perou11052015

Le Machu Picchu est décidément un site d’exception qui propose à la fois un environnement archéologique unique au cœur des Andes, dans la région de Cusco, au Pérou, mais aussi un environnement naturel d’exception au fort endémisme.

C’est ainsi qu’un groupe de scientifiques composées de deux Péruviens (Luis Mamani et Juan Carlos Chaparro, membres du musée d’histoire naturelle de l’Université nationale San Antonio Abad del Cusco) et une Espagnole (Noemí Goicochea du musée national de sciences naturelles d’Espagne CSIC de España) ont mis au jour une nouvelle espèce de lézard au sein du parc archéologique de l’ancienne citadelle inca, une information dévoilée par le Service national des zones naturelles protégées par l’État (Sernanp).

Le Sernanp a révélé qu’il s’agit d’un nouveau spécimen appartenant au genre Proctoporus (il s’agit d’un genre de sauriens de la famille des Gymnophthalmidae, les espèces de ce genre se rencontrent dans le Nord de l’Amérique du Sud) et qu’il se différencie des autres espèces similaires par sa « combinaison unique de caractères morphométriques, ses écailles et ses caractéristiques au niveau des couleurs ».

Cette espèce évolue dans la région humide de la puna à une altitude située entre 2 760 et 2800 m, il s’agit selon les propres scientifiques « d’écosystèmes uniques qui abritent une diversité biologique caractérisée par son importante singularité et rareté ».
Des écosystèmes privilégiés, mais aussi fragilisés et menacés, les spécialistes incitent les autorités à prendre rapidement des mesures de protection pour faire face au changement climatique, car ces forêts humides des Andes tropicales jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la région, et la faune et la flore dépendent de cet habitat.

Ce lézard inconnu a été baptisé « Lagartija andina de Machu Picchu » c’est-à-dire « lézard andin du Machu Picchu« , cette découverte pour les scientifiques témoigne « de l’importance de promouvoir le développement de recherches et de suivi biologique sur les zones protégées du Pérou pour obtenir des informations actualisées sur l’état de conservation de la diversité et des écosystèmes ». Couvrant une partie de l’aire de transition entre les Hautes Andes et le bassin de l’Amazone, le Sanctuaire historique de Machu Picchu offre une extraordinaire diversité de microclimats, d’habitats et d’espèces de flore et de faune d’un haut degré d’endémisme. Le bien fait partie d’une aire plus vaste considérée unanimement d’importance mondiale pour la préservation de la biodiversité.

Ce bien mixte inscrit depuis 1983 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO couvre 32 592 hectares de pentes montagneuses, de pics et de vallées qui entourent son cœur, le monument archéologique spectaculaire de La Ciudadela (la Citadelle) se situe à plus de 2 400 m d’altitude.
Parmi les espèces protégées, un oiseau emblématique des Andes, à savoir le condor qui malheureusement est de plus en plus menacé, un plan de préservation régionale pour la protection de cet oiseau a été mis en place par le Servicio Nacional Forestal y de Fauna Silvestre (Serfor).
Au Chili, en Argentine, en Bolivie, en Équateur et en Colombie la population de condors a fortement chuté durant ces dernières années, a averti Serfor. Parmi les principales causes de baisse de population, on peut citer l’empoisonnement involontaire lié au contrôle des prédateurs, la capture de condors pour les fêtes traditionnelles, et la vente illégale de plumes.

Cet oiseau est protégé par la Convention sur le Commerce international d’espèces menacées de la Faune et la Flore Sylvestre (CITES) et des plans d’action sont mis en place dans toute la région andine pour veiller à la pérennité de l’espèce. Au Machu Picchu, on retrouve d’ailleurs le temple du condor qui abrite une tête sculptée placée devant des rochers qui évoquent les ailes déployées de l’oiseau, un animal vénéré par les Incas.