perou13052015

Un jeune natif de la communauté Shipetiari de la région de Madre de Dios au Pérou a été tué le 1er mai par une flèche tiré par un groupe d’indigènes isolés appartenant à la communauté Mashco Piro. La victime a reçu le projectile mortel en plein cœur alors qu’il se trouvait dans le district de Manu (à la frontière brésilienne), les villageois étaient sortis pour accomplir quelques tâches lorsque l’attaque a eu lieu, une information donnée par la la Federación Nativa del Río Madre de Dios y Afluentes (Fenamad).

La victime a été identifiée comme Leonardo Pérez Peña, et elle était âgée de 20 ans, ce n’est pas la première fois que des indigènes en situation d’isolement volontaire s’en prennent à des communautés, mais jusque-là les dommages n’étaient que matériels. Les raisons de ce geste violent ne sont pas connues, mais l’accident mortel a bien été reconnu par des représentants au vice-ministère à l’Interculturalité qui ont annoncé le déplacement d’officiels dans la zone de l’attaque pour appréhender la situation et les mesures à prendre.

Le ministère de la Culture a informé dans un communiqué officiel le lundi 4 mai que les Mashco Piro ont attaqué la communauté Shipetiari « Alors qu’ils se sont retrouvés au contact de villageois sur un chemin, ils ont lancé une flèche qui a blessé mortellement un jeune homme dans la poitrine ».

Les Mashco Piro, un groupe de 30 hommes parés de pagnes et d’arcs et de flèches ont été repérés sur les rives de la rivière Madre de Dios, près du village Shipetiari, il s’agissait de leur troisième incursion dans le secteur pour cette année. À la fin de l’année passée, une incursion des Mashco Piro avait rendu nécessaire l’évacuation d’une centaine d’habitants de deux communautés de Madre de Dios, une mesure de précaution adoptée par crainte que les natifs reviennent de façon violente pour s’emparer de machettes, de nourriture et d’outils.

Les Mashco Piro rejettent depuis toujours les étrangers, ils vivent volontairement isolés et se défendent de toute intrusion sur leurs territoires depuis des siècles. La tribu comprendrait environ 600 membres qui évoluent à travers la forêt tropicale, de temps en temps ils construisent des refuges provisoires sur les berges du fleuve où ils s’approvisionnent en oeufs de tortues d’après des experts.

À cet égard , le président de l’Association interethnique de développement de la forêt péruvienne ( AIDESEP ), Henderson Renfigo , a déclaré à l’agence de presse Efe que son organisation exigeait que le gouvernement réponde aux « exigences des peuples autochtones , d’abord pour prévenir et protéger la vie des indigènes isolés ».

« Nous comprenons la réaction de nos frères Mashco Piros qui vivent isolés sur ces territoires , parce qu’ils sont menacés par la présence de bûcherons, de mineurs illégaux, d’exploitants pétroliers entre autres agents externes, dans la région« , a affirmé Rengifo.

Le leader a néanmoins déploré la mort du jeune homme de 20 ans et a averti que « la situation dans la région était grave et qu’il craignait à tout moment des confrontations avec les habitants des communautés et les indigènes isolés ».

La Fédération native du Río Madre de Dios et affluents (Fenamad) avait déjà indiqué lors de l’attaque du 18 décembre 2014 que les indigènes isolés étaient poussés à adopter un comportement radical en raison de l’invasion de leurs propres terres par des trafiquants de bois, ou encore des mineurs clandestins, un trafic en croissance qui menace leur pérennité. On regrette également dans cette région la présence de narcotrafiquants qui agissent clandestinement entre le Pérou et le Brésil via la selva pour faire passer les stupéfiants de l’autre côté de la frontière.

Au mois d’août, la Fenamad dénonçait le fait que les membres de l’ethnie Mashco Piro faisaient l’objet d’une référence dans des packs touristiques organisés en Amazonie péruvienne et qui proposent des approches sur le territoire des indigènes isolés avec les conséquences dramatiques que cela peut avoir. Il n’est pas rare qu’après un premier contact, 50 % des membres d’une communauté perdent la vie victimes de maladies pour lesquelles ils n’ont aucune immunité !

Les Mashco Piro sont un peuple nomade, ils vivent de la pêche et de la chasse. Le ministère de la Culture a recommandé par le passé de ne pas leur donner de nourriture ou encore de vêtements, en interdisant tout contact physique, car pour ces natifs isolés du monde extérieur, le simple virus de la grippe pourrait anéantir leur groupe. Dans le passé, des exemples douloureux témoignent du désastre auquel ils peuvent être confrontés en cas de contamination virale et bactérienne.

Les tensions indigènes pour la lutte de territoires se font de plus en plus récurrentes, conséquences de l’impact négatif des activités humaines sur l’environnement, un habitat naturel qui constitue le fondement même de l’existence des groupes autochtones.