Les fortes précipitations qui, ces derniers jours, frappent la zone habituellement aride du nord du Chili, Atacama, a provoqué d’impressionnantes inondations, mais aussi des glissements de terrain, des intempéries qui ont fait au moins sept morts et dix-neuf disparus selon un dernier bilan révélé par le gouvernement.
« Le nombre total de sinistrés dans la zone d’Antofagasta est de 496 personnes et de 4100 à Atacama », a signalé le sous-secrétaire au ministère de l’Intérieur, Mahmud Aleuy. Les images de la catastrophe sont éloquentes en particulier dans les communautés de Chañaral, El Salado, Diego de Almagro, Tierra Amarilla et Copiapó dans la région d’Atacama connue pour son extrême aridité, les rues sont devenues des rivières, et l’eau emporte tout sur son passage.
L’État d’exception constitutionnelle pour catastrophe a été décrété par la présidente de la République Michelle Bachelet, et les forces militaires sont depuis déployées dans les régions concernées.

chili27032015-1678 t de matériel et d’aliments ont été envoyées sur place pour répondre à l’urgence humanitaire et l’aide internationale ne s’est pas fait attendre avec le soutien, en particulier, des États-Unis et du Japon.
La chef de l’État s’est rendue sur place pour constater les dégâts et elle a souligné que le plus important était de venir en aide aux sinistrés, les pluies tombées sont bien supérieures aux moyennes enregistrées à cette époque de l’année dans la région. D’ailleurs, c’est la sécheresse qui prédominait jusqu’alors, ces précipitations n’étaient pas attendues et ont surpris tout le monde au vu de leur intensité inhabituelle.
Les météorologues ont signalé que cette année les précipitations devraient être au-dessus de la normale dans une grande partie du pays en raison de l’activité du phénomène El Niño qui induit une augmentation des températures de l’océan Pacifique.
La région nord du Chili est connue pour ses nombreuses mines de cuivre, les plus importantes au monde, les intempéries ont bouleversé le cours des activités.

Des dizaines d’hélicoptères ont été déployés pour les opérations de secours menées dans la région d’Atacama qui se situe à environ 800 km au nord de la capitale Santiago. Les autorités chiliennes ont annoncé la mise en place d’un pont aérien pour l’envoi d’effectifs de secours, parmi lesquels des pompiers, des policiers, mais aussi les militaires. Dans la ville de Copiapó où résident environ 160 000 personnes, une grande partie de la population est partiellement isolée, et 500 personnes ont rejoint des abris d’urgence tandis que dans la ville d’Antofagasta, capitale régionale, environ 600 personnes ont été prises en charge. Le Chili n’avait pas connu d’intempéries aussi graves depuis 18 ans.

Devant l’ampleur de la catastrophe, la présidente de la République a demandé de ne pas pratiquer d’inflation sur les produits de base et a fait appel à la solidarité à l’entraide pour faire face au désastre.

(vidéo du 26/03/2015)

Un incendie très difficile à contrôler en Araucanie

Décidément, le sort semble s’acharner au Chili puisqu’un incendie ravage depuis plusieurs jours des hectares de forêt au sein de la « Reserva Nacional China Muerta », « Reserva Nacional Nalca Lolco » et le « Parque Nacional Conguillío, les flammes ont déjà touché 6204 hectares. Les autorités ont pris la décision devant l’ampleur des dégâts de déclarer l’alerte rouge pour réunir tous les moyens possibles pour faire à la progression du feu.

Des températures au-dessus de 30°, inhabituelles à cette époque de l’année au sud du Chili cette fois, et des vents de plus de 50 km/h rendent le travail à des pompiers extrêmement difficile, des conditions météorologiques défavorables qui compliquent la tâche des secouristes. Le Chili a fait appel à l’aide étrangère pour éradiquer l’incendie, des pompiers brésiliens et uruguayens ont ainsi rejoint les équipes locales pour s’affairer dans la région de La Araucanía.
Le feu ravage des zones forestières à la végétation dense et difficile d’accès, des lieux sacrés pour les communautés indigènes mapuches.
200 professionnels appuyés par trois avions et quatre hélicoptères opèrent actuellement pour freiner l’incendie, les feux de forêt sont habituels à cette époque de l’année au Chili, ils sont le fruit d’une sécheresse qui perdure depuis deux ans, l’an passé ce sont 116 000 ha qui sont partis en fumée.

(vidéo du 15/03/2015)

Le volcan Villarrica pourrait connaitre un nouveau processus éruptif

Autre source de préoccupation sur le territoire chilien, le regain d’activité du volcan Villarrica qui retient toute l’attention du service de géologie et des mines du pays sud-américain. Une colonne de fumée s’élevant à 700 m d’altitude émane du cratère depuis plusieurs heures et transporte des cendres à forte température, selon les scientifiques, ces dernières 24 heures le lac de lave située à la surface affiche une température proche de 1000 °C. Le dernier rapport a émis fait mention de « d’une phase de plus grande instabilité qui pourrait évoluer rapidement vers un cycle éruptif aux caractéristiques similaires de celle survenue le 3 mars ».
Le Sernageomin, qui dépend du Ministère des Mines, a décidé, au vu de son comportement, de maintenir l’alerte technique orange et a décrété un périmètre de sécurité de 5 km autour du cratère actif.

Au Chili, le volcan Villarrica, considéré comme le plus actif du pays, est entré en éruption mardi 3 mars, rendant nécessaire l’évacuation de près de 4000 habitants et touristes qui se trouvaient à proximité du colosse. Le volcan chilien en question fait partie des quatre volcans les plus actifs du continent sud-américain, le Chili possède la seconde chaîne volcanique la plus grande et la plus active au monde après l’Indonésie. Le volcan Villarrica possède un cratère de 200 m de diamètre et la dernière fois qu’il est entré en activité, c’était il y a 15 ans, sa plus forte éruption remonte à l’année 1984.

La vigilance est donc plus que jamais de mise, le Chili semble affronter une série noire en matière de catastrophes.