La saison pluvieuse, qui s’abat actuellement en Bolivie, a fait 18 200 familles sinistrées, ce sont 73 municipalités qui sont placées en situation d’urgence au vu des dégâts occasionnés par les inondations dans différentes localités. Le nombre de victimes s’élève à 25 personnes après la mort récente d’une femme emportée par un glissement de terrain causé par les fortes pluies enregistrées dans la municipalité minière de Huanuni, dans la région andine d’Oruro.

bolivie26022015-1Le vice-ministre de la Défense, Óscar Cabrera a souligné que le nombre de sinistrées pourrait encore augmenter au vu des crues impressionnantes enregistrées en particulier dans les régions andino-amazoniennes. Des localités comme La Paz (ouest), Santa Cruz (centre-est), Chuquisaca (sud), Potosí (sud-ouest), Oruro (ouest), Cochabamba (centre) et Pando (nord) sont particulièrement frappés par ces pluies dévastatrices qui entraînent de fortes inondations et des des glissements de terrain.
Mardi, le gouvernement bolivien a distribué une aide humanitaire à plus de 800 familles touchées par les précipitations dévastatrices dans le département de Pando, le vice-président de ce pays sud-américain Álvaro García Linera, a souligné que les habitants sinistrés allaient recevoir de la nourriture, des lits et différents produits de première nécessité « préoccupés par la situation et aujourd’hui particulièrement préoccupés par Pando nous avons apporté des aliments, 3,8 t qui s’ajoutent aux 12 t de nourriture, aux lits de camp et autres vivres », une information relayée par l’agence bolivienne d’information. Le ministre de la Défense et le vice-ministre de la Défense civile ont supervisé les opérations de secours mises en place dans le département de Pando.

Le gouvernement de ce pays habitué aux conséquences désastreuses des intempéries saisonnières se prépare dès aujourd’hui à évaluer les dégâts occasionnés à la crue du fleuve Acre qui se situe dans le département de Pando et à identifier des zones où pourront être relogés rapidement quelque 500 familles sinistrées de Cobija (sur les 5000 sinistrés enregistrés).

« Les maisons qui sont situées dans les quartiers de Mapajo Bajo, Filadelfia, Catarata, Junín et Puerto Alto ne seront pas réhabilitées, car elles font face de façon récurrente à ces inondations » , a confirmé le maire de la ville de Cobija, capitale du département de Pando.

Les autorités locales et les responsables à l’urbanisme doivent procéder à des actions permettant le nettoyage après que le niveau de l’eau ait commencé à redescendre (le rio Acre a atteint 15 m de hauteur). Des informations préliminaires indiquent qu’il faudra au moins 800 maisons sur les zones hautes de Cobija pour plus de 1000 familles. Il s’agit également de veiller à l’état sanitaire de la population en proposant des kits permettant de rendre l’eau potable, comme l’utilisation de filtres ou de pastilles, des actions de fumigation dans les abris sont également prévues pour éviter les virus transmis par les moustiques comme la dengue et le chikungunya.

« La pluie nuit énormément, car elle affecte les cycles de fumigation prévus, ils doivent avoir lieu tous les trois à cinq jours et dans ces conditions c’est impossible à réaliser. Le pire c’est que l’eau de pluie s’accumule et favorise la multiplication des foyers de moustiques », a affirmé le chef du service épidémiologique du département de Santa Cruz, Roberto Tórrez au journal « El Deber ».
Dans la région de Pando, 35 médecins déployés en urgence ont pu venir en aide à des patients atteints de maladies respiratoires, de diarrhées et d’infections de la peau.
C’est vendredi que le niveau de l’Acre a commencé à augmenter de façon inquiétante, son bassin occupe 3 % du département de Pando avec une superficie de 1776 km².

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Óscar Cabrera

Les classes ont été suspendues pendant une semaine à Cobija, le vice-ministre du Développement rural, a affirmé lundi que les pluies ont touché près de 14 000 ha de zones agricoles dans les zones de La Paz, Cochabamba, Santa Cruz, Potosí et Chuquisaca, cependant il a assuré qu’il n’y aurait pas de problème d’approvisionnement en produits de première nécessité.

De fortes pluies devront encore être enregistrées dans le pays durant au moins 15 jours. En Bolivie, la période des pluies s’étend généralement du mois de décembre mois de mars, les mois les plus critiques sont décembre, janvier et février, l’amélioration des conditions météorologiques est donc donc attendue pour le mois de mars. L’année 2014 a été l’une des plus dévastatrices de ces dernières décennies, 60 personnes ont perdu la vie et près de 60 000 familles ont été sinistrées, des intempéries qui ont engendré de fortes pertes dans le secteur agricole.

bolivie26022015-3Depuis dimanche 22 février, le gouvernement bolivien a distribué 15 t d’aide humanitaire aux sinistrés, des vêtements, de la nourriture, des produits d’hygiène… Les inondations compliquent bien évidemment la venue des secours par voie terrestre, c’est donc par la voie aérienne que l’aide est apportée. Le vice-ministre de la Défense civile,  Óscar Cabrera, a annoncé l’envoi d’un avion hercules chargé d’aide à Cobija. Les FFAA (forces armées de Bolivie) ont mis à disposition deux hélicoptères pour aider les habitants des zones rurales qui se retrouvent en situation d’isolement.