colombie19052015

Lundi 18 mai, le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a déclaré l’état de calamité publique dans la municipalité de Salgar, dans le département de Antioquia, située au nord-ouest du pays sud-américain, en raison d’un glissement de terrain meurtrier qui a fait plus de 60 victimes et plusieurs disparus.

La catastrophe a été causée par l’impressionnante crue de la rivière Liboriana située dans la vallée rurale du même nom, les fortes pluies enregistrées dans la région ces derniers jours ont surchargé en eau le sous-sol, et les habitants de la localité de Las Margaritas ont été frappés par une terrible coulée de boue et de pierres dans la nuit de dimanche à lundi.

Le chef de l’État colombien s’est rendu sur place après la catastrophe et a effectué un survol de la zone accompagné du gouverneur de la région de Antioquia, Sergio Fajardo, et d’autorités locales, c’est alors qu’il a déclaré l’état de calamité publique pour « obtenir la plus grande flexibilité dans le déblocage de secours et d’aides de la Nation et ainsi soutenir les sinistrés ».

Juan Manuel Santos a expliqué que les fortes précipitations ont été à l’origine de différentes montées des eaux et de glissements de terrain, 61 corps ont été récupérés par les secours, et ils vont être identifiés a Medellín « les cadavres doivent être transportés à Medellín, ils ne peuvent pas rester ici, car il n’y a pas les moyens techniques pour les conserver et les identifier, les corps seront remis aux familles pour qu’ils puissent être enterrés, la police et l’Institut médico-légal seront en charge de tout cela », a indiqué le président de la République.

Selon un dernier bilan de l’Unité nationale de gestion des risques, la catastrophe a fait 61 morts, 333 sinistrés parmi lesquels 116 enfants à la recherche d’un abri temporaire.

« Les opérations de recherche et de sauvetage dans la municipalité de Salgar s’intensifient et tout est mis en oeuvre pour que l’aide humanitaire parvienne aux sinistrés le plus vite possible », ont rapidement souligné les autorités. 500 kits d’aide humanitaire doivent être distribués aux familles sinistrées, 25 camions-citernes vont être également dépêchés pour alimenter la communauté dévastée en eau potable.

La maire de la ville située à quelque 523 km au nord-ouest de Bogota, Olga Osorio, a déclaré que « les maisons et les bâtiments qui se trouvaient sur dix kilomètres tout au long de la rivière ont complètement disparu ».

Des images aériennes de la zone sinistrée témoignent de l’ampleur de cette catastrophe naturelle, au milieu de la boue on peut voir de l’électroménager, tout a été remporté avec une violence rare et les habitants ont été surpris pendant leur sommeil sans pouvoir réagir. Le directeur de l’Institut d’hydrologie de météorologie de Colombie, Omar Franco, a d’ores et déjà signalé que les pluies continueraient avec la même intensité dans les prochaines heures, la vigilance est donc plus que jamais de mise.

Des hélicoptères ont été dépêchés sur place après la catastrophe sous les ordres du président pour venir en aide à la population privée d’eau potable, de gaz et d’énergie électrique. Les familles sinistrées recevront en guise d’indemnisation 16 millions de pesos soient une somme d’environ 6620 $ et leurs maisons seront reconstruites via le programme Viviendas Gratis.

Le village sinistré abrite 18 000 habitants il se trouve dans l’une des principales régions productrices de café de Colombie. En novembre 1985, un glissement de terrain avait fait plus de 20 000 victimes dans la municipalité de Armero, dans le département de Tolima, à environ 100 km au nord-ouest de Bogotá.

Pour sa part, le ministre de la Défense Juan Carlos Pinzon, qui s’est rendu à Salgar pour surveiller les opérations de secours sur place, a déclaré que l’opération de sauvetage a nécessité le déploiement de cinq hélicoptères, quatre escadrons de l’Armée et de 171 hommes de la police nationale spécialisés en recherche et sauvetage. Plusieurs personnes demeurent à cette heure encore disparues et les recherches se poursuivent dans l’espoir de retrouver des survivants.

Dans la municipalité voisine de Urrao, plusieurs ponts ont été arrachés par la montée des eaux mais aucune victime n’a été à déplorer selon des informations locales, par temps de fortes pluies, les glissements de terrain sont courants en Colombie, la topographie et la géographie du pays sont malheureusement propices à de nombreuses catastrophes naturelles.

L’ancien président de la Colombie Alvaro Uribe (2002-2010), qui a passé une grande partie de son enfance dans la localité de Salgar, est venu au village apporté son soutien, il a appelé les entreprises publiques et privées à travailler ensemble pour essayer de pallier les dommages matériels.

Ce glissement de terrain est survenu vers 3 heures du matin et a affecté une trentaine de familles et 31 maisons ont été endommagées, selon les autorités.

« Personne ne va faire revenir les morts, c’est quelque chose que nous regrettons profondément, nous sommes là pour accompagner les familles », a affirmé le président Santos en ajoutant « mais nous devons nous sortir de cette catastrophe et regarder devant nous, avec force et courage ».

(Une petite dédicace à Marco…)