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Les scientifiques avaient déjà eu l’occasion de constater que le désert d’Atacama (situé au nord du Chili) constitue l’endroit le plus aride sur Terre, cependant d’autres études ont permis de déterminer que cette région présente des conditions de vie similaires à celles de la planète Mars.

En effet, les chercheurs pensent maintenant depuis plus d’une décennie que le secteur de Yungay, situé en plein désert d’Atacama, constitue la partie la plus sèche du désert, à la limite des conditions de vie possible sur Terre.

Différents articles universitaires mettent le doigt sur les caractéristiques extraordinaires de ce lieu d’Amérique du sud et de sa pertinence pour les astrobiologistes (une science interdisciplinaire qui a pour objet l’étude des facteurs et processus, notamment géochimiques et biochimiques, pouvant mener à l’apparition de la vie, d’une manière générale, et à son évolution) qui y voient des conditions identiques à celles de la planète Mars.

chili26052015-1Après différentes investigations, une nouvelle recherche menée par une équipe nationale a identifié un lieu encore plus aride que Yungay, il s’agit de Maria Elena Sur (MES). L’auteur principal de l’étude, Armando Azua-Bustos, un biologiste et scientifique dans le domaine de l’environnement au Blue Marble Institute de Science spatiale de Seattle a signalé que l’équipe a découvert que MES présente une humidité relative atmosphérique moyenne de 17,3 % et une humidité relative au sol avec une constante de 14 % à une profondeur d’un mètre. Or, ces valeurs coïncident avec les analyses effectuées par le robot Curiosity sur la planète Mars, ce qui permet d’établir un parallélisme entre cette zone sèche sur Terre et les données enregistrées sur la surface de Mars.

« De façon surprenante, nous avons rencontré une série d’espèces de bactéries viables dans le profil du sous-sol à MES en utilisant une combinaison de méthodes moléculaires dépendantes et indépendantes, révélant la présence de la vie dans le lieu le plus sec du désert d’Atacama signalé à ce jour », a signalé le scientifique dans un communiqué publié par astrobio.net.

Pour ce dernier, le fait que les paramètres enregistrés sur María Ela Sur, en matière de sécheresse, soient similaires à celles de Mars constitue un avantage certain pour étudier la possible existence d’une vie microbienne dans le sous-sol martien.

« Cela signifie également que si vous voulez essayer la prochaine génération de robots, d’outils et d’autres techniques de détection et de technologies dans un environnement semblable à celui de Mars, c’est l’un des meilleurs endroits que vous puissiez trouver, car il possède de nombreuses fonctionnalités clés qui pourraient se retrouver sur la planète rouge », a affirmé le chercheur.

Tous ces résultats sont présentés dans la revue Environmental Microbiology Reports.

« Dans un premier temps, nous étions à la recherche d’un endroit tellement sec que rien n’aurait dû survivre. Par conséquent, nous avons été surpris de découvrir sur place différentes bactéries à une grande profondeur », a affirmé Armando Azua-Bustos. Sa ligne de recherche consiste à comprendre la relation intime qui existe entre la vie sur Terre et l’eau. Atacama est le désert le plus vieux et le plus sec au monde, mais jusque-là Yungay était considéré comme le lieu exact le moins humide au monde, aujourd’hui il est détrôné par María Elena Sur.

Pour les chercheurs, les micro-organismes retrouvés dans cette région en ayant recours à des techniques de biologie moléculaire « sont intéressants non seulement du point de vue de la science fondamentale, mais aussi dans le domaine de l’astrobiologie et sur le potentiel biotechnologique y compris dans le domaine des applications biomédicales ».

Ces bactéries se distinguent par leur capacité à tolérer la sécheresse extrême, il y en a plusieurs parmi elles qui produisent des pigments d’un rouge orangé, ce qui semblent suggérer une forte teneur en en carotènes, elles témoignent également d’une haute tolérance à un rayonnement ultraviolet.

En outre, plusieurs des espèces trouvées appartiennent à des genres bactériens qui sont connus comme Streptomyces, des molécules qui sont connues comme productrices d’applications biomédicales importantes comme les antibiotiques.