Au Salvador, selon un dernier rapport émis par le MARN (ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles), l’état d’alerte est maintenu autour du volcan Chaparrastique, situé dans la province orientale de San Miguel, alors que le colosse connaît un regain d’activité depuis dimanche. La population a été évacuée une seconde fois par la Protection Civile dans la nuit de mardi à mercredi, près de 2000 personnes ont été invitées à rejoindre des hébergements provisoires pour échapper aux émanations de dioxyde de soufre et de carbone qui menacent la santé des communautés environnantes.

« Les émanations de gaz qui contiennent une forte concentration en dioxyde de soufre nous ont poussés à évacuer de nouveau un peu plus de 2000 personnes, bien que l’idéal serait d’évacuer les 5400 individus de la zone », a déclaré le directeur de la Protection Civile, Jorge Meléndez.

salvador02012014-1Le volcan, qui s’élève à 2130 m d’altitude et est situé à 140 km à l’est de San Salvador, a vu son cratère s’élargir ces derniers jours, les projections de cendres et de gaz parviennent à s’échapper de fait plus facilement, une information communiquée par le ministère de l’Environnement. Dès dimanche de nombreux habitants quittaient leurs foyers de leur propre initiative, puis lundi les autorités prenaient la décision d’évacuer officiellement, le lendemain les habitants faisant fi des consignes de prudence rentraient chez eux dans le but de passer le réveillon du Nouvel An, cependant dans la nuit de mardi un nouvel ordre d’évacuation a été diffusé.

Les émanations de soufre menacent non seulement la santé des habitants, mais aussi l’environnement, que ce soit la végétation ou encore les eaux de surface.

Le ministère de l’Environnement a informé que les émissions quotidiennes de dioxyde de soufre (SO2) restaient élevées, une moyenne de 637 t a été enregistrée dimanche, lundi ce chiffre est passé à 1244 t, le 31 décembre il a atteint 2200 t, et pour le premier jour de l’an 2014 il est retombé à 1740 t. Par ailleurs, les scientifiques n’ont pas écarté la possibilité d’enregistrer des épisodes éruptifs au niveau du cratère central ou des flancs du volcan, l’activité du Chaparrastique se manifeste actuellement par une plume de gaz toxiques avec une légère émission de cendres.

« Si les concentrations de gaz viennent à être plus importantes, il peut y avoir des morts », a expliqué le directeur de la Protection Civile en précisant que l’inhalation de ces éléments en petites quantités ne pouvait pas avoir de conséquences dramatiques. Le vice-ministre Espinoza a quant à lui expliqué que si les gaz étaient générés en grande quantité et qu’ils restaient statiques, cela pouvait être dangereux de les inhaler, mais avec le vent « la situation est moins problématique ». En effet, le vent empêche la concentration de gaz toxiques dans l’air.

salvador02012014-2La plume de gaz bleu qui s’échappe du volcan est caractéristique de la présence de dioxyde de soufre, l’un des principaux composants des volcans actifs, la dernière grande éruption du volcan Chaparrastique remonte à 1976. Selon les experts, au moins 20 éruptions ont été enregistrées ces 300 dernières années, la plus récente activité sismique a été enregistrée en 2006.

Le dernier bulletin du MARN en date du 1er janvier 2014 fait mention d’une plume de gaz contenant peu de cendres s’élevant à environ 200 m au-dessus du cratère, les principaux composants de cette émanation sont de la vapeur d’eau, du dioxyde de souffre (SO2), du dioxyde de carbone (CO2) et du sulfure d’hydrogène (H2S). Les vents sont dirigés ouest-sud-ouest, ce qui signifie que les gaz atteignent les municipalités de San Jorge et San Rafael Oriente, l’odeur de souffre serait perceptible.

Le dioxyde de soufre est irritant pour les yeux, la gorge et les voies respiratoires, une surexposition de courte durée peut être à l’origine d’une inflammation et irritation provoquant conjonctivite, toux et difficultés respiratoires, les individus asthmatiques sont particulièrement sensibles à ce gaz toxique. En cas de concentrations élevées de dioxyde de soufre, l’être humain, exposé à ces fortes émanations toxiques, peut souffrir d’obstruction des voies respiratoires, d’hypoxémie (diminution de la quantité d’oxygène transportée dans le sang) ou encore d’œdème pulmonaire. C’est pourquoi des procédures d’évacuation sont mises en place dès que le taux de dioxyde de soufre atteint des niveaux qui menacent sérieusement la santé des habitants concernés. Une surexposition peut même entraîner des lésions pulmonaires irréversibles.

salvador02012014-3Plus de 1 500 personnes se trouvaient encore mercredi dans des hébergements provisoires. Le volcan Chaparrastique, aussi appelé volcan San Miguel, est un stratovolcan d’Amérique centrale, c’est-à-dire que sa structure est constituée de l’accumulation de coulées de lave, de tephras et/ou de pyroclastites au cours des différents stades éruptifs. Le volcan est situé sur La ceinture de feu du Pacifique, une zone à forte activité sismique et volcanique. Sur le continent américain, elle est formée de la cordillère des Andes, la Cordillère d’Amérique centrale, la Chaîne des cascades aux États-Unis et les volcans de l’Alaska.

(Aline Timbert)