equateur17082015

Bien qu’aucune nouvelle explosion n’ait été enregistrée dans la nuit de dimanche à lundi, l’état d’urgence autour du volcan équatorien Cotopaxi perdure, l’alerte jaune est maintenue pour assurer la protection des habitants concernés par une éventuelle éruption. Les populations de Cotopaxi et Pichincha sont les plus concernées par la menace que représente cette reprise d’activité volcanique, dans la nuit de samedi, vers 22 h 30, neuf familles du secteur de San Antonio de Chasqui et 11 familles de la communauté de San Luis de Yacupungo, soit une centaine de personnes ont pris la décision d’évacuer leur domicile dans deux busvmis à disposition par les forces armées, toutes ont été conduites vers un refuge géré par le ministère de l’inclusion économique et sociale dans le secteur de Culchimiño.
Le volcan reste étroitement surveillé à cette heure par l’Institut de géophysique équatorien, le 14 août le colosse a connu une forte explosion et a émis une importante colonne de cendres qui s’est élevée à plus de 5 km d’altitude.

Le président de la République Rafael Correa, a décrété samedi l’état d’exception dans tout le pays comme conséquence de l’activité inhabituelle du Cotopaxi dont les émanations de cendres et de flux pyroclastiques ont contraint à une évacuation préventive de certaines communautés situées à proximité de la zone de danger, environ 400 personnes.
« Nous décrétons l’état d’exception sur tout le territoire national pour affronter le processus éruptif du volcan Cotopaxi », a indiqué le chef de l’État. Samedi, neuf explosions ont été enregistrées, elles ont provoqué des coulées pyroclastiques sur la zone occidentale du volcan, le décret autorise le déploiement de forces de l’ordre et de forces armées pour répondre à une éventuelle urgence.

Le chef de l’État a également pris une mesure de censure préalable, c’est-à-dire que les uniques informations données autour de l’activité du volcan sont fournies officiellement par le ministère à la sécurité, une décision prise pour éviter les rumeurs et les élans de panique parmi la population. Seul le ministre César Navas est autorisé à s’exprimer sur l’évolution du volcan pour éviter la circulation de fausses informations dans les médias ou encore sur les réseaux sociaux.

Le maire de Quito, la capitale du pays, a souhaité rassurer la population, il veut éviter tout mouvement de panique : « Il n’y a rien d’alarmant pour le moment. J’appelle en revanche les habitants à rester calmes et à se tenir correctement informés », a déclaré Mauricio Rodas.

Selon l’Institut de géophysique, on estime actuellement qu’environ 300 000 personnes vivent dans des zones menacées par des lahars au cas où des éruptions similaires à celles survenues au XVIIIe et XIXe siècle répéteraient.

Le volcan Cotopaxi se situe à 5897 m d’altitude à environ 50 km au sud de la capitale du pays, Quito. Vendredi, une série d’explosions ont été enregistrées, une colonne de cendres s’est échappée du volcan pour atteindre plusieurs kilomètres d’altitude. Ce volcan est considéré par les scientifiques de l’Institut de géophysique comme l’un des volcans les plus dangereux au monde en raison de la présence de neiges éternelles (ce qui peut engendrer d’importantes coulées de boue ravageuses) et du nombre de personnes qui habitent à proximité, c’est pourquoi il est l’un des plus surveillés par les scientifiques. L’Équateur compte sept autres volcans actifs sur son territoire parmi lesquels le Guagua Pinchincha, le Reventador ou encore le Tungurahua.

La dernière éruption du volcan Cotopaxi remonte à 1877 tandis que la dernière activité enregistrée datait de 1942.

Le ministère des affaires étrangères français a publié sur son site les recommandations officielles suivantes (Dernière mise à jour le : 15 août 2015 – Information toujours valide le : 17 août 2015) : « Le volcan Cotopaxi, situé à 60km au sud de la capitale Quito, connaît une phase particulièrement active. Celle-ci se traduit par des expulsions de cendres en partie soufrées. Il convient donc de se maintenir informé et de faire usage si le besoin s’en ressent dans les zones concernées de masques filtrants ou de rester confiné dans son logement.
L’activité importante et aléatoire des volcans Reventador (Est de Quito), Tungurahua (ville touristique de Banos) et Sangay (dans le parc éponyme) fait l’objet d’une surveillance accrue.
Il est recommandé aux Français présents sur place de faire preuve de la plus grande prudence et de respecter les mesures de sécurité prises par les autorités locales. Il leur est également conseillé de visiter le site de l’Institut géophysique équatorien consacré aux volcans avant de se déplacer dans ces zones ».