La cité mythique connue sous le nom de Ciudad Blanca (« Cité blanche » ou encore « Cité du Dieu singe ») a-t-elle été découverte au sein de la dense forêt de La Mosquitia, en Amérique centrale ?

Une chose est certaine, une équipe de scientifiques, formée par des chercheurs américains et honduriens, a mis au jour une cité abandonnée au cœur de la luxuriante forêt tropicale. Des places, des monticules et une pyramide de terre appartenant à une culture inconnue ayant peuplé la zone il y a 1000 ans ont été découverts dans cette zone très difficile d’accès, qui selon les premières expertises, n’a accueilli aucune présence humaine depuis au moins 600 ans !

honduras05032015-1Les chercheurs se montrent prudents et ne prétendent pas avoir découvert la fameuse « Cité blanche », cependant il ne minimise pas le caractère extraordinaire et unique de cette mise au jour qui permet d’affirmer qu’une civilisation a peuplé la région il y a plusieurs siècles de cela, le directeur de l’Institut hondurien d’anthropologie et d’histoire, Virgilio Paredes, a affirmé : « Nous sommes en train de parler d’un lieu qui, nous avons pu le constater, n’a pas été visité par un être humain depuis 600 ans. C’est un lieu où les spécialistes de cet environnement luxuriant ignoraient qu’un site aussi préservé pouvait exister. On a pu constater la réaction des singes lorsqu’ils nous ont aperçus, ils n’avaient jamais vu un être humain auparavant ». D’après le scientifique, cette expédition menée conjointement avec l’université de l’État du Colorado aux États-Unis est une preuve suffisante de l’existence d’une cité perdue, et d’une culture jusqu’alors inconnue.

« Nous sommes en train de parler d’un lieu peuplé il y a environ 1200 ans après Jésus-Christ. On ignore s’il s’agit de la Ciudad Blanca, ciudad de los monos ou ciudad perdida, cela demande une expertise approfondie. C’est une zone immense, le site comprend des vestiges comme des pyramides en terre, des places, des sculptures en pierre, nous sommes définitivement en présence d’une ancienne civilisation ».

Cette découverte aussi impressionnante que mystérieuse fait l’objet d’un reportage dans la prestigieuse revue National Geographic, des photos de cette aventure ô combien passionnante sont proposées, mais comme le précise le scientifique il s’agit d’un bref aperçu de ce qu’ils ont pu constater sur place.

Christopher Fisher, un archéologue de l’université d’État du Colorado parle d’une découverte incroyable et rare « cet environnement préservé est unique ». 52 pièces archéologiques ont été dévoilées dont des vases décorés avec des serpents et des figures zoomorphes. L’objet le plus significatif retrouvé sur place est une tête sculptée qui pourrait représenter « un jaguar », l’artefact pourrait être ainsi relié aux cultures préhispaniques qui ont peuplé la région Méso-Amérique.

Les vestiges ont été identifiés pour la toute première fois au mois de mai 2012 lors d’une reconnaissance aérienne sur cette zone très vaste de La Mosquitia. « Pendant 100 ans, des explorateurs et des chercheurs d’or ont parlé des murs blancs d’une cité perdue qui pouvaient être vus au-dessus du feuillage de la selva. Des mythes indigènes évoquent une maison blanche ou encore un lieu en cacao où les natifs se sont réfugiés à l’arrivée des conquistadors espagnols, une sorte d’Éden mystique, le paradis dont on ne revient pas ».

Pour inspecter la zone, le Honduras a pu compter sur le soutien du centre de cartographie laser Airborne de l’université de Boston qui a fourni un scanner d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Les archéologues ont alors gardé le secret quant à cette découverte pour éviter tout pillage avant de reprendre les investigations en catimini.

Virgilio Paredes a confié en interview que la localisation du site au coeur d’une nature quasiment impénétrable le protégeait de toute intrusion « il est impossible d’arriver sur ce site. Vous pouvez pénétrer la région et ne pas le trouver. Les forces armées du Honduras contrôlent l’espace aérien, si quelqu’un essaie de pénétrer avec un hélicoptère, c’est impossible, il sera détecté. La nature même protège la zone et les forces aériennes feront également ».

L’environnement est si luxuriant que les scientifiques ont pu seulement parcourir deux kilomètres en neuf jours d’exploration, « il est très difficile d’avancer sur ce terrain », a-t-il ajouté.

A la question posée lors de son interview avec le journal La Prensa « comment êtes-vous arrivés sur la zone sécrète de La Mosquitia ? », il répond :

« Ce fut un travail planifié pendant trois ans. Une organisation de neuf jours à laquelle ont participé des anthropologues, des biologistes,  le directeur du secteur archéologie de l’IHAH,  et moi-même en tant que représentant du gouvernement, en plus des 13 militaires des forces armées du Honduras. Au-delà de l’aspect archéologique, on parle d’un endroit qui n’a pas été fréquenté par l’Homme pendant 600 ans. C’est une zone vierge, et les spécialistes ne croyaient pas en son existence… ».

Il a également affirmé lors de son interview « il y a des sites archéologiques sur toute la zone de la Mosquitia, mais cette cité immense n’était pas enregistrée. On l’a repérée il y a trois ans lorsque l’on a identifié le point géographique au moyen d’un satellite […] Nous avions la carte et nous avons dès lors organisé l’expédition. Arriver sur place a été très compliqué, ce sont les militaires qui ont dû pénétrer la zone en premier pour mettre en place un héliport temporaire ».

Virgilio Paredes Trapero, alerte l’opinion publique « si nous ne faisons rien dans l’immédiat, la plus grande partie de cette forêt et de la vallée auront disparu dans les 8 prochaines années », la déforestation galopante menace la survivance de ces lieux encore ignorés des spécialistes et du public. Il a ajouté « Le gouvernement hondurien souhaite protéger ce site, mais n’a pas les moyens nécessaires. Nous avons d’urgence besoin d’une aide internationale ».

Selon le National Geographic, cette découverte pourrait être la plus importante du début du XXIe siècle. Depuis le début du XXe siècle, différentes expéditions ont eu pour but de mettre à jour la Ciudad Blanca. L’explorateur Theodore Morde fut l’un d’eux en 1940 avec l’aval du National Museum of the American Indian).

Actu Latino vous invite à découvrir les images exclusives de cette découverte qui réveille notre imaginaire en consultant la page du National Geografic http://news-beta.nationalgeographic.com/2015/03/150302-honduras-lost-city-monkey-god-maya-ancient-archaeology/#

(Aline Timbert)