perou13072015

Au Pérou, plusieurs districts et provinces, sont actuellement concernés par la mesure d’état d’urgence décrétée par les autorités de ce pays sud-américain pour faire face aux éventuelles conséquences du phénomène météorologique El Niño et de ses conséquences aussi bien en zone rurale et urbaine.

La mesure entre en vigueur pour un délai de 60 jours et doit permettre « de mettre en place des actions immédiates et indispensables à la réduction du fort risque existant et à la réhabilitation des zones qui pourraient être affectées », comme le précise le décret suprême de la présidence du conseil des ministres publiés le 5 juillet au journal officiel El Peruano.

Les régions du nord du pays parmi lesquelles Tumbes, Piura, Lambayeque, La Libertad, Cajamarca et Amazonas, mais aussi au centre comme San Martín, Áncash, Lima et Junín ou encore au sud (Ica, Arequipa, Cusco y Puno) sont concernées par le risque de pluies torrentielles et inondations et apparaissent sur la liste établie par le gouvernement. Les coordinations techniques seront à la charge de l’institut national de défense civile et du ministère de l’Agriculture ainsi que l’autorité nationale de l’eau et autres institutions publiques et privées, les autorités locales s’attendent à un phénomène modéré à fort qui devrait débuter dans les prochains mois et se poursuivre jusqu’en février-mars. Pour pallier les effets qui pourraient être désastreux, le gouvernement a décidé de déclarer l’état d’urgence dans plusieurs régions, une mesure préventive pour réduire les risques et pour réhabiliter dès que possible les zones qui pourraient être touchées par les intempéries. Ces actions sont orientées pour réduire au mieux les conséquences du phénomène El Niño.

Le Niño provoque une hausse de la température superficielle de l’océan, ce qui cause des pluies torrentielles, des inondations en zone côtière et des épisodes de sécheresse dans les régions autres. Actuellement, l’océan au centre et au nord du pays est 4 degrés au-dessus des températures normales, ce qui conduit les scientifiques à envisager un épisode plutôt fort.

Le ministre de l’Agriculture, Juan Benites a affirmé « Nous ça que nous avons peu de temps, mais il a déclaration d’urgence va nous permettre de réduire les délais » ajoutant que le gouvernement se préparait « au pire scénario possible avec un Niño qui s’annonce particulièrement puissant ».
« Il y a des régions où le risque se fera moindre, mais mieux vaut prévenir », en soulignant que le plan prévu par les autorités comprend la réalisation de 251 chantiers préventifs avant le mois de novembre, lorsque le phénomène causera les premiers débat. Les actions préventives sont estimées à un montant de 66,6 millions de dollars.

Des experts en météorologie du gouvernement américain ont émis un avertissement mondial qui stipule que les effets d’El Niño pourraient persister dans l’hémisphère nord jusqu’au printemps 2016.
Le Centre de prévision climatique (CPC) du Service météorologique a prédit qu' »il existe une probabilité de plus de 90% que le phénomène El Nino persiste durant l’hiver dans l’hémisphère nord et environ une chance de 80% qu’il se prolonge jusqu’au printemps 2016″, rapporte Reuters.
Il a également indiqué que le réchauffement océanique, la direction du vent et de l’oscillation, entre autres facteurs, « reflètent les effets d’El Niño se poursuivre et se renforcer. »

Le Niño est caractérisé par des températures de surface plus chaudes que la normale dans l’océan Pacifique central près de la ligne équatoriale et peut avoir des conséquences dévastatrices en provoquant de fortes pluies et des inondations en Amérique du Sud et des températures très élevées en Asie et en Afrique de l’Est. Il augmente également les précipitations en Amérique du Nord.

Le ministère de la Culture péruvien a annoncé que des travaux de prévention allaient être réalisés sur 63 sites archéologiques de la côte nord du pays pour éviter les dommages engendrés par d’éventuelles pluies ou inondations. Les monuments emblématiques et touristiques les plus exposés aux risques environnementaux sont traités en priorité, des spécialistes en ingénierie hydraulique interviennent sur les zones à risque accompagnés d’architectes et d’archéologues.

Habituellement, El Niño surgit au retour des beaux jours et s’amplifie jusqu’à son climax qui survient vers la fin décembre – d’où le nom dont les pêcheurs d’Amérique centrale l’ont affublé, l’« enfant », en référence à la Nativité. Ce doux surnom cache malheureusement un fort potentiel de désastres et destructions.