Plus de 120 000 ha de forêts naturelles ont été détruits durant l’année 2013 en Colombie, il s’agit néanmoins du chiffre le plus bas enregistré ces 15 dernières années. La région amazonienne est l’une des plus critiques, à elle seule, elle enregistre 57 % de la déforestation nationale, des chiffres dévoilés dans un rapport officiel de l’Ideam (Instituto de Hidrología, Meteorología y Estudios Ambientales de Colombia).

peroucolombie17112014-2Les zones critiques sont identifiées comme l’Amazonie, mais aussi la région andine avec un taux de 22 %. Les zones de Caquetá, Meta et Antioquia réunissent à elles seules 52,7 % de la déforestation nationale : « Avec ce rapport annuel, nous pouvons identifier et prendre des décisions plus rapides contre les activités qui affectent la préservation des forêts, comme la coupe illégale et les activités minières clandestines ou encore les activités agricoles et les incendies volontaires », a affirmé le ministre de l’Environnement, Gabriel Vallejo López.
Néanmoins, les engagements pris en faveur de la préservation de la selva semblent porter leurs fruits puisque « ce taux de déforestation est inférieur aux moyennes annuelles enregistrées ces 15 dernières années ».
Le ministre a ajouté que l’objectif principal était « de limiter la déforestation en Amazonie, là même où les autorités doivent entreprendre un grand travail intersectoriel de concert avec la société civile, le secteur privé et le soutien de la communauté internationale ». Il a souligné l’augmentation de la fragmentation de la forêt tropicale en Amazonie « qui joue une fonction de connectivité écologique entre les parcelles de bois naturel et la cordillère orientale dans le parc national naturel La Macarena ».

Une grande partie de la déforestation est engendrée par les activités minières illégales, particulièrement dans les départements de Chocó, Antioquia, Vichada et Guainía « où le gouvernement a entrepris un plan d’action immédiat impliquant les autorités environnementales et la police ».
« Grâce à l’augmentation et à l’amélioration des capacités techniques et scientifiques de l’Ideam, pour la première fois dans l’histoire de l’observation forestière du pays, la Colombie compte sur un chiffre annuel de déforestation », a déclaré le fonctionnaire.
Le rapport signale que les foyers de taille illégale se concentrent dans les zones clés pour la biodiversité du pays.
Selon des statistiques officielles, entre 2000 et 2005, le pays sud-américain a enregistré un taux de déforestation de 315 000 ha à l’année, un chiffre qui avait chuté à 238 361 hectares par an entre 2006 et 2010. Dans le cadre de l’initiative globale 20-20, la Colombie cherche à restaurer 20 millions d’hectares de forêts avant l’année 2020. Près de 100 millions de dollars ont été consacrés à des programmes de reboisement, principalement l’Amazonie, dont 64 millions de dollars ont été financés par la Norvège et l’Allemagne.

peroucolombie17112014-3« Actuellement, nous favorisons la mise en œuvre de la Vision Amazonie, avec des contributions de la Norvège et de l’Allemagne à hauteur de 64 millions de dollars pour réduire la déforestation dans la région, y compris à Caqueta et Guaviare, et nous espérons compléter les ressources du fonds GEF (Global Environmental Fund) par des projets régionaux comme Corazón Amazonía, qui bénéficie d’un soutien national de 30 millions de dollars et par d’autres contributions globales pour 10 millions de plus », a déclaré le ministre Vallejo.

Par ailleurs, récemment le président colombien Juan Manuel Santos et son homologue péruvien Ollanta Humala ont inauguré, le 30 septembre, le premier Cabinet binational entre leurs deux pays, lors d’un événement célébré à Iquitos, ville amazonienne du Pérou. Les deux pays sud-américains ont décidé d’unir, entre autres, leurs forces pour réaliser des actions et des activités communes visant à contribuer à la conservation, la prévention et le contrôle des ressources forestières en particulier dans la zone frontière, la Zona de Integración Fronteriza (ZIF) :
« Cet accord a pour objectif l’établissement de liens interinstitutionnels de coordination et de coopération mutuelle entre les deux entités (OSINFOR et MINAMBIENTE) dans le but de contribuer à la conservation, à la préservation, au contrôle et à la surveillance des ressources forestières et de la faune sylvestre au moyen d’échange d’expériences et d’informations dans le cadre du domaine de compétence institutionnelle et des effectifs de police nationale de chaque pays ».

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Ollanta Humala et Juan Manuel Santos réunis à Iquitos

L’Amazonie péruvienne s’étend sur 78 282 060 hectares dont 1 415 595 hectares ont été déforestés ces dernières années, 25 % des zones sacrifiées illégalement se situaient en Territoires indigènes et Zones naturelles protégées. C’est le constat établi par l’Instituto del Bien Común (IBC) dans le rapport Mapa Amazonía Peruana 2014.
« La conservation des forêts amazoniennes au Pérou requiert des efforts pour améliorer la gestion des territoires indigènes et zones protégées s’articulant autour d’initiatives qui cherchent un changement de paradigme dans le modèle de développement national », a informé Richard Smith, directeur exécutif de l’IBC.

Le territoire de l’Amazonie péruvienne est recouvert sur 23 % de sa surface par des territoires indigènes et 20 % de zones protégées, dont 4 % de territoires communs.

(Aline Timbert)