Au Guatemala, une équipe d’archéologues a révélé début août avoir découvert, au mois de juillet, une frise maya enterrée dans une pyramide rectangulaire dans le centre archéologique précolombien de Holmul, dans la région de Petén. Les auteurs de cette découverte majeure ont tenu à attirer l’attention sur l’aspect monumental de cette pièce en stuc qui mesure huit mètres sur deux, et sur l’image qu’elle représente, à savoir le torse et les jambes d’un gouvernant assis sur la tête d’un esprit de la montagne maya.

guatemala12092013-1Pour l’auteur principal de ces fouilles archéologiques, le scientifique Guatémaltèque Francisco Estrada-Belli, les figures humaines représentées surgissent dans un contexte mythologique qui suggère qu’elles pourraient être des hauts dignitaires divinisés : « trois personnages principaux revêtus de riches atours de plumes de quetzal (l’oiseau national du Guatemala) et de jade, assis au sommet de collines personnifiées sous la forme de monstres ».

Le personnage central est identifié, en raison des signes hiéroglyphes qui apparaissent, comme Och Chan Yopaat, ce qui signifie « l’orage qui entre dans le ciel » .

« C’est une découverte extraordinaire qui n’arrive qu’une fois dans la vie d’un archéologue », a-t-il déclaré qualifiant la frise de « grande oeuvre d’art ». Une oeuvre majestueuse qui permet, par ailleurs, d’obtenir de nombreuses informations sur la fonction et la signification de l’édifice en question.

Ce projet de fouille a débuté il y a quelques années (tout d’abord en 2000, puis il a été abandonné faute de moyens avant de reprendre en 2012 grâce au soutien des fondations américaines Alphawood, Maya Archeology Iniciativa, National Geographic Society et l’université de Boston) lorsque l’équipe d’archéologues a fait le choix de s’affairer à l’exploration d’un tunnel ouvert par des pilleurs « les pilleurs s’étaient approchés à environ un mètre de cette frise, mais ne l’avaient pas vu parce qu’elle était enterrée », a indiqué Estrada-Belli tout en soulignant que les premières pistes de la présence de cette fresque avaient été perçues au mois de juillet 2013. L’expert a indiqué à la revue ‘National Geographic’ que la frise est l’un des exemples les mieux conservés dans son genre « elle est préservée à 95 %, il y a juste un coin qui n’est pas en bon état, l’endroit se trouvait le plus près de la surface, sinon elle est intacte ».

guatemala12092013-2Un autre membre de l’équipe archéologique, Marcello Canuto, a affirmé que la plupart du temps les scientifiques espèrent découvrir « des pièces bien conservées » comme cette fresque, mais que ce n’est pas souvent le cas. La fresque porte encore des traces de peinture « il y a des restes de pigments rouges, bleus, verts et jaunes », a-t-il affirmé précisant « bien qu’il y ait des zones colorées qui ont disparu, cela donne une idée de la complexité et du type d’ornement des sites que nous sommes en train de mettre au jour ». Ce dernier a souligné que ces lieux devaient être un régal pour les yeux lorsqu’ils étaient habités. Les experts estiment que la majorité des grands temples mayas étaient probablement décorés de façon similaire, cependant tous les temples n’ont pas été méticuleusement préservés comme celui-ci, ce qui devrait permettre de cerner un peu mieux encore la culture de cette zone.

guatemala12092013-3Sur place les archéologues ont également retrouvé la dépouille d’un individu et à ses côtés un masque funéraire en bois et une trentaine de céramiques, il s’agit probablement d’un haut dignitaire de la ville de Holmul.

La section du temple d’Holmul où se trouve la fresque remonte à 590 après Jésus-Christ, ce qui correspond à l’époque classique maya, une période définie par des luttes de pouvoir entre les deux grandes dynasties de la civilisation : Tikal et Kaanul. Les deux royaumes se disputaient le contrôle des villes les plus petites pour avoir la main-mise sur leurs ressources. Jusqu’à présent il était clair que la dynastie Holmul bénéficiait de la loyauté peuple, cependant une inscription sur cette fresque révèle que la construction du temple fut décidée par Ajwosaj, gouvernant d’une ville d’un État voisin appelé Naranjo, que les archéologues connaissent ( en raison d’autres découvertes archéologiques) comme étant une cité vassale du royaume Kaanul.

« Maintenant nous savons que Holmul était sous l’influence de la dynastie Kaanul », a indiqué Canuto.

(Aline Timbert)