Voilà une nouvelle découverte archéologique précolombienne qui risque de faire cogiter les scientifiques… En effet, au Mexique, la découverte d’une tombe préhispanique remontant à la civilisation aztèque a laissé perplexe l’équipe d’archéologues mexicains chargés de l’exploration sur le site d’Azcapotzalco situé dans la capitale.

mexique24022014-1Il s’agit en fait de la mise au jour d’une sépulture datant de plus de 500 ans comprenant les dépouilles de 12 chiens, leurs ossements ont été retrouvés dans un trou d’une profondeur estimée entre 1 m 30 et 1 m 70. Ce qui surprend dans ce contexte c’est le fait qu’aucun être humain n’ait été enterré avec ces animaux domestiques considérés par les Aztèques comme des gardiens ou encore des guides de l’âme dans l’inframonde. Un animal qui jouait donc un rôle capital dans la religion aztèque puisqu’il était directement associé aux croyances et aux rituels.

La scientifique en charge des fouilles, Rocío Morales Sánchez, membre de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique a qualifié cette découverte « d’insolite » précisant « des sépultures de chiens ont été retrouvées dans d’autres contextes archéologiques, mais celui-ci n’est pas associé à un enterrement humain ou à une quelconque construction ». L’experte a par ailleurs précisé que rien de similaire n’a été vu jusqu’à présent par les scientifiques, chez les Aztèques le chien accompagne toujours un être humain dans la mort ou bien sert de protecteur lors de la construction d’un édifice, par exemple un lieu sacré comme en temple.

Conjointement à la découverte des dépouilles canines, les archéologues ont trouvé d’autres pièces archéologiques comme des restes de céramique qui daterait de 1350 à 1520 après Jésus-Christ.

Ces objets remontent à l’apogée de la civilisation aztèque, ils feront bien sûr l’objet d’études approfondies tout comme les squelettes des chiens, il s’agit désormais de déterminer les raisons de la mort de ces animaux, constater s’ils étaient malades ou souffraient d’une quelconque malformation, et bien sûr tenter de comprendre pourquoi ils ont été enterrés en cet endroit précis.

mexique24022014-2Pour sa part, l’archéologue Antonio Zamora a révélé qu’en adéquation avec les premières recherches effectuées par la biologiste Alicia Blando Padilla, qui s’est rendue sur place, les squelettes des chiens qui ont été retrouvés appartiennent à des espèces communes. Par ailleurs, comme en témoigne le placement des ossements, les dépouilles des chiens ont été placées dans le puits de façon aléatoire, il ne semble pas y avoir une orientation précise de leur corps répondant à une logique particulière.

Cette découverte s’inscrit dans le cadre des grandes fouilles archéologiques menées sur la Avenida Azcapotzalco, jusqu’à présent des sépultures humaines, du matériel archéologique et les stigmates d’anciens canaux ont été mis au jour.

Parmi les races de chiens qui évoluaient auprès des Aztèques, on retrouve le Techichi (probable ancêtre du Chihuahua), connu pour sa petite taille, ou encore le Xoloitzcuintle aussi appelé « chien nu mexicain » qui possède une stature moyenne.

Les archéologues ont conclu qu’il serait nécessaire de fouiller plus en profondeur pour savoir s’il y a un élément en dessous de cette sépulture qui puisse permettre de comprendre pourquoi les chiens ont été enterrés ainsi.

Une énigme que les scientifiques vont chercher à résoudre pour mieux comprendre les rites mortuaires et religieux qui caractérisaient la civilisation aztèque.

(Aline Timbert)