equateur13042015

Un groupe de scientifiques espagnols et équatoriens ont entrepris une expédition dans la partie sud de l’Équateur, dans la région luxuriante des Cerros Mura Nunka afin d’analyser la biodiversité de cette zone finalement peu explorée. En effet, cette région tropicale regorge d’espèces inconnues d’un point de vue scientifique, un patrimoine naturel d’exception menacée par l’empreinte de l’homme avant même qu’il ait pu révélé ses secrets.

L’Amazonie équatorienne se déploie sur plus de 130 000 km², et occupe près de la moitié du territoire national, elle se divise du nord au sud en cinq provinces : Napo, Sucumbio, Pastaza, Morona-Santiago et Zamora-Chinchipe. Le sud de l’Amazonie équatorienne est le territoire des indigènes Shuar, protégé par la forêt dense et les contreforts andins, les Shuar ont conservé une forte vigueur communautaire.

Ce sont 21 chercheurs formés par des botanistes et autres biologistes qui ont pénétré cette zone reculée du monde pour obtenir des informations sur la diversité de la faune et de la flore, un environnement qui compte parmi les plus riches de la planète avec un fort endémisme.
La forêt de Mura Nunka est composée de grandes parois verticales recouvertes de végétation s’élevant jusqu’à 2000 m d’altitude avec des dénivelés de plus de 1000 m, connaître la biodiversité de la région est essentiel pour protéger les espèces rares qui la peuplent et freiner l’extinction de certaines d’entre elles ; la faune, la flore et l’étude plus particulière de plantes, de lichens et de micro-organismes au sol a occupé les chercheurs de l’université espagnole Rey Juan Carlos.

Après neuf jours passés de recherche au cœur de la dense forêt tropicale, l’équipe composée de Isabel Martínez, María Prieto, Luis Cayuela, Marcos Méndez et Adrián Escudero, chercheurs universitaires de l’URJC et les autres membres de l’équipe ont pu récolter près de 2000 échantillons de lichens, 500 de plantes et de nombreux registres de mammifères et d’oiseaux, environ 200 sortes de papillons et mites ainsi qu’un grand nombre d’espèces d’araignées, de coléoptères et d’abeilles, entre autres.

Le sol de la forêt de l’Oriente est le théâtre d’une activité intense, les fourmis sont sur le devant de la scène, et dans les airs, les insectes pullulent représentant 60 % du monde vivant.

Les découvertes scientifiques de ces dernières décennies sur la biodiversité présente dans les ‘Mura Nunka’, région du fleuve Nangaritza montre des résultats extraordinaires, cette zone de la Cordillera del Cóndor (à la frontière entre le Pérou et l’Équateur) est privilégiée, son patrimoine naturel est sans nul doute l’un des plus divers au monde, David Neill de l’université d’état amazonienne avait affirmé « cette région possède avec certitude, plus qu’ailleurs sur Terre, l’une des concentrations les plus importantes de plantes vasculaires encore inconnues d’un point de vue scientifique », lors d’une expédition réalisée en août 2012.
Les natifs Shuar appellent cette partie de l’Équateur « la haute montagne où naissent les eaux«  dans la province de Zamora-Chinchipe, ils respectent les divinités de la nature comme l’esprit des montagnes, des cascades ou encore des fleuves et sont les gardiens de ce biotope d’exception. Les croyances indigènes permettent en effet de préserver l’équilibre naturel, la chasse (tout comme la consommation) de certains animaux est interdite, par exemple les lapins, les cerfs ou encore les hiboux ne peuvent pas être tués, car ils sont l’incarnation des ancêtres.

Pendant leur percée pas vraiment de tout repos dans cet univers verdoyant, moite et accidenté, l’équipe de scientifiques a filmé sa progression dans la forêt tout comme ses découvertes dans un documentaire réalisé par l’Universidad Técnica Particular de Loja, en Équateur.

Pour plus d’informations, consultez le lien suivant http://www.ambiente.gob.ec/wp-content/uploads/downloads/2014/02/eti_84_cerroplateado.pdf