equateur29052015

Le ministre de l’Intérieur équatorien José Serrano, a déclaré hier à la radio Democracia qu’près deux mois d’enquête, les autorités ont procédé à la saisie d’environ 200 000 ailerons de requin dans le port de Manta alors qu’ils allaient être exportés en toute illégalité sur le marché asiatique, une cargaison illégale estimée à plus d’1,5 million de dollars selon la police.

Le ministre a affirmé « Ceci est un crime contre la faune… C’est vraiment terrible », au vu du nombre d’ailerons, on estime que près de 40 000 requins ont été sacrifiés. Ce trafic de grande ampleur laisse à penser qu’il existe tout un réseau de trafiquants, l’enquête va donc se poursuivre pour le démanteler au complet.

La saisie a eu lieu avant-hier dans le port de Manta où plusieurs entrepôts ont été fouillés, quatre Équatoriens et un citoyen d’origine chinoise ont été arrêtés, neuf armes neuves ont également été saisies. Les trafiquants possédaient des papiers qui visaient à leur permettre de faire passer la marchandise comme le fruit d’une capture accidentelle de requins. En 2007, le président Rafael Correa a publié le décret exécutif 486 interdisant le pêche directe de requins, mais permettant la pleine exploitation des requins capturés accidentellement et de façon fortuite.
José Serrano a souligné que ce délit était passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans, la capture de requins est interdite par la Loi sur la Pêche en vigueur dans ce pays sud-américain, les requins sont également protégés par des accords nationaux et ministériels et les conventions internationales.

Les ailerons de requin sont vendus entre 10 et 60 dollars pièces, mais sur le marché international le prix peut doubler voire tripler, autant qu’il s’agit d’un marché particulièrement lucratif pour ceux qui s’y adonnent en toute illégalité.

L’opération de police surnommée « Tiburón » (« Requin » en français) a réuni 90 agents de la police judiciaire, des procureurs et des groupes de forces d’élite.
« Nous devons mettre fin à ces réseaux criminels qui ne s’intéressent qu’à leur intérêt économique en détruisant l’écosystème », a déclaré le ministre de l’Intérieur, dans un communiqué publié par l’agence d’État Andes.

Les autorités ont diffusé des clichés présentant des milliers d’ailerons séchés au soleil, de différentes tailles et de différentes couleurs.

Cette pratique appelée « shark finning » (non littéralement en français : pêche aux ailerons) consiste à capturer des requins pour leur couper les ailerons et la nageoire caudale puis à les rejeter mutilés à la mer. Les ailerons de requins sont très prisés sur les marchés asiatiques à des fins culinaires et médicinales. Les Chinois leur accordent de nombreuses vertus thérapeutiques, qui n’ont pas été démontrées.