Une opération de police menée conjointement par les forces de l’ordre équatoriennes et péruviennes a permis le démantèlement de deux bandes organisées d’envergure internationale qui se consacraient au trafic d’êtres humains (‘Punto 40’ et ‘Los Chullos’). Lors de cette opération, 200 femmes d’origine équatorienne, dont deux mineurs, contraintes à la prostitution, ont pu être libérées sur le territoire péruvien, une opération policière qui a rendu possible la mise en détention de 15 individus.

Les enquêtes sur cette filière ont commencé le 15 juillet 2014 à Lima, capitale du Pérou, et grâce à différentes missions de renseignement et aux témoignages de citoyens, les policiers ont pu cibler la présence illégale de 200 femmes équatoriennes victimes « d’exploitation sexuelle », une libération rendue officielle mercredi 4 mars par le vice-ministre de l’Intérieur équatorien, Diego Funtes.

perouequateur06032015-1« Nous avons pu établir la présence d’environ 200 femmes en situation de vulnérabilité, et nous avons coordonné avec la police péruvienne la mise en place d’équipes d’interventions péruviennes et équatoriennes », a expliqué le haut fonctionnaire. Il a ajouté lors de son allocution que, parmi les victimes, il fallait mentionner le cas de deux mineures, l’une d’elles avait été signalée comme disparue en 2012 en Équateur.

Cette opération policière nommée « Liberté » (« Libertad ») a permis l’arrestation de 15 personnes qui seront jugées sur le territoire péruvien : cinq personnes d’origine équatorienne devront répondre du chef d’accusation de traite d’êtres humains et d’exploitation sexuelle, tandis que 10 individus d’origine péruvienne sont accusés de proxénétisme et d’incitation à la prostitution.

(photo archive 2012) Victimes d'exploitation sexuelle au Pérou
(photo archive 2012) Victimes d’exploitation sexuelle au Pérou

D’après les enquêtes menées, ces femmes étaient ‘recrutées’ sur les réseaux sociaux « au moyen d’opérations de séduction et de manipulation », on leur promettait la plupart du temps de bonnes perspectives de travail et une meilleure qualité de vie, elles étaient ensuite conduites vers la ville de Callao, au nord du Pérou. Cette organisation criminelle était chargée de coordonner le trafic des femmes jusqu’au territoire péruvien. Les femmes enlevées étaient alors recluses de force dans des hôtels de Lima, puis elles étaient amenées par transport privé dans des maisons closes.

Les autorités pensent avoir intégralement démantelé ce réseau sordide, mais la vigilance reste de mise afin de mettre au jour d’autres réseaux potentiels agissant de la sorte.

Selon Fuentes, trois employés administratifs de l’État civil ont également été écroués pour falsification de documents, l’attribution de faux papiers permettant aux femmes concernées de quitter le territoire équatorien.

Le leader de l’organisation « Punto 40 », Luis Alberto G. recherché par Interpol pour assassinat, a été arrêté en Colombie quelques jours avant l’opération menée au Pérou, il faisait partie de la liste de criminels les plus recherchés en Équateur, il a été interpellé le 2 mars dans le département de Nariño (sud-ouest de la Colombie).

Ce sont au total 26 personnes impliquées dans ce trafic qui ont été arrêtées lors du coup de filet « Libertad », un nom qui pour ces 200 captives a pris tout son sens.

(Aline Timbert)