Les autorités du Salvador ont fait évacuer plus de 1000 habitants résidant aux alentours du volcan Chaparrastique qui a enregistré de fortes secousses ces derniers jours, ses soubresauts laissent en effet penser qu’il pourrait entrer de nouveau en éruption. La direction de la Protection civile et les mairies des municipalités du département de San Miguel concernées par l’activité volcanique ont mis à disposition des habitants deux refuges dans la ville du même nom pour les héberger, les évacuations ont commencé lundi.

Volcan Chaparrastique
Volcan Chaparrastique

Ce sont bien sûrs les communautés à haut risque qui ont dû quitter leurs foyers par mesure de précaution, les populations situées dans un périmètre de 5 km autour du cratère du volcan ont été priées de quitter les lieux, il s’agit des municipalités de San Miguel, San Jorge, Chinameca et San Rafael Oriente qui pourraient être directement affectées par une éruption du colosse. Deux centres d’hébergement provisoire ont été mis à disposition des populations en accord avec l’alerte orange émise depuis le mois de décembre 2013 par la Direction générale de la Protection civile.

Les personnes évacuées ont été invitées à prévoir un kit d’urgence contenant leurs médicaments, leurs papiers d’identité, et d’autres biens jugés bien sûr importants. Les 12 centres scolaires de la zone ont également suspendu les classes jusqu’à nouvel ordre alors que l’activité du volcan continue d’être surveillée à l’aide d’un monitoring, d’autres mesures pourraient même être envisagées.

Depuis l’éruption du 29 décembre 2013, qui n’a fait ni victime ni dommages matériels importants, le volcan Chaparrastique présente des signes de sismicité et émet également des gaz et des cendres. Le 12 février 2014 le volcan a émis une nouvelle colonne de cendres et de gaz d’environ 500 m d’altitude, les autorités ont alors évoqué une seconde éruption.

salvador22052014-2La vulnérabilité des communautés situées à proximité du volcan Chaparrastique est accrue par les pluies importantes qui secouent la zone provoquant des coulées de matériel volcanique. Un glissement s’est produit sur la partie haute du volcan en raison des fortes précipitations, si la situation devait perdurer, cela pourrait provoquer des éboulements importants, il s’agit donc d’évacuer au plus vite les personnes menacées, même les plus réticentes à quitter leur domicile.

Près de 40 familles refuseraient toujours de rejoindre les centres d’hébergement malgré l’aide d’État qui prévoit une indemnisation de 150 $ mensuels (pour une période de six mois) pour tous ceux qui sont contraints de quitter leurs foyers sous l’impulsion de décrets d’urgences émis par l’État salvadorien. Pourtant ces familles seraient les premières touchées en cas d’éruption ou d’un glissement de terrain. Les autorités ont déjà procédé à la vérification des lagunes artificielles qui servent à retenir le matériel volcanique qui coule du cône après chaque tempête. Un premier réservoir serait déjà totalement plein après les intempéries de mardi soir, 21 mm de pluie ont été enregistrés et cela a suffi à causer des glissements de terrain et à remplir le réservoir d’une capacité de 3000 m³. Une tempête plus importante marquée par de fortes précipitations pourrait donc avoir des conséquences dramatiques pour ceux qui vivent à flanc de volcan.

Les autorités ont prévu de vidanger cette première réserve d’eau et de renforcer la digue numéro deux afin que la capacité d’absorption soit plus importante. En nettoyant les digues, elles cherchent à obtenir plus d’espace pour retenir les débris charriés par le volcan.

Mardi 20 mai, le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (MARN) a informé dans un communiqué que le volcan Chaparrastique maintenait toujours une forte activité. La vibration interne du volcan était encore forte présentant des fluctuations significatives dans son comportement, la fréquence d’émissions de gaz était encore élevée.

Le comportement du volcan suggère une augmentation des fluides au sein de la structure volcanique (gaz, eau, et magma) raison pour laquelle les autorités envisagent sérieusement une prochaine éruption dans les jours à venir, une explosion par le cratère central ou bien par les flancs.

salvador22052014-1Le volcan, qui s’élève à 2 130 m d’altitude et est situé à 140 km à l’est de San Salvador, est aussi appelé volcan San Miguel, il s’agit d’un stratovolcan d’Amérique centrale, c’est-à-dire que sa structure est constituée de l’accumulation de coulées de lave, de tephras et/ou de pyroclastites au cours des différents stades éruptifs. Le volcan est situé sur La ceinture de feu du Pacifique, une zone à forte activité sismique et volcanique. Sur le continent américain, elle est formée de la cordillère des Andes, la Cordillère d’Amérique centrale, la Chaîne des cascades aux États-Unis et les volcans de l’Alaska.

Ces derniers jours, des orages électriques modérés à intenses ont été enregistrés.

Par ailleurs, 282 micro-secousses ont été enregistrées depuis le 27 janvier 2014 jusqu’au 20 mai, toutes localisées sur le flanc nord du volcan, les magnitudes ont oscillé entre 0.4 et 1.9.

Sur le site du ministère des Affaires étrangères français, on peut lire le communiqué suivant (Information toujours valide le: 22 mai 2014) : Le volcan Chaparrastique, situé près de la ville de San Miguel à l’Est du pays et à 140 km de la capitale San Salvador, a éjecté le dimanche 29 décembre, à la suite d’une éruption explosive, un épais nuage de cendres et de gaz qui a amené les autorités à évacuer la population établie autour du volcan et entraîné l’annulation de quelques vols internationaux.
Depuis, il n’y a pas eu de nouvelles éruptions mais le volcan, qui reste actif, continue à éjecter des gaz. Parmi les personnes évacuées, près de 300 familles n’ont d’ailleurs toujours pas été autorisées à regagner leur domicile.
Pour les personnes qui envisagent de se rendre dans la région de San Miguel, il est conseillé de consulter au préalable le site de la protection civile salvadorienne : http://www.proteccioncivil.gob.sv/.

(Aline Timbert)