Des scientifiques de l’INAH ont découvert dans l’État d’Hidalgo, au centre du Mexique, un fardeau funéraire contenant la dépouille d’un individu adulte, il était situé dans un abri rocheux dans la zone orientale de la Sierra Gorda, dans la municipalité de Zimapán.

mexique25072014-2Les chercheurs soulignent la singularité de cette mise à jour archéologique, aucune découverte similaire n’a été enregistrée jusqu’alors. Les archéologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire, Juan Manuel Toxtle Farfán et Ariana Aguilar Romero, ont précisé qu’ils avaient été informés par des habitants de la localité sur la présence de cette dépouille, une équipe s’est alors déplacé et a pu constater qu’il s’agissait d’un fardeau funéraire, qui en raison de ses caractéristiques, pourrait correspondre à l’époque préhispanique. Toxtle Farfán a d’ores et déjà précisé qu’il ne s’agit pas d’une momie, car dans ce cas ils auraient relevé des tissus mous comme de la peau, des muscles et des tendons, or ce n’est pas le cas, il s’agit seulement d’ossements parfaitement conservés. L’enveloppe a subi une détérioration certaine, la matière organique se désintégrant facilement.

Les ossements ont été découverts le 10 juillet, ils étaient enveloppés dans un textile coloré et dans une sorte de natte, le crâne était encore parsemé de cheveux et une partie de la dentition du défunt était préservée, l’individu en question devait avoir une vingtaine d’années.

« Le squelette semble être complet, mais nous ne pouvons avoir aucune certitude tant que le linceul n’a pas été ouvert, mais à première vue on voit le crâne, les tibias, les clavicules, les omoplates et quelques cotes. Nous ne l’avons pas encore trop manipulé pour éviter sa détérioration, il est nécessaire de le transporter vers des installations du centre INAH Hidalgo », ont signalé les scientifiques.

Les conditions météorologiques qui règnent dans cette région du monde ont permis la bonne préservation de la dépouille : un écosystème semi-désertique marqué par la sécheresse, mais aussi les propriétés du sous-sol ont permis la préservation des ossements et des fibres végétales dans lesquelles il était enveloppé.

« Les caractéristiques du fardeau, le positionnement du défunt en position assise et fléchie, le type d’ensevelissement et l’endroit où il a été déposé indiquent qu’il s’agit d’un enterrement préhispanique« , affirme le spécialiste du centre INAH Hidalgo.
Les archéologues sont d’autant plus absorbés par cette découverte qu’ il s’agit jusque-là d’un cas isolé « il est notoire que dans la cosmovision méso-américaine, les grottes et autres refuges rocailleux étaient considérés comme des portes d’entrée dans l’inframonde et la résidence des déités de la mort, ce qui explique leur usage comme espace funéraire ».
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La datation du corps et son appartenance à une culture restent à déterminer, mais l’endroit où il a été retrouvé constituait une zone de confluence entre des groupes sédentaires et nomades, des études complémentaires devront donc être menées pour en savoir plus sur son origine, cela implique une étude précise de ses os.

Sa dentition et ses tibias ont néanmoins permis à l’anthropologue Arturo Gómez de déterminer l’âge approximatif de la dépouille, à savoir une personne âgée d’une vingtaine d’années, le sexe pourra sans doute être déterminé avec l’analyse des ossements du bassin et des hanches. Il faudra alors ouvrir totalement le fardeau funéraire, mais pour cela l’intervention d’un spécialiste doit être requise afin de ne pas souiller le textile dans lequel il était conservé.
« Les troisièmes molaires du squelette, qui apparaissent entre 16 et 24 ans, sont sans aucune trace d’usure. Un autre élément qui soutient cette hypothèse est la ligne épiphysaire. Quand une personne achève sa phase de croissance, les os se durcissent et cette ligne se ferme ».

mexique25072014-3« Nous l’analysons de façon  appropriée pour déterminer l’âge, l’appartenance ethnique, les propriétés physiques et certaines caractéristiques physiques », a affirmé Juan Manuel Farfán.

À 500 m de distance de cette découverte, les scientifiques ont trouvé des peintures rupestres représentant des figures abstraites, et au sein de l’abri rocheux, les archéologues ont détecté sur le sol une couche de matière végétale composée de feuilles de palme, de feuilles de maguey [communément appelé Agave américain] et de bagasses [résidu fibreux] de cactus.

Les plaines de l’État méridional d’Hidalgo ont toujours bénéficié d’un climat doux, l’eau y était beaucoup plus présente qu’à l’heure actuelle, ce qui a permis d’attirer divers groupes venus sur ce territoire depuis des temps immémoriaux. La région de Zimapán a notamment été habitée par des groupes nomades du nord du pays comme les Otomíes, Pames et Jonaces.

(Aline Timbert)