mexique31082015

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) et le gouvernement du Mexique ont signé en ce mois d’août un accord de coopération Sedesol-FAO pour lutter contre la faim qui menace environ sept millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté sur le territoire . Cet accord permettra à l’ONU de continuer à soutenir le programme national mis en place depuis deux ans par le gouvernement mexicain intitulé « Croisade nationale contre la faim », un plan d’action qui combine des mesures de protection sociale et le renforcement de l’agriculture familiale.

Dans un communiqué, l’organisation internationale affirme qu’elle continuera également à donner des conseils sur les politiques sociales et les politiques de sécurité alimentaire dans le pays tout en veillant au développement de mécanismes de participation citoyenne.

Le représentant du bureau de l’ONU au Mexique, Fernando Soto Baquero, a souligné lors de la signature les efforts fournis par les autorités mexicaines visant à réduire la pauvreté à travers une « politique publique d’inclusion sociale qui se concentre sur les populations les plus vulnérables ».

Soto a expliqué que la stratégie comprend 90 programmes fédéraux qui concentrent leurs efforts sur les personnes les plus dans le besoin en plus d’avoir inscrit près de 6 millions de personnes qui réunissent les critères pour bénéficier de différentes aides.

À la lumière de l’évaluation positive faite par le CONEVAL sur la Croisade nationale contre la faim, la FAO a déclaré que le Mexique est sur la bonne voie pour permettre aux les 7,1 millions de personnes vivant dans la pauvreté et souffrant de pénuries alimentaires extrêmes d’améliorer leurs conditions de vie.

Le représentant de la FAO au Mexique, Fernando Soto Vaquero a déclaré dans le rapport intérimaire publié par le CONEVAL : « C’est une bonne nouvelle, au-delà des détails sur les chiffres, nous évaluons la volonté politique ferme et présente qui se poursuit et une stratégie qui répond pleinement à un segment de la population qui vit dans l’extrême pauvreté et souffre de pénuries alimentaires », en effet l’ensemble des actions ont permis de réduire l’extrême pauvreté entre 2013 et 2015 dans les municipalités qui bénéficient de l’ensemble des 90 programmes sociaux.

Cette reconnaissance du travail effectué a été soulignée par le représentant mexicain qui a fait mention « de chiffres validés et légitimés socialement et politiquement ».

Rosario Robles, secrétaire du Sedesol, a souligné de son côté les résultats positifs de la Croisière contre la faim qui a eu également des effets positifs sur la vie communautaire avec la mise en place par exemple de cantines communautaires gérées par des environ 70 000 femmes bénévoles issues de ces mêmes communautés. Il faut savoir qu’une personne est considérée comme pauvre quand elle est confrontée à au moins deux carences sociales parmi lesquels l’accès aux soins, à l’éducation, à la sécurité sociale, à un foyer ayant accès aux services basiques (eau, électricité…), ou encore à une alimentation quotidienne suffisante. La pauvreté extrême implique au moins trois carences sociales parmi les indicateurs cités précédemment.

Chaque jour le Mexique déplore la mort de 23 personnes atteintes de dénutrition. Entre 2010 et 2011, ce sont près de 103 000 personnes qui sont décédées des suites de déficiences nutritionnelles, des chiffres alarmants révélés par l’Institut national de statistiques et de géographie (INEGI).

Le secrétariat au développement social avait précisé au moment du lancement de la Croisade contre la faim en janvier 2013 que ce programme viendrait en aide à 7,4 millions de personnes en situation d’extrême pauvreté (le pays en compte 11,7 millions) localisées dans 400 municipalités du pays. Sur ces 7,4 millions, 3,73 millions vivent en zone rurale et 3,67 en zone urbaine. « Oaxaca, Chiapas, Guerrero, Veracruz, État de México et Puebla sont les entités où se concentrent 66 % des municipalités prioritaires vers lesquelles nos efforts seront concentrés ».

« L’éradication de la faim et la réduction de la pauvreté sont des tâches qui incombent à tous les mexicains. Ce n’est pas uniquement celle du gouvernement de la République, cela concerne le pouvoir législatif, l’initiative privée, les organisations sociales, académiques, et chercheurs, c’est une tache dans laquelle la FAO est impliquée en offrant un soutien technique à la Croisade », a affirmé Soto Baquero.

La FAO estime que, globalement, il y a 795 millions de personnes sous-alimentées dans le monde, un chiffre qui a été réduit de 167 millions durant la dernière décennie et de 216 millions depuis 1990. Les progrès ont été plus lents dans les Caraïbes, en Océanie, en Asie du Sud-Est et en Afrique australe et orientale, alors que la faim a augmenté en Afrique centrale et en Asie occidentale.

L’Argentine, le Brésil, le Chili, le Costa Rica, le Mexique, l’Uruguay et le Venezuela présentent des taux de sous-alimentation inférieurs à 5 % selon un rapport sur la sécurité alimentaire mondiale de la FAO (« Panorama de la Inseguridad Alimentaria en América Latina y el Caribe »), l’Organisation de Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, émis au printemps dernier.