bolivie20072015

La ville de Potosí en Bolivie est totalement paralysée depuis le 6 juillet, des grévistes ont décidé de bloquer les accès à cette localité andine, la manifestation est dirigée par le Comité civique de Potosí (Comité Cívico Potosinista ou Comcipo) qui réunit diverses organisations sociales dans la région.

Avec ce mouvement de grève, les manifestants exigent la construction d’une centrale hydroélectrique, de trois hôpitaux, de routes, d’un aéroport international, d’une usine de ciment et en appellent à des mesures efficaces pour préserver le Cerro Rico endommagé par l’exploitation minière, des exigences soumises aux autorités.

Les dirigeants de Comcipo, qui se sont également déployés à La Paz, ont rejeté plusieurs réunions avec les ministres du gouvernement d’Evo Morales et ont insisté pour être reçus par le président sud-américain en personne, qui, de son côté, a affirmé « il n’y a aucune raison de dialoguer » en précisant « que la plupart des demandes ont déjà été traitées ou sont en cours de traitement ».

Morales a déclaré que les dirigeants de Comcipo étaient des « menteurs » alors qu’ils déplorent le manque d’investissements dans la région de Potosí, le chef de l’État a souligné que, dans cette région du pays, la question de l’industrialisation était prioritaire, et qu’il s’agit du deuxième département à bénéficier du plus de ressources. Il a expliqué que seulement Cochabamba recevait davantage de crédits que Potosí avec 800 millions de dollars d’investissements dans l’industrie de l’urée; Potosí reçoit 700 millions de dollars pour le lithium.

Les revendications à Potosí ne sont pas récentes, il y a cinq ans déjà il y avait eu une grève similaire et plus de 300 touristes étrangers avaient été bloqués pendant près de 20 jours, et avaient dû finalement être évacués par avion.


(vidéo août 2010)

Cette fois, ce sont 91 touristes étrangers, la plupart des Argentins, qui ont été bloqués sans ravitaillement dans cette ville jusqu’à vendredi, quand finalement la police a réussi à évacuer la route et à conduire les visiteurs vers le site touristique d’Uyuni.

Le président de la Bolivie, Evo Morales, a affirmé, dimanche, qu’il soupçonnait que ces manifestations dans la ville andine de Potosi (sud-ouest) soient promues par les Chiliens afin de détourner l’attention après la visite du Pape François qui a soutenu la réclamation des autorités boliviennes pour retrouver leur accès maritime (un accès perdu en 1879 pendant la guerre du Pacifique).

Dans l’un de ses discours, lors de sa visite en Bolivie la semaine dernière, le pape a appelé à avoir recours au dialogue « franc et ouvert afin d’éviter les conflits avec les pays frères ». Alors que la grève illimitée déclarée par le Comité civique de Potosí (Comcipo) entre dans son quinzième jour, aujourd’hui des manifestations sont annoncées dans les rues de La Paz, le président Evo Morales a déclaré que « des Chiliens » étaient à l’origine de cette mobilisation. Les protestataires via leur page Facebook dénoncent le fait que le gouvernement cherche à minimiser leur mouvement en avançant des « messages tendancieux » les liant à la nation voisine.

Perchée à une altitude de 4 000 mètres au cœur des Andes, Potosí est une ville chargée d’histoire, elle est devenue la « Ville impériale » après la visite de Francisco de Toledo en 1572. À partir de 1580, le Cerro de Potosí a atteint son plein potentiel de production lorsqu’une technique minière développée au Pérou connue sous le nom de patio a été mise en œuvre et dans laquelle l’extraction du minerai d’argent était assurée par une série de moulins à eau et une amalgamation au mercure.

Aujourd’hui Potosí (200 000 habitants) est inscrite au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO et demeure un symbole du rayonnement colonial en Amérique du Sud.

Le ministère des affaires étrangères français déconseille aux touristes de se rendre de cette région : Dernière mise à jour le : 14 juillet 2015 – Information toujours valide le : 20 juillet 2015

« En raison de fortes tensions sociales, la ville de Potosí et sa région sont actuellement bloquées. Il est vivement recommandé aux voyageurs d’éviter de se rendre ou de transiter par cette zone ».