Au Chili, le volcan Villarrica, considéré comme le plus actif du pays, est entré en éruption hier, mardi 3 mars, rendant nécessaire l’évacuation de près de 4000 habitants et touristes qui se trouvaient à proximité du colosse. Le cône volcanique a explosé à 3 h 01 ( 6 h 01 GMT) aussitôt le plan de secours, mis au point depuis le 6 février dernier au vu de l’augmentation de l’activité enregistrée ces dernières semaines, a été déclenché. Aucune victime n’est à déplorer, en 3 heures ce sont près de 4000 personnes qui ont évacué la zone d’éruption dans les municipalités de Pucón, Villarrica et Panguipulli, des informations données par le ministère de l’Intérieur.

L’alerte rouge a été déclenchée sur un périmètre de 10 km autour du cratère pendant les premières 24 h, l’alerte jaune concerne une zone plus étendue, les classes ont été suspendues dans plusieurs localités et le volcan agité situé dans le sud du Chili, dans la région d’Araucanie, bénéficie d’un monitoring constant pour enregistrer les variations de son activité.

La présidente chilienne, Michelle Bachelet, a aussitôt fait le déplacement sur zone et a rassuré la population en appelant au calme et à la stricte observation des instructions données par les autorités « tous les recours humains et techniques sont à la disposition de cette urgence », a affirmé la chef de l’État.

Elle a ainsi d’ores et déjà annoncé un décret d’urgence agricole dans cette région en raison des dommages causés sur les cultures directement liées à la projection de cendres :

« La décision a été prise pour faire face aux projections de cendres du volcan, qui peuvent atteindre les animaux, mais aussi les champs de culture, un facteur qui s’ajoute à la sécheresse prolongée qui affecte la région, la mise en place du décret d’urgence agricole va permettre de débloquer davantage de moyens », tels ont été les mots prononcés par la dirigeante socialiste. Elle a également souligné avoir eu un entretien avec les autorités régionales pour discuter des modalités d’évacuation si elle devait « être massive et rapide ».

chili04032015-1Le volcan Villarrica est situé à 2847 m d’altitude au-dessus du niveau de la mer, à 780 km au sud de Santiago, il s’élève dans une zone riche en lacs, en montagnes, en sources chaudes, un cadre naturel privilégié qui attire chaque année des milliers de touristes.

Les spécialistes ont signalé que le volcan se trouve en éruption strombolienne « faible et intermittente », ce qui induit l’émission d’une colonne éruptive de faible altitude et de faible volume.

« Le processus éruptif se manifeste par l’émission d’un grand volume de matériel à l’intérieur du volcan, composé d’une colonne de cendres et de matériel particulier qui atteint des hauteurs d’environ 3 km », ont précisé les experts du Service national de géologie et des mines.

Le volcan chilien en question fait partie des quatre volcans les plus actifs du continent sud-américain, le Chili possède la seconde chaîne volcanique la plus grande et la plus active au monde après l’Indonésie. Le volcan Villarrica possède un cratère de 200 m de diamètre et la dernière fois qu’il est entré en activité, c’était il y a 15 ans, sa plus forte éruption remonte à l’année 1984.


(vidéo du 4 mars 2015)

Selon le responsable du réseau de surveillance des volcans chiliens, Luis Lara, l’indice d’explosivité volcanique a été située à deux sur une échelle allant de zéro à huit, « il s’agit d’une éruption assez intense, mais de courte durée. Nous sommes fondamentalement devant une petite éruption », a-t-il précisé. Il a ajouté que l’éruption du volcan Caulle-Puyehue en 2011 avait produit des colonnes de cendres bien plus impressionnantes et préjudiciables.

Au vu de son activité, l’alerte rouge a néanmoins été décrétée sur un périmètre de 10 km autour du cratère, au-delà de cette zone de sécurité, l’alerte jaune a été déclarée, les habitants concernés ont donc pu regagner leurs habitations pour la grande majorité d’entre eux. « Quelques familles demeurent isolées en raison de la chute d’un pont » a précisé la présidente lors de son allocution précisant qu’elles avaient pu être contactées et que tout allait bien.

« Le niveau de l’activité sismique continue de diminuer aux niveaux observés précédemment (avant mardi). En outre, l’activité éruptive n’a pas réapparu et seules quelques émissions gaz ont eu lieu », a déclaré ces dernières heures Ricardo Toro, chef du Bureau national d’urgence (Onemi)

« Le volcan est calme maintenant, très calme », a lancé aux médias Edward Reilley, un touriste qui se trouve dans la ville de Villarrica.

« Le processus d’évacuation des zones passées en alerte rouge est maintenu. SERNAGEOMIN (Service national de géologie et des mines) évalue la situation des glissements de terrain potentiels, en raison de la fonte des neiges sur le cône volcanique », a affirmé le ministre de l’Intérieur Rodrigo Peñailillo.

La présidente Michelle Bachelet est malheureusement habituée à gérer tout type de catastrophe sur un territoire à fort risque sismique et volcanique. On se souvient que, lors de son premier mandat, le 27 février 2010, un terrible séisme de magnitude 8,8 avait secoué le pays, s’en était suivi un tsunami, plus de 500 personnes avaient alors perdu la vie.

(Aline Timbert)