colombie03062015

Les sommets enneigés de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie pourraient disparaître d’ici 20 ans, la perte de la couverture neigeuse dans la Sierra pourrait atteindre 75,2 km, selon des estimations optimistes il pourrait rester 7,2 kilomètres de terrain glaciaire.
Cette annonce du ministère de l’Environnement suscite non seulement des préoccupations d’ordre écologique, mais l’impact économique et social que cela pourrait avoir sur le pays sud-américain inquiète également les autorités.

Le parc national de la Sierra Nevada de Santa Marta (espagnol : Parque Nacional Natural Sierra Nevada de Santa Marta) est le deuxième plus ancien parc national de Colombie, créé en 1964. Massif indépendant, ne se trouvant dans aucune cordillère, il est situé dans les départements de La Guajira, Magdalena et Cesar, dans la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada de Santa Marta. À la fois sanctuaire et attraction touristique en raison de sa variété de climats, terrains, flore et faune, il s’étend de la plage aux sommets enneigés. En 1979, le parc a été désigné réserve de biosphère par l’UNESCO, à l’heure actuelle près de 30 000 natifs appartenant aux communautés Kogi, Arhuaco, Kakuamo et Wiwa vivent dans cet écrin naturel.

La Sierra Nevada de Santa Marta est considérée par ailleurs comme une « usine d’eau naturelle », considérant que, selon l’IDEAM, des « masses de glace situées à la superficie permettent, parmi d’autres composantes de la haute montagne, la formation de lagunes et de marécages. Ces plans d’eau sont de grands réservoirs d’eau qui capturent l’eau de pluie et de ruissellement de surface ».

Les risques qui pèsent sur Sierra de Santa Marta menacent également les autres glaciers en Colombie, ce sont six glaciers dans le pays qui, au fil des ans, ont subi une importante fonte des neiges.

« Ce qui se passent c’est qu’ils se disloquent et se divisent en petits glaciers au fur et à mesure qu’ils fondent. En ce qui concerne la Sierra Nevada de El Cocuy oo Güicán, ce n’est plus une sierra Nevada, c’est-à-dire qu’il ne s’agit plus d’une masse continue de glace, ce sont des fragments de glaciers. Selon les tendances du climat actuel, durant les trois prochaines décennies les pics enneigés de Colombie n’existeront plus. Il faut donc attirer l’attention sur ce point pour que cela n’arrive pas », a affirmé Jorge Luis Ceballos Liévano, scientifique qui étudie les glaciers de Colombie et chercheur à l’Institut d’Hydrologie, de Météorologie et d’études environnementales de Colombie qui rappelle que le changement climatique affecte particulièrement l’équilibre en haute montagne.

Il y a quelques glaciers colombiens dont la fonte s’explique autrement que par le changement climatique, c’est le cas du Nevado del Ruiz, par exemple, qui a subi les conséquences d’une réactivation volcanique depuis 2012. Ce glacier comme celui de Huila (également en activité depuis 2007), présente non seulement un risque de fonte accéléré, mais aussi un risque d’avalanche de type lahar comme celui d’Armero enregistré en 1985.

 En novembre 1985, un glissement de terrain avait fait plus de 20 000 victimes dans la municipalité de Armero, dans le département de Tolima, à environ 100 km au nord-ouest de Bogotá.

Les calculs de l’Ideam indiquent que les petits glaciers et ceux situés à plus basse altitude sont les plus menacés, le Sante Isabel selon les spécialistes « sera sans doute le premier à disparaître », et ce qui est inquiète d’autant plus c’est que ce phénomène est mondial, « la moitié de la masse glacière a disparu au cours de ces cinquante dernières années ».

« Le Nevado fait partie d’un écosystème de haute montagne qui comporte les glaciers, le paramo [un biotope néotropical d’altitude, qu’on trouve dans la Cordillère des Andes, entre la limite des forêts et les neiges éternelles], les forêts des hautes Andes. Dans la mesure où l’on protège ces écosystèmes, l’impact sur la fonte sera plus faible ».

La Sierra de Santa Marta est séparée par la cordillère des Andes, elle est située sur la côte Caraïbe, et est connue comme le massif le plus haut au monde localisé à proximité du littoral. Elle abrite les sommets les plus hauts du pays de même qu’une grande variété d’espèces protégées.