bolivie11062015

Un charnier contenant les restes d’au moins 60 corps a été retrouvé dimanche au cœur de la Plaza principal 10 de Noviembre de la ville de Potosí, en Bolivie. La découverte a été faite par des ouvriers en électricité de Velka y Asociados alors qu’ils travaillaient sur un chantier de rénovation.

La macabre mise au jour a été faite à une profondeur de 50 centimètres seulement, les travaux ont alors été suspendus et le zone a été bouclée sous les ordres du ministère de la Culture et des autorités judiciaires afin d’examiner les lieux. Le député du parti MAS Ezequiel Borda a informé les médias locaux que la découverte a eu lieu dans l’après-midi du 7 juin, près de l’obélisque.

« Un grand nombre de cadavres a été mis au jour, au moins 60 corps ont été retrouvés au premier abord. Des études vont être maintenant effectuées pour déterminer la période où ces cadavres ont été enterrés », a affirmé l’élu.

Borda pense que ces dépouilles remontent à l’époque coloniale, des expertises menées par des anthropologues et archéologues devraient permettre de dater les ossements et de confirmer les premières intentions.

Selon les enquêtes préliminaires, les cadavres retrouvés pourraient être ceux d’anciens habitants qui ont vécu à Potosí pendant l’ère coloniale. Selon des habitants qui vivent actuellement dans le secteur, il s’agit de l’emplacement de l’ancien temple de la Miséricorde et d’un couvent.

« Selon les premières informations, les corps retrouvés appartiennent à des hommes, des femmes, mais aussi des enfants », a affirmé le député.

Si c’est nécessaire, l’Assemblée législative et la Brigade parlementaire de Potosí pourraient demander le soutien du gouvernement afin de poursuivre les recherches archéologiques et anthropologiques. Pour des raisons de sécurité et pour ne pas entraver le travail des experts, le maire de Potosí a fait fermer le site et a publié sur les réseaux sociaux des photos de la découverte.

« On a pu mettre en évidence que, dans plusieurs secteurs, de nombreux crânes et ossements ont été retrouvés, nous, en tant que société, nous avons informé le directeur de la section du patrimoine de Potosi (Marvin Torrejon), qui nous a dit qu’il étudiera les lieux de façon appropriée dans les prochains jours », a déclaré le représentant de l’entreprise de construction, Yamil Vela. Les restes humains étaient empilés autour de la zone où l’excavation a été faite sur une surface de 3 x 3 mètres. D’autres corps pourraient être découverts à plus de profondeur.

En juillet 2014, plus de 400 restes humains avaient été mis au jour dans le sous-sol d’une école de la ville lors d’une fouille. Les ossements occupaient un espace d’environ 4 x 3 mètres. Le charnier était situé au cœur de l’ancienne Ville impériale au moment de la colonisation espagnole, il y a environ cinq siècles, Potosi possédait la mine d’argent la plus importante au monde.

Au 17e siècle, 160 000 colons résidaient à Potosí au côté de 13 500 natifs que l’on contraignait à travailler dans les mines selon le système de la mita (travail obligatoire). À partir de 1580, le Cerro de Potosí a atteint son plein potentiel de production lorsqu’une technique minière développée au Pérou connue sous le nom de patio a été mise en œuvre et dans laquelle l’extraction du minerai d’argent était assurée par une série de moulins à eau et une amalgamation au mercure. Perchée à une altitude de 4 000 mètres au cœur des Andes, Potosí est devenue la »Ville impériale » après la visite de Francisco de Toledo en 1572.

Le minerai broyé était ensuite amalgamé à du mercure dans des fours en terre réfractaire, moulé en barre, estampé avec la marque de la Frappe royale puis transporté en Espagne, des métaux précieux (Cerro Rico) dont l’Europe va bénéficier pendant 60 ans.