À Maracaibo, ville du Venezuela (la capitale de l’État de Zulia et deuxième plus grande ville du Venezuela), une nouvelle forme de délinquance a vu le jour, elle est source de tourments pour de nombreuses résidentes qui craignent d’être les victimes des « Piranhas »…

Cette fois, il ne s’agit pas des célèbres poissons carnivores d’eau douce peuplant les fleuves d’Amazonie réputés pour leur voracité, mais de voleuses sans scrupules qui s’attaquent aux chevelures féminines. En effet, des voleuses de cheveux sèment la terreur dans cette ville et attaquent les femmes armées d’une paire de ciseaux, elles surgissent et s’emparent à la vitesse de l’éclair des longs cheveux pour les revendre !

Un témoin de cette attaque a déclaré au journal vénézuélien Panorama « il faut le voir pour le croire » ajoutant « cela devient impossible d’avoir les cheveux longs. Pour les femmes, c’est vraiment quelque chose de traumatisant ».

venezuela03102013-1Les voleuses opèrent dans le centre-ville, à la plage, dans les centres commerciaux, là où se trouvent de nombreuses jeunes femmes, elles saisissent brusquement leurs victimes par les cheveux, armées d’une paire de ciseaux et coupent aussi sec sans le moindre état d’âme, puis leur butin est vendu dans des salons de beauté ou des salons de coiffure. À une époque où les extensions de cheveux naturels ont le vent en poupe, « les piranhas » ont trouvé un filon. La police locale a renforcé la sécurité pour éviter les attaques, a tenu à préciser la mairesse de Maracaibo, Eveling de Rosales, tout est fait pour rassurer la population et éviter ainsi toute forme de traumatisme, même si le sentiment de malaise est déjà bel et bien présent. Le nombre de patrouilles a augmenté après ces vols pour le moins traumatisants !

Une victime prénommée Mariana Rodríguez a expliqué sa mésaventure à Globovisión (chaîne de télévision vénézuélienne) confiant qu’elle se promenait tranquillement dans un centre commercial quand elle a senti deux femmes s’approcher, tout d’abord elle a cru qu’elles allaient lui voler son téléphone portable, mais elles ont sorti les ciseaux et en quelques secondes elles se sont emparées de ses longs cheveux. Ces chapardeuses d’un nouveau genre agissent la plupart du temps entre 6 h et 7 h 30 du matin et entre 18 et 19 h après la fermeture des commerces, aux heures où les lieux publics se font plus déserts.

De nombreuses victimes n’osent même pas porter plainte par peur des représailles ou encore en raison du sentiment de honte qui les anime se voyant amputées d’un élément symbole de leur féminité. Des employés d’un salon de coiffure ont assuré à la revue Panorama que le vol de cheveux « est une pratique commune ». Le recours aux extensions a augmenté de 30 %, selon le styliste Jhonatan Morales sans oublier l’usage de perruques, le coût des mèches de cheveux varie selon la qualité du cheveu, la couleur et la quantité nécessaire, il a néanmoins précisé « nous refusons d’acheter les extensions à des vendeurs ambulants, car nous ignorons la provenance ».

Le marché florissant des extensions capillaires attise les convoitises !

venezuela03102013-2La ville de Maracaibo n’est pas la seule à avoir été confrontée à ce fléau, en Colombie plusieurs témoignages corroborent l’existence de voleuses de cheveux ces dernières années, l’Argentine et le Brésil ont également enregistré des cas similaires. Les extensions synthétiques coûtent environ entre 40 et 160 $, tandis que les extensions en cheveux naturels peuvent coûter jusqu’à 500 $, un marché juteux qui alimente la gloutonnerie des « Piranhas ».

Le président vénézuélien en personne s’est emparé du sujet, Nicolás Maduro, a demandé à la police et au ministère de l’Intérieur d’enquêter et d’arrêter les coupables de ce trafic déclarant “qu’est-ce que cette agression ? Les jeunes filles sont sacrées, la jeunesse est sacrée” ajoutant « vous qui êtes impliquées dans ces groupuscules, sachez que nous allons vous punir avec force ».

En attendant que ces mafias soient démantelées, les femmes de Maracaibo prennent leurs précautions, beaucoup d’entre elles dissimulent leurs cheveux sous des foulards, des casquettes ou bien les coiffent en chignon. La psychose gagne même la ville de Caracas même si aucune agression du genre n’a été répertoriée pour le moment.

(Aline Timbert)