mexique24082015

Le Mexique ne cesse d’aller de découverte en découverte dans le domaine archéologique, après la récente révélation d’un cénote sous la pyramide de Kukulkán sur le site de Chichén Itzá, voilà que les experts ont découvert un tzompantli, un autel aztèque composé de dizaines de crânes. Ces ossements anciens appartiendraient à des personnes décapitées par des prêtres lors de cérémonies sacrificielles, ils ont été mis au jour dans le centre historique de Mexico où se dressait autrefois la Grande Tenochtitlan, des informations rapportées par les chercheurs jeudi dernier.

« Nous pensons qu’il s’agit du plus grand tzompantli de la Grande Tenochtitlan (…). Ici ont dû être entreposées des têtes décapitées lors de différentes cérémonies, il peut aussi s’agir de crânes d’ennemis sacrifiés », a affirmé Eduardo Matos, chercheur émérite à l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH).
Cette découverte a été faite dans le cadre de fouilles effectuées par les experts de l’INAH dans le centre historique de Mexico où les Aztèques ont fondé la cité de Tenochtitlan.

Le tzompantli (une structure de poteaux en bois sur lesquels étaient empalés les crânes humains des victimes sacrifiées en Mésoamérique), selon les enquêteurs, était situé dans la zone du Templo Mayor, la grande pyramide qui a dominé le siège de l’empire et sur laquelle les conquérants espagnols ont construit la cathédrale métropolitaine.
« C’est une plate-forme peu élevée (…). Nous avons vu 35 crânes, mais il y en a beaucoup plus, nous pensons qu’il devrait y avoir des dizaines de crânes associés à cet espace. Beaucoup ont des trous dans la zone pariétale », a déclaré Raul Barrera, superviseur du programme de de l’archéologie urbaine de l’INAH.

Les chercheurs, qui poursuivent avec soin l’excavation, ont estimé que la plate-forme mesure environ 34 mètres de long et environ 12 mètres de large, et au vu de ses caractéristiques, elle a dû être érigée à l’étape 6 de la Grande Tenochtitlan, entre 1486 et 1502 de notre ère.

Les scientifiques supposent que les décapitations qui ont donné lieu à ce genre d’offrandes rituelles sont liées à l’ancien jeu de balle durant lequel les joueurs étaient décapités après la partie, et d’autres cérémonies au caractère sacré.
« C’était également une démonstration de puissance. Il se dit que le Huey tlatoani (le gouvernant) invitait ses ennemis et exhibait les crânes en guise d’avertissement », a déclaré Matos.
Les études ont révélé que les crânes appartiennent principalement à de jeunes adultes de sexe masculin, mais il y a aussi certainement des crânes appartenant à des femmes et des enfants.
Les chercheurs révèlent également que cette découverte est cohérente avec les sources historiques des conquérants espagnols, Hernán Cortés et Bernardo Diaz del Castillo, dans leurs récits évoquaient l’existence d’un tzompantli dans le domaine du Templo Mayor.
On estime que les Aztèques ont fondé Tenochtitlan en 1325 pour développer un empire qui a dominé les peuples environnants, mais avec l’arrivée des conquérants espagnols cette cité a été condamnée en 1521.

Pour Eduardo Matos, le tzompantli était une représentation mexica, à la fois un avertissement envers les ennemis, en rapport avec le jeu de balle et la guerre. C’était également commun aux autres cultures méso-américaines comme la culture maya ou tolteca.

Eduardo Matos Moctezuma avait mentionné l’existence de plusieurs tzompantlis et de deux jeux de balle et la combinaison de ces éléments : « En raison de son emplacement, nous croyons qu’il s’agit de Huey Tzompantli, à savoir, le plus grand Tzompantli de Tenochtitlan. Cette structure possédait une symbolique spécifique et de nombreux crânes pouvaient être ceux d’ennemis des Aztèques qui ont été capturés, tués et décapités comme un avertissement de leur puissance ».