Une pyramide circulaire datant de plus de 2000 ans a été découverte dans la municipalité de Mairana située dans le département bolivien de Santa Cruz, une révélation faite par l’archéologue Danilo Drakit. Le coordinateur du projet d’archéologie du gouvernement de Santa Cruz a souligné que la pyramide mise au jour à l’aide de relevés topographiques se trouve à proximité du Fort de Samaipata, inscrit au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO.

Pyramide circulaire de Guachimontones similaire à celle découverte en Bolivie
Pyramide circulaire de Guachimontones similaire à celle découverte en Bolivie

« La pyramide se compose de trois corps circulaires, et possède cinq entrées, la principale se situe en direction du sud et comprend 2 ha de surface de plancher », a affirmé le responsable des fouilles. Le scientifique a également souligné qu’il ne s’agit pas « d’une pyramide faite en pierre, mais d’une petite colline qui a été abaissée et façonnée avec des murs de contention pour en obtenir la forme étagée d’une pyramide circulaire » précisant « ce système de construction a déjà pu être repéré en Amérique centrale et au Pérou ». Danilo Drakic a expliqué qu’au regard de son expérience d’archéologue acquise au Mexique, il a pu distinguer l’apparence d’une pyramide circulaire dans la région amazonienne, à 130 km à l’ouest de la ville de Santa Cruz de la Sierra.

Selon les premières hypothèses, elle aurait pu être construite par des cultures amazoniennes il y a 2000 ou 2500 ans, un paramètre qui a d’ores et déjà été appliqué à des constructions similaires découvertes au Pérou et au Mexique. Lors d’une conférence de presse, le scientifique a également expliqué que cela faisait deux ans que son équipe faisait des recherches sur ce site archéologique. Cette découverte est accompagnée de la mise au jour d’artefacts comme des restes de céramique telle que des mortiers pour moudre les grains. L’archéologue a souligné que la quasi-totalité de la pyramide pourrait être visible d’ici la fin de l’année 2015 après les travaux d’excavation.

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Fort de Samaipata

Le projet a dû être provisoirement suspendu en raison du début de la saison des pluies, le travail des scientifiques reprendra au début de l’année prochaine avec la participation de 20 à 30 personnes. La ville de Mairana se situe à 137 km de la capitale du département de Santa Cruz et se caractérise par sa topographie montagneuse, entrecoupée de vallées et de plaines, où les visiteurs peuvent apprécier des formations de roches volcaniques. Cette pyramide circulaire à 3 niveaux possède un diamètre à sa base de 180 m et une hauteur de près de 14 m, il s’agit pour le moment de la première découverte de ce genre sur le sol bolivien. Les archéologues espèrent mettre au jour une centaine de sites précolombiens dans la région dans le cadre de leur projet de fouilles au niveau régional.

Cette nouvelle découverte (une construction qui pourrait être d’ailleurs reliée au Fort de Samaipata et à d’autres sites de la vallée) ajoute de la valeur au patrimoine de la région déjà marqué par le site archéologique du Fort de Samaipata, situé dans la province de Florida, dans le département de Santa Cruz. Un lieu qui intègre deux éléments parfaitement identifiés : la colline, qui, avec ses multiples gravures,pourrait avoir fait office de centre cérémoniel, et la zone au sud de la colline, qui constituait le quartier administratif et résidentiel et celui de l’administration politique. Le lieu a été peuplé et usité comme centre rituel et résidentiel par des intégrants de la culture mojocoya dès 300 apr. J.-C. et c’est durant cette période que ses habitants ont commencé à y sculpter les rochers. Les Incas, qui s’installèrent au XIVe siècle, en firent une capitale provinciale, ce bolivie13112014-4sont des vestiges révélés par des fouilles qui ont permis d’affirmer leur présence, comme la large place centrale bordée par ses monuments publics et l’aménagement de terrasses agricoles sur les collines alentours qui sont tout à fait emblématiques de ce type d’habitat inca.

La cité était alors un bastion contre les incursions de Chiriguanos hostiles qui peuplaient la région du Chaco vers 1520. La situation géographique privilégiée du site, qui avait retenu l’attention des Incas, séduisit aussi les Espagnols. Les tristement célèbres mines d’argent du Cerro Rico de Potosí commencèrent à être exploitées en 1545, et l’implantation coloniale de Samaipata est devenue alors un important relais sur la route menant d’Asunción et de Santa Cruz aux centres coloniaux des Hautes Andes, comme La Plata (maintenant appelée Sucre), Cochabamba et Potosí.

Drakit a mentionné que toute la zone des vallées de Santra Cruz regorge de vestiges d’anciennes civilisations préhispaniques qu’il faut mettre au jour et étudier.

(Aline Timbert)