruviel Ávila, a demandé aux médias d’intensifier la diffusion des mesures de prévention tandis que se met en place une opération commune avec le gouvernement fédéral à Amecameca, ainsi des couloirs d’évacuation surveillés par les forces de l’ordre ont été mis en place. À Puebla, des municipalités de Santiago Xalitzintla, San Pedro Benito Juárez, Tianguismanalco, Huejotzingo, Atlixco et Puebla ont reporté dans la nuit de dimanche à lundi d’importantes chutes de cendres.

Le gouvernement local a dès lors recommandé de balayer la cendre des toitures et de tout autre endroit où elle a pu s’accumuler tout en invitant les habitants à avoir, à portée de main, leurs papiers d’identité en cas d’évacuation rapide. Il leur a également demandé de fermer les arrivées de gaz et d’électricité. La secrétaire à l’éducation publique(SEP) de l’état de Puebla a pris la décision de suspendre les classes de six écoles situées dans les localités de San Pedro Benito Juárez, San Nicolás de los Ranchos et Xalitzintla en raison de la récente activité du volcan. Le gouvernement de Puebla a annoncé la suspension des cours depuis mardi et a vérifié que tout était prêt du côté de la Protection civile en cas de passage en alerte rouge, ce qui signifierait l’évacuation de la population.

Moreno Valle a affirmé que des abris avaient été mis en place dans la capitale de Puebla, située à 45 km en ligne droite du volcan, afin que les éventuels déplacés puissent trouver refuge. Le Popocatépetl est la deuxième plus haute montagne du pays après le pic d’Orizaba, il est situé dans le centre du Mexique, dans l’est de la cordillère néovolcanique, un alignement de volcans traversant le pays d’est en ouest. Le Popocatépetl, est un stratovolcan qui fait partie du parc national Iztaccíhuatl-Popocatépetl dont il constitue l’extrémité méridionale. Administrativement, la limite entre les États de Mexico à l’ouest et de Puebla à l’est passe par le sommet de la montagne, celui du Morelos couvrant une petite partie du flanc sud-est, mais n’atteignant pas le sommet.

Cratère du volcan

Un autre volcan se situe près du Popocatépetl, il s’agit de l’Iztaccíhuatl, aussi appelée la « Femme endormie » ou « la Femme blanche », un volcan éteint situé à 5222 m d’altitude. A Ecatzingo, Amecameca, Ecatzingo, Atlautla, Tepetlixpa, les municipalités les plus proches de Popocatépetl, situés à 19 km du volcan, les habitants ont clairement manifesté leur préoccupation.

Pour rappel, un stratovolcan ou volcan composite est un volcan dont la structure est constituée de l’accumulation de coulées de lave, de téphras et/ou de pyroclastites au cours des différents stades éruptifs. Ils prennent une forme conique à cause de leur lave pâteuse qui s’écoule difficilement, des retombées de cendres et de scories se faisant préférentiellement près de la cheminée volcanique et des dépôts laissés par les coulées pyroclastiques partant du sommet du volcan. Leurs éruptions peuvent être explosives, de type vulcanien, strombolien, péléen ou plinien.

(Aline Timbert)