Le gouvernement péruvien a déclaré l’état d’urgence pour une durée de 20 jours (jusqu’au 20 septembre) dans 250 localités du centre et du sud du pays en raison de la vague de froid et des chutes de neige qui frappent une partie du territoire. Les forces armées ont été réquisitionnées pour distribuer des médicaments, des couvertures et des kits d’urgence aux communautés les plus isolées vivant en haute altitude, dans les Andes.

Il s’agit des plus fortes chutes de neige enregistrées depuis une décennie, elles ont fait une dizaine de morts et environ 60 000 sinistrés sans compter les pertes de milliers de têtes de bétail (environ 25 000 têtes de bétail ont péri et 683 344 animaux sont malades).

perou04092013-1Le président de la République, Ollanta Humala, a fait il y a quelques jours le déplacement dans la région de l’Apurimac, l’une des zones les plus affectées par les intempéries afin de constater sur place l’aide apportée aux populations.

Selon l’Institut national de défense civile, les régions de Puno, Apurímac, Ayacucho, Cuzco, Huancavelica, Junín, Moquegua et Tacna sont particulièrement frappées par le froid et les chutes de neige, 66 écoles ont été endommagées ainsi que 316 kilomètres de route et près de 70 000 ha de champs cultivables. Les températures extrêmes ont également causé la mort de 26 641 ovidés et camélidés. Le responsable de la Défense civile, Alfredo Murgueytio, a affirmé dimanche que les régions du sud péruvien vivent l’une des périodes les plus glaciales de ces dernières années avec des températures avoisinant les -20 °C.

« Dans certaines régions de Puno, les chutes de neige ont atteint 90 cm, avec une moyenne d’environ 30 cm », a déclaré le porte-parole de l’Institut national de défense civile lors d’une interview accordée à la radio.

Un décret suprême publié samedi dans le journal officiel El Peruano énumère en détail les districts et provinces placés en état d’urgence dans les régions de Lima, Junín, Ayacucho, Huancavelica, Apurímac, Cuzco, Arequipa, Moquegua, Tacna, mais aussi certaines localités de la région de Puno.

Selon les derniers rapports officiels, la neige tombée au mois d’août au sud du pays a fait 33 000 sinistrés à Puno, Cuzco et Apurímac, les régions les plus touchées par le phénomène météorologique. Avec cet état d’urgence, les autorités locales et régionales peuvent prendre des mesures d’exception pour répondre aux besoins urgents des habitants. Selon le Service national de météorologie d’hydrologie, les chutes de neige devraient se poursuivre encore quelques jours. Le vice-ministre péruvien rattaché à la gestion pédagogique, Martín Vegas, avait par ailleurs annoncé mardi 20 août à la presse que les cours devaient être suspendus durant une semaine dans 43 provinces des 10 régions mentionnées, une mesure qui a touché environ 2 millions d’élèves.

perou04092013-2Les chutes de neige qui s’abattent depuis le 24 août ont provoqué le blocage partiel de plusieurs routes à Puno et Huancavelica. À Cuzco, le gouvernement régional a déclaré l’état d’urgence dans toutes les localités situées à plus de 3000 m d’altitude, la mesure a pour but de centraliser le soutien aux populations affectées. La Défense civile de Cusco a déclaré que les dommages causés par les intempéries sont estimés à 1,2 million de dollars. A Arequipa, au sud du Pérou, la neige a causé la mort de plus de 10 000 alpagas et lamas, et de 3000 moutons, des pertes supérieures à 2 millions de dollars qui frappent directement 20 000 éleveurs. Face à cette situation d’urgence, les autorités de la province de Caylloma ont sollicité une aide de l’État, une situation similaire dans les districts de Ayacucho, Apurímac et Cusco, des régions où il a été déclaré 60 jours d’état d’urgence en raison des pluies et des chutes de neige qui se sont abattues. Par ailleurs, le ministère de l’Éducation a décidé de suspendre les classes du 2 au 6 septembre. Le spécialiste du service national de météorologie d’hydrologie, Nelson Quispe a signalé que des chutes de neige d’une telle intensité n’avaient pas été enregistrées depuis 2002, un phénomène qui s’explique par la confrontation d’une masse humide provenant de l’Amazonie avec une masse d’air froid.

perou04092013-3Le secrétariat à la Gestion des catastrophes a mis sur pied une série d’actions concrètes et de mesures pratiques pour protéger la population touchée de plein fouet par la saison hivernale qui devrait s’intensifier un peu plus dans les prochains jours. 128 000 bottes de foin et de médicaments vétérinaires ont été distribués pour préserver les animaux d’élevage, de son côté le ministère de la Santé a déployé des brigades de soutien pour venir en aide à des personnes souffrant de pneumonie, les enfants et les personnes âgées sont d’ailleurs les plus touchés par la maladie. 200 enfants seraient déjà morts des suites de pathologies respiratoires provoquées par les températures basses de ces dernières semaines. Par ailleurs, environ 13 000 enfants souffrent de brûlures aux yeux dues à la réverbération des rayons du soleil sur la surface enneigée.

Après avoir fait le déplacement dans les régions de Puno et de l’Apurímac, le chef de l’État péruvien s’est rendu avant-hier dans la région de Cuzco pour superviser les mesures d’aide apportées aux communautés concernées par les rigueurs hivernales. Lors de son déplacement, il était accompagné du ministre du Logement et du ministre de l’Agriculture. Ollanta Humala a annoncé la mise en place du « Seguro alpaquero », une assurance prévue pour les familles paysannes qui vivent essentiellement de l’élevage de lamas et autres alpagas dans la région montagneuse.

« Je garantis que les familles qui ont perdu leur bétail recevront une indemnisation », a affirmé le mandataire.

Pour les éleveurs des Andes, le bétail constitue leur principale source de revenus, la perte des animaux est donc un véritable fléau.

La Bolivie (La Paz, Cochabamba, Potosí et Chuquisaca) et le Paraguay sont également frappés par cette masse d’air froid.

« Ces perturbations en hiver sont rares. La masse d’air dans ce contexte froid provoque de fortes précipitations solides (neige et grêle), » a expliqué le météorologue Abraham Levy.

(Aline Timbert)