La responsable du secrétariat à l’Environnement et au Développement territorial (Semadet) de Jalisco, Magdalena Ruiz Mejía, a fait savoir qu’elle déployait tous les moyens possibles pour pallier la catastrophe environnementale qui secoue le lac de Cajititlán (municipalité de Tlajomulco), à proximité de la ville mexicaine de Guadalajara. En effet, ce dimanche, près de 33,6 t de poissons morts ont été repêchées, des poissons sans vie qui avaient été repérés depuis mardi dernier à la surface de l’eau, et face à ce désastre de grande ampleur, l’institution a décidé de mettre en place le plan d’urgence afin de déterminer les causes exactes de ce phénomène.

Il s’agit désormais de savoir s’il s’agit de décès liés à des causes naturelles, ce qui paraît peu probable, ou bien des conséquences directes d’une contamination.

mexique02092014-1Lors d’une conférence de presse, Magdalena Ruiz Mejía a affirmé « le phénomène est grave et nous agissons en conséquence ». Dans un communiqué paru dimanche, les autorités ont rappelé qu’il s’agissait du quatrième événement de ce genre enregistré dans ce même lac pour l’année 2014. Pour la Semadet, « ces faits n’ont pas une origine naturelle ni cyclique » c’est pourquoi il s’agit d’effectuer « des études rigoureuses ».

Des prélèvements d’eau ont été effectués et les poissons vont être analysés par la CEA pour préciser les raisons de cette catastrophe, ce sinistre dans le lac intervient alors que les autorités fédérales et locales surveillent dans l’État de Sonora, (dans le nord du pays), la contamination de plusieurs cours d’eau en raison du déversement de substances toxiques en provenance d’une mine de cuivre. Cet incident écologique a ouvert un débat public sur la prévention des cours d’eau de toute forme de pollution, une volonté qui nécessite dès lors la surveillance des activités productives dans les régions concernées.

Depuis le premier incident similaire survenu dans le lac, l‘Instituto Jalisciense de Ciencias Forenses (IJCF) attribue la mort des poissons au manque d’oxygène dans l’eau. De leur côté, les pêcheurs ainsi que les agriculteurs de la région affirment que cette situation s’explique par la contamination du lac par le déversement des eaux usées rejetées par une usine,  ainsi que les déchets industriels de plusieurs entreprises siégeant dans la région.

Pour Vania Sotomayor, représentante de 150 exploitants agricoles travaillant au sein d’une coopérative, la zone est tout simplement polluée « nous avons réalisé des études avec l’université de Guadalajara et tout l’environnement est contaminé ».

mexique02092014-2Le lac de Cajititlán est placé en état d’urgence environnementale, la mobilisation reste constante, les pêcheurs locaux et les brigades de la Semadet se chargent d’évacuer les poissons morts. Le personnel du secrétariat à la santé a déterminé un périmètre de sécurité pour éviter que la population approche de la zone de travail, hier lundi 1er septembre des travaux ont débuté dès 7 h du matin et se sont poursuivis jusqu’à 12:00, ils ont permis d’extraire près de 53 t de poissons morts qui ont été redirigés vers le site de dépôt final. Selon les rapports émis par les autorités municipales, tous les poissons morts appartiennent à l’espèce connue sous le nom de popocha, on les retrouve également dans le lac de Chapala.

Le Dr Manuel Guzmán Arroyo, Directeur de l’Institut de Limnologie de l’Université de Guadalajara, a déclaré à l’Associated Press qu’il s’agit d’un problème provoqué par le niveau du lac, il serait trop bas pour couvrir les besoins en oxygène des poissons.

« Le lac connaît des problèmes, car il n’y a pas assez d’eau. Une forte tempête peut remuer le fond et les sédiments s’élèvent, l’oxygène est appauvri dans l’eau », a déclaré Guzman ajoutant « on a eu des faits similaires dans le passé, du petit tremblement de terre au gros coup de vent qui peut réduire le niveau d’oxygène ».

mexique02092014-3Selon l’expert, autour du lac il y a quelques lotissements de luxe et des petites villes, mais pas une industrialisation importante ou encore une exploitation agricole d’envergure susceptible de produire de fortes quantités d’engrais, quant à la pêche, elle se pratiquerait de façon raisonnée.

Des installations destinées à la pratique de sports aquatiques sont également pointées du doigt, car elles nécessitent de puiser l’eau du lac.