perou25052015

Sur les traces des conquérants espagnols en terres incas…

L’évangélisation de la Nouvelle-Espagne avait commencé depuis peu (les douze premiers franciscains avaient été envoyés au Mexique en 1524 ) lorsque la découverte d’un nouvel empire sur la côte pacifique raviva la soif de richesses et les ambitions expansionnistes des Espagnols. Les capitaines et les aventuriers du Nouveau Monde s’embarquaient alors de leur propre chef (une entreprise privée), après avoir obtenu l’autorisation de la Couronne (l’Espagne, en plein essor, était alors gouvernée par Charles Quint 1516-1556) et l’octroi d’une « capitulation ». Dans ces sortes de traités, le souverain autorisait tel capitaine à partir explorer au Nouveau Monde, à charge pour lui de financer et d’emmener des officiers royaux, qui prendraient acte de la souveraineté du roi d’Espagne sur les terres découvertes.

Aujourd’hui encore, la Conquête du Pérou par une poignée d’aventuriers (les Incas étaient parvenus à fonder en moins de deux siècles un empire d’environ huit millions de sujets et leur puissance devait être anéantie en quelques jours par moins de deux cents hommes) menée par le conquérant Francisco Pizarro constitue, au même titre que la conquête du Mexique par Hernán Cortés, l’une des entreprises les plus épiques de l’histoire universelle. Il s’agissait d’un empire qui semblait égaler et même dépasser l’Empire aztèque par son étendue et par ses richesses : le fabuleux Empire inca, appelé par son peuple « Tahuantisuyu » (en langue quechua) c’est-à-dire « l’Empire des quatre directions ».

Cet empire prenait pour centre le siège de la capitale, le Cuzco (« le nombril »). Chinchasuyu, vers le nord, comprenait la partie centre et nord de la côte et des Andes; Collasuyu, vers le sud, correspondait aux hauts plateaux bolivien, argentin et chilien actuels; Antisuyu , à l’est, s’étendait à la région de forêt amazonienne; enfin Contisuyu, vers l’ouest, recouvrait toutes les régions depuis le Cuzco jusqu’à l’océan Pacifique. Inca est à la fois le nom que l’on donnait à la petite tribu, très modeste à l’origine, mais qui devait devenir la tribu dirigeante d’un immense empire, et celui du souverain lui-même, issu évidemment de cette même communauté.

Certes, par certains aspects les Incas n’étaient pas aussi avancés d’un point de vue culturel que l’avaient été les Aztèques ou les Mayas, cependant peu d’empires au monde et certainement aucun dans le Nouveau Monde ne pouvait se comparer aux « Fils du soleil » pour leur extraordinaire capacité d’organisation et pour la sagacité avec laquelle ils gouvernèrent leurs vastes territoires.

En effet, les Incas avaient d’abord conquis, puis soumis à leur autorité, des peuplades très diverses que les spécialistes estiment à une centaine d’ethnies. Lorsque les Espagnols arrivèrent au Pérou, en 1532, les peuples vivaient dispersés sur une frange étroite de 400 km de long qui s’étendait du nord de l’actuel Équateur jusqu’au centre du Chili, de l’Océan pacifique jusqu’à l’actuel altiplano bolivien en passant par la forêt amazonienne au Pérou. En fait le noyau de cette civilisation regroupait les actuels pays andins c’est-à-dire le Pérou, la Bolivie et l’Équateur. Les conquérants les plus célèbres à avoir posé le pied au Pérou sont Francisco Pizzaro et Diego Almagro, on assista alors de la part de ses aventuriers, ayant pris tous les risques pour obtenir la gloire et la richesse, à une déferlante de cruauté, de barbarie, de cupidité rarement atteintes…

L’INCA ET LE CONQUISTADOR : L’exposition estivale du Quai Branly

Après l’exposition consacrée à la civilisation maya « Mayas : Révélation d’un temps sans fin », c’est ce choc entre le monde indigène et les sujets de l’empereur Charles Quint qui sera mis en avant lors de la prochaine exposition proposée par le musée français du Quai Branly. La Conquête sera au cœur de cet événement culturel ambitieux intitulé L’INCA ET LE CONQUISTADOR, la confrontation de deux mondes radicalement différents qui s’est soldée par l’instauration du système colonial, une domination qui a conduit à une société syncrétique complexe.

Supervisée par le commissaire d’exposition, Paz Núñez-Regueiro, responsable de collections de l’Unité patrimoniale Amérique, le quai Branly offrira aux visiteurs du mardi 23 juin 2015 eu dimanche 20 septembre 2015 une plongée dans cette période charnière (période précolombienne-Conquête-Colonisation) qui a définitivement marqué le continent sud-américain, l’exposition évoque les moments-clés de la conquête de l’Empire Inca et met en scène la rencontre de deux cultures, à l’orée de leur destin. Deux portraits d’hommes pour symboliser ce choc historique, le conquérant Pizzaro prêt à tout pour laisser son empreinte et l’Inca Atahualpa, l’astre de Cuzco capturé en 1532 lors de la bataille de Cajamarca, puis exécuté en 1533, un assassinat qui marqua la chute de l’Empire.

L’exposition se construit autour des récits espagnols, des objets incas et hispaniques comme des peintures, cartes et gravures d’époque qui permettent aux visiteurs de mieux appréhender la confrontation de deux mondes que tout oppose, un conflit qui va engager toute la région dans une profonde révolution politique, économique, culturelle et religieuse.

L’exposition « L’inca et le conquistador » fera l’objet d’une conférence menée par Paz Núñez-Regueiro, commissaire de l’exposition, responsable de collections de l’Unité patrimoniale Amériques du musée du quai Branly. L’intervenant s’exprimera le 5 juin 2015 14h30 à La Maison des Amériques Latines, toutes les informations sont à retrouver sur la page internet http://www.maisondesameriqueslatines.com/evenements-culturels/l-inca-et-le-conquistador.html

L’INCA ET LE CONQUISTADOR

37 Quai Branly, 75007 Paris
01 56 61 70 00

Accès au musée mardi, mercredi et dimanche de 11 h à 19 h, ouverture de la billetterie à 9 h 30 (dimanche à 10 h 30), fermeture à 18 h jeudi, vendredi et samedi de 11 h à 21 h, ouverture de la billetterie à 9 h 30, fermeture à 20 h.

DU MARDI 23 JUIN AU DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 2015

mezzanine Est billet Collections ou billet jumelé
COMMISSARIAT
Paz Núñez-Regueiro, responsable de collections de l’Unité patrimoniale Amériques